15 cholitas boliviennes escaladent le mont Illimani

26 avril 2016Evénements

En 2014, ces femmes de 40 à 50 ans attachées aux traditions indigènes de Bolivie ont décidé de venir à bout de 8 des plus hautes cimes de leur pays.

Des cholitas au sommetPar ce défi sportif fou, ces femmes entendent montrer au monde de quoi elles sont capables, en dépit de leur milieu humble et de leur respect des traditions. Elles portent ainsi haut et fort les couleurs des cholitas, et souhaitent faire reculer la discrimination dont souffre ce groupe social caractérisé par son appartenance forte à ses racines aymaras.

Particularité amusante, elles font toutes l’ascension vêtues de leur grande jupe traditionnelle, bien qu’équipées des crampons et protections nécessaires pour de telles altitudes. Il s’agit d’un choix réfléchi, comme manifeste de leur culture traditionnelle, mais qui peut se révéler dangereux. En effet, lorsque la pente est très raide, une jupe longue peut gêner les mouvements, et il leur faut sans cesse veiller à ne pas se prendre les pieds dans les plis brodés.

Tout a commencé avec la curiosité de l’une d’entre elles, Lydia Huayllas qui demandait à son mari Eulalio Gonzales à quoi ressemblait la vue d’en haut ; c’est alors qu’il lui a proposé de la guider au sommet du Huayna Potosi, dans le département de La Paz, à 6.088 mètres. Elle a motivé des amies assurent comme elle l’intendance ou la cuisine pour les expéditions d’escalade lors desquelles leurs maris assurent la fonction de guide.

Elles connaissent tout du quotidien des randonnées en haute montagne par les récits des personnes qu’elles accompagnent, mais elles n’ont pas d’entraînement particulier. Leur atout indéniable par rapport aux sportifs étrangers est leur acclimatation à l’altitude depuis leur naissance, qui leur permet de ne pas sentir les symptômes du mal de l’altitude.

Cette fois-ci, l’Illimani n’était pas un mince défi, avec ses 8 km de long et ses 4 pics qui surplombent toute la région. Comme le soleil a tendance à rendre la neige plus instable, elles font le plus dur de l’ascension de nuit, pour arriver au sommet au lever du soleil, avec les belles couleurs que l’aube donne au point de vue. Au sommet, la respiration est coupée par le manque d’oxygène, et le moindre effort physique se convertit en un véritable défi pour l’organisme humain. Mais le spectacle justifie tout !

Ces dames aymaras n’en sont pas à leur premier fait d’arme. C’est le cinquième sommet qui dépasse la barre des 6.000 mètres à leur actif. Elles ont déjà réussi l’ascension de l’Acotango, du Parinacota, du Pomarapi et du Huayna Potosí dans la Cordillère royale. Leur objectif : terminer leurs 8 ascensions par l’Aconcagua argentin, le toit des Andes avec ses 6.961 mètres.