Le Parc national Torotoro, Bolivie : guide de voyage

Géographie, climat, patrimoine, fêtes, gastronomie, restaurants, hôtels, circuits.

Situation géographique et climat du Parc national Torotoro

Créé en 1989 pour protéger le Paraba Frente Roja (l’Ara au front rouge), une espèce de perroquet en voie d’extinction, le Parc national Torotoro abrite, sur 16 570 hectares, des paysages somptueux, ainsi que des trésors géologiques et fossiles.

Il se trouve entre 1 900 et 4 000 m d’altitude, à l’extrémité nord du département de Potosí, à seulement 4h de route de la ville de Cochabamba. Il appartient à la partie Est de la Cordillère orientale des Andes, appelée également vallées centrales, intermédiaire entre la haute montagne et l’Amazonie. Cette région est composée de profonds canyons, de vallées, de chutes d’eau et de nombreuses formations géologiques surprenantes.

Son nom provient du quechua thuru thuru signifiant boue, en référence avec la terre humide dans laquelle des dinosaures ont laissés de nombreuses traces. Ainsi, outre ses paysages, la région est reconnue comme un site paléontologique de premier ordre.
Le Parc abrite enfin 600 espèces de plantes, 329 espèces de fleurs, et 49 espèces de faune, dont le puma, le chat andin et bien sûr l’Ara au front rouge.

Climat
A la frontière avec le département de Cochabamba, connue comme el valle de la eterna primavera, la vallée de l’éternel printemps, le Parc Torotoro jouit d’un climat tempéré relativement stable : les températures oscillent entre 30°C l’été et 10°C l’hiver. Néanmoins, le climat varie sensiblement en fonction de l’altitude.

Population du Parc national Torotoro

La population de la région de Torotoro est d’origine Charcas et parle principalement le quechua. S’y est ajouté une population des alentours de Cochabamba, parlant aymara. Les habitants de la zone mêlent leur activité agricole au tourisme grandissant.

Patrimoine et sites naturels : que voir au Parc Torotoro?

bullet Le village de Torotoro
Ce joli petit village fondé à la fin de la période coloniale par des migrants métis de Cochabamba est situé au creux d’une vallée, à 2 700 m d’altitude. Posé sur une plaine dans un décor superbe, il est entouré de montagnes culminant à 4 000 m, et surplombe la vallée du Río Caine. C’est le point de départ des excursions de la zone, avec notamment des hôtels et le bureau des guides du Parc. Juste à la sortie du village, ne manquez pas Carreras Pampa, une grande plaine argileuse couverte d’empreintes de dinosaures.

bullet Ciudad de Itas
La Ciudad de Itas est située à 21 km du village de Torotoro, à environ 4 000 m d’altitude. Egalement appelée la ville de pierres, il s’agit d’un véritable labyrinthe formé par d’énormes blocs de roches de près de 20 m de hauteur, avec de nombreuses cavernes dissimulées dans ceux-ci. A noter également, la présence de peintures rupestres, suggérant la présence de l’homme à l’époque précolombienne. Celles de Batea Cocha représentent par exemple des hommes, des animaux et des formes géométriques dessinés à la peinture rouge. La route qui y mène depuis la vallée du Río Caine traverse de nombreux petits villages au milieu des champs et offre par moments des points de vue sublimes.

bullet Fossiles et traces de dinosaure
Torotoro était une zone côtière avec une mer peu profonde, de climat semi-tropical, où les dinosaures transitaient durant leurs migrations. Le sol boueux date de l’époque du Crétacé Supérieur, lors duquel se sont inscrites les empreintes, et s’est ensuite solidifié en argilite. Les sédiments produits par la mer et ses marées recouvrirent les empreintes et permirent leur excellente conservation. Des poussées tectoniques ont soulevé les couches sédimentaires, ce qui explique que beaucoup d’empreintes semblent se diriger vers le haut. Enfin, ce mouvement a fait s’effondrer plusieurs couches, révélant ces traces très anciennes. Actuellement des milliers d’empreintes demeurent encore ensevelis sous les sédiments dans toute la région.

bullet Siete Vueltas
Situé à une heure de marche à l’ouest du village de Torotoro, le site des sept tournants fait partie des sites de fossiles les plus importants de Bolivie. On y trouve des milliers de Brachiopodes, Céphalopodes et Crimonides, ainsi que bien d’autres fossiles qui se confondent avec la roche. A Wiliu, peu avant l’ascension aux Siete Vueltas, on trouve des fossiles de tortues et de dents de poissons.

bullet Cementerio de Tortugas
Le cimetière des tortues, situé à 3,5 km du village de Torotoro, abrite sur 7 hectares des formations rocheuses à la belle couleur rouge. On y trouve de nombreux fossiles de crocodiles, de poissons et de tortues, dont les fragments de carapaces et de vertèbres datent du Crétacé Supérieur. Cette zone était alors un lac marécageux ou un lit marin d’eaux basses et de plages sableuses, où vivaient en abondance algues, poissons, animaux herbivores et carnivores.

bullet Canyon de Torotoro et El Vergel
Depuis le mirador, vous pouvez admirer cet impressionnant canyon de plus de 250 m de profondeur. Une descente quelque peu vertigineuse dans ce paysage de roche vous mène à El Vergel, un ensemble de chutes d’eau et de bassins naturels entourés d’une verdure tropicale et exubérante. Idéal pour une pause rafraîchissante dans l’eau cristalline.

bullet Caverne d’Umajalanta
La visite de la caverne d’Umajalanta, située à 10 km à l’ouest de Torotoro, ravira les amateurs de spéléologie. Une expédition de plus de 2h vous est proposée entre les stalagmites et les stalactites pour découvrir la grotte la plus profonde de Bolivie. Les visiteurs n’en parcourent cependant qu’un km et demi sur les sept km que compte la caverne. Descente en rappel, passages étroits, salles immenses, les sensations sont garanties ! En bonus, une rivière souterraine dans laquelle les habitants de la région pêchent les poissons aveugles, une espèce endémique de Torotoro. Ne manquez pas non plus les traces de dinosaures à l’entrée de la grotte.

bullet Pachamama Wasi – Maison de la Terre Mère
Ce musée, créé par un habitant de Torotoro dans sa maison, propose une impressionnante collection de fossiles ramassés dans le parc durant 22 ans. Ce vieil homme passionné vous accueille chaleureusement et partage avec vous son intérêt pour l’histoire de la région.

bullet Les « vagues rocheuses »
A une heure de marche de la ville, on peut également admirer une étrange formation géologique, qui domine la vallée : la montagne forme en effet une succession de vagues rocheuses, crées par la mer il y a plusieurs millions d’années. Sans aucun doutes la carte postale du Parc.

bullet Ruines de Llama chaki
Ces ruines incas situées sur la crête d’une colline sont accessibles à pied après une randonnée de 19 km au nord est de Torotoro. Il s’agirait d’un fort lié à celui d’Incallajta. Une grande muraille entoure tout le périmètre de la crête, sur laquelle demeurent encore des fondations individuelles rondes et carrées de différentes dimensions.

Fêtes et événements à Torotoro

bullet La fête du village de Torotoro débute le 24 juillet et se tient pendant 3 jours. Il s’agit de la fête religieuse en l’honneur de Tata Santiago, qui attire chaque année des milliers de croyants. C’est l’occasion de découvrir les coutumes locales à travers des spectacles de danses, notamment, entre autres festivités.

Gastronomie : que manger?

Voici quelques plats typiques que l’on peut déguster à Cochabamba et dans sa région :

bullet Silpancho : plat sec composé de viande panée accompagnée d’œuf frit et d’une salade d’oignons, tomates et llajua (piment).
bullet Jaka Iawa : maïs moulu accompagné de morceaux de viande de porc qui se sert avec du fromage frais.
bullet Pichón : pigeon bouilli et braisé accompagné de riz et de pommes de terre cuites.
bullet Cuy: Cochon d’inde cuit à la broche avec de l’ail, des épices et du sel. Il se mange aussi sous forme de ragoût, le Pepián de Cuy. Les morceaux de cochon d’inde sont frits et mélangés avec de l’aji, de l’oignon et des arachides.

La boisson typique de Cochabamba est la chicha, un alcool à base de maïs fermenté qui se boit frais, dont l’origine remonte à l’époque incaïque. Ceux-ci l’obtenaient en mastiquant le maïs, qui de nos jours est moulu afin d’en tirer une farine, puis mélangé à l’eau et séchée au soleil.

Restaurants : où manger à Cochabamba?

Restaurants Cochabamba, Bolivie La Huella: ce café-restaurant est l’établissement de référence pour les voyageurs dans le village de Torotoro. Dans une ambiance très détendue, il est possible de prendre un apéritif sur l’une des deux tables en terrasse, ou de profitez des plats simples de la cuisine.

Hôtels : où loger dans le Parc Torotoro?

bullet Hotel Vergel : cet établissement se trouve dans le centre du village de Torotoro et propose un confort sommaire mais bienvenu. Il est également possible d’y manger, et de goûter aux plats consistants et typiquement cochabambinos.

Transports : comment s'y rendre?


Même si le Parc se situe dans le département de Potosí, le plus simple est de s’y rendre depuis Cochabamba. Une magnifique route en lacets traverse de nombreux villages dans la vallée du Río Caine, avant de rejoindre le village de Torotoro, porte d’entrée du Parc national.