Bolivie : inauguration du premier Institut de langue Aymara

17 juillet 2013Evénements

Le 5 juillet dernier, le ministre de l'Education bolivien a inauguré le premier des 37 instituts des dialectes boliviens.

2e1ax_simplistic_frontpage_couple-aymara

L’inauguration del Instituto Plurinacional de Estudios y Lenguas de Cultura Aymara a eu lieu dans le village ancestral de Tiwanaku (dans la région de la Paz), centre culturel et spirituel du peuple aymara. Elle a commencé aux alentours de 11h par une offrande à la Pachamama (Terre Mère) dans le temple de Kalasasaya et s’est effectuée en la présence de nombreux représentants des instances sociales et locales. Elle a été suivie par la lecture de la Résolution Administrative qui définit cette entité, dont le siège social se trouvera dans la ville d’ El Alto, la banlieue de la capitale.

L’objectif principal de cette institution est de mettre à jour, renforcer et promouvoir la culture et la langue aymara, une communauté représentant 3 millions de personnes aujourd’hui dans le pays. Des recherches linguistiques seront également menées et des textes seront produits en partenariat avec des universités, des écoles supérieures de formation d’instituteurs ainsi que d’autres instances académiques du système éducatif.

Le ministre de l’Education, Roberto Aguilar, a mentionné la « création historique » de cet institut, qui sera suivi par la mise en place des 36 autres prévus à ce jour. Cette mesure symbolise la lutte historique des peuples indigènes pour défendre leur langue, leur culture et leurs coutumes.

tradition-aymara

L’article 88 de la loi éducative Avelino Siñani-Elizardo Pérez décrit la création del Instituto Plurinacional de Estudio de Lenguas y Culturas (IPELC) comme une institution décentralisée, dont l’attribution est de mettre en place des Instituts de Langues et de Culture pour la Bolivie et ses différentes ethnies. L’IPELC exercera ses fonctions depuis le département de Santa Cruz, qui abrite la majorité des peuples indigènes. El Instituto de Lengua y Cultura Aymara quant à lui est composé d’un conseil régional aymara qui choisira les lignes d’action à mettre en place pour la recherche, la normalisation et le développement de la langue et de la culture.

Pedro Apala, le directeur de l’IPELC, a expliqué que des réunions auraient lieu avec des experts linguistiques pour travailler sur différents aspects des langues appartenant aux 36 nations qui constituent la Bolivie.

« Les savoirs et les connaissances sont contenus dans la langue ; nous devons les faire perdurer, c’est pour cela que les 37 instituts seront créés et nous commençons aujourd’hui avec l’aymara » a déclaré Apala. Il a par ailleurs ajouté que différentes actions seraient mises en œuvre pour diffuser des messages en aymara, notamment via Internet. « Nous allons créer des mots en aymara tels que téléphone portable, ordinateur, téléphone et autres », a-t-il précisé.

Le chef de l’Unité de Politiques Inter, Intra et Pluriculturelles du Ministère de l’éducation, Wálter Gutiérrez, a communiqué un des autres objectifs de cette institution : la traduction et la promotion de textes scientifiques, sociologiques et techniques pour diffuser l’aymara, dont l’enseignement est devenu obligatoire depuis l’arrivée au pouvoir du président Evo Morales.

Selon l’Unesco, le dialecte aymara est dans une situation vulnérable et son utilisation serait susceptible de disparaître dans les générations futures, contrairement au quechua ou au guarani, les langues les plus parlées du pays. L’utilisation du tapiete, de l’uru-chipaya et du machineris pourrait également être amenée à décliner.

L’enjeu majeur de l’ILPEC et del Instituto Plurinacional de Estudios y Lenguas de Cultura Aymara sera donc de préserver ces langues et d’une manière générale, les cultures des différentes ethnies qui constituent la diversité de la Bolivie.

Pour en savoir plus sur les peuples de Bolivie, n’hésitez pas à consulter notre fiche.