Une centrale solaire en Bolivie

16 février 2016Economie

L’AFD signe sa première opération dans les Andes boliviennes et finance un projet d’énergie renouvelable.

Centrale solaire

0.7%. C’est la part du solaire dans la consommation d’énergie au monde. C’est rien, direz-vous ; et pourtant c’est un bon début ! Car ce chiffre est en augmentation de 16% par rapport à 2012 et cela ne devrait cesser d’augmenter. 30% de cette énergie solaire est dite photovoltaïque et transforme directement les rayons du soleil en électricité. Ce sont ces fameux panneaux solaires que l’on voit se multiplier à travers la planète. Cette source d’énergie est particulièrement prometteuse : si aujourd’hui le photovoltaïque ne représente que 0.5% de la production électrique mondiale, des experts estiment que d’ici 2020 ce chiffre devrait passer à 2.2% et dépasser les 30% à l’horizon 2050.

Pourquoi un tel engouement pour l’énergie solaire photovoltaïque ? Plusieurs raisons expliquent l’enthousiasme des scientifiques et investisseurs pour cette source d’énergie. Tout d’abord elle utilise les rayons du soleil pour générer de l’électricité, soit une matière première inépuisable. C’est donc une énergie renouvelable qui permet de mettre fin à l’exploitation des richesses naturelles et à la course au pétrodollar. Ensuite, elle n’émet pas de gaz à effet de serre, contrairement aux énergies fossiles qui participent au réchauffement climatique (charbon, gaz, pétrole). Enfin, elle est accessible à tous par sa facilité d’utilisation et son faible prix. En effet les progrès de la recherche ont permis de diminuer le coût de fabrication de 24€/W en 1980 à 1€/W en 2012. Grâce à cette technologie, des milliers de villages isolés peuvent aujourd’hui avoir accès à l’électricité.

L’Amérique du Sud a su elle aussi prendre le virage des énergies renouvelables. La diversité des climats que l’on observe à travers le continent explique une divergence de stratégies entre les pays. Ainsi l’Uruguay exposé aux vents vifs de l’Atlantique a fortement développé son parc éolien au point de devenir l’un des marchés éoliens les plus prospères au monde ; tandis que le Brésil, premier producteur de cannes à sucre, mise plutôt sur les biocarburants. Enfin, le Chili, qui dispose de l’indice d’ensoleillement le plus élevé du continent, est aujourd’hui le leader du marché du solaire en Amérique latine.

La Bolivie souhaite à son tour entrer dans la cour des grands et diversifier sa production d’énergie vers des sources plus vertes. Mesure en effet indispensable pour ce pays qui compte sur les trésors naturels qu’elle abrite afin d’accroître son activité touristique et donc sa croissance économique. C’est dans ce contexte que l’Agence Française pour le Développement (AFD) a signé un accord le 10 février dernier dans lequel elle s’engage à participer à hauteur de 67,2 millions de dollars à l’installation d’une centrale solaire photovoltaïque dans les Andes boliviennes. La centrale devrait s’étendre sur une surface de 120 hectares et ainsi dégager une puissance de 50 MW pour alimenter près de 20 000 foyers en électricité. L’Union Européenne devrait octroyer la somme de 10 millions de dollars pour cette centrale, et la Bolivie déboursera pour sa part près de 22 millions de dollars.

L’AFD lutte à travers le monde pour la réduction de la pauvreté et en faveur de l’essor des pays les moins développés. Elle possède un réseau de 70 agences et soutient des projets dans plus de 90 pays. Son moyen d’action principal est le financement de projets locaux qui ont pour vocation d’améliorer les conditions de vie des populations et de protéger la planète. Dans les pays les plus pauvres, le financement se fait par subventions tandis que dans les pays présentant une meilleure santé économique l’agence fonctionne plutôt à l’aide de prêts. Elle participe également au déroulement du projet en question pour s’assurer de sa pérennité et de la concordance de celui-ci avec les besoins réels des habitants.