2013, année du Quinoa !

26 avril 2013Evénements

Cette variété de pseudo céréale dont la Bolivie est le principal exportateur vient d'être mise à l'honneur par l'ONU pour ses propriétés nutritives exceptionnelles.

Quinoa BolivieAussi appelé chisihuaymama, ce qui signifie mère de tous les grains en langue aymara, cette plante, malgré sa ressemblance avec une céréale, est en réalité de la famille des épinards et des betteraves. Elle est cultivée en Bolivie depuis des siècles, notamment dans la région proche du Salar d’Uyuni à plus de 3.700 m d’altitude.

Le Secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a lancé en février l’année internationale du Quinoa, en appui de l’initiative Zéro tolérance à la faim.

Le quinoa est l’une des plantes en vogue sur les tables des consommateurs bio de la planète, en particulier aux Etats-Unis, en Australie et en Europe du Nord. La France est particulièrement friande de cette graine qui prend une place de plus en plus importante dans la gastronomie et convient parfaitement aux régimes végétariens. Il faut dire que ses propriétés ont de quoi ravir les nutritionnistes les plus exigeants. Riche en protéine, en vitamines, en oligoéléments et autres acides aminés, elle possède l’avantage de ne contenir aucune trace de gluten.

De quoi expliquer l’engouement autour de cette plante, qui a débuté dans les années 1980 et n’a cessé de se renforcer depuis.

Ainsi en 2012, la Bolivie a exporté plus de 26.000 tonnes de quinoa, fournissant 46% du quinoa consommé dans le monde. La graine d’or du pays a, dans le même temps, vu ses revenus tripler en 6 ans. Le prix de la tonne est en effet passé de 400 pesos bolivien (environ 40 euros) dans les années 1970 à 2.450 euros début 2013.

D’une activité de subsistance, la culture du quinoa assure donc aujourd’hui un regain économique pour la Bolivie. Une opportunité unique pour ses habitants qui voient dans cette activité une nouvelle source de revenus. Dans un pays encore très pauvre on a ainsi pu observer un retour des habitants des villes dans leur région d’origine afin de se lancer dans la production de cette plante. Dans la foulée, de grandes exploitations possédant un matériel sophistiqué de production ont fait leur apparition. D’après Lucio Tito, le directeur de l’Institut Bolivien de l’Innovation Agricole et Forestière (INIAF), « En six ans, la superficie semée de quinoa a doublé dans le pays, dépassant les 104 000 hectares en 2012″.

Dans ce contexte, les autorités gardent bien évidemment un œil sur la surproduction potentielle et le risque d’épuisement des sols. Cependant, à ce jour, les recherches menées par l’Institut français de Recherche pour le Développement (IRD) ne mettent pas en évidence de dangers particuliers, à condition que les producteurs respectent les temps de mise en jachère nécessaires à la récupération des sols.

La plante, du fait de sa grande résistance à des conditions climatiques difficile, ouvre également des voies de résolution du problème de la famine dans le monde. En Bolivie, elle est en effet cultivée à des altitudes comprises entre 3.600 et 4.300 m et supporte des variations de température entre – 4 et 38 degrés. Selon le rapport des Nations Unies, elle démontre également une grande capacité à s’adapter à différents terrains. Sa production se délocalise ainsi progressivement vers d’autres pays comme les Etats-Unis, l’Angleterre, le Canada et même la France. Et pourquoi pas dans les années qui viennent la développer dans les pays d’Afrique ou même d’Asie souffrant de ce problème chronique.

Cette concurrence potentielle n’inquiète guère les producteurs boliviens qui possèdent une variété endémique : le quinoa royal, ne poussant que sur les terres de la région du salar d’Uyuni.