Les Chemins de l’Inca classés patrimoine mondial par l’Unesco

27 juin 2014Patrimoine

Les Chemins de l’Inca qui traversent l’Amérique Latine de part en part ont été inscrits au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco.

Chemins de l'Inca A l’occasion de leur 38ème convention à Doha (Qatar), le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco a déclaré les Chemins de l’Inca site du patrimoine mondial. C’est la première fois que l’organisation classe un site qui couvre six pays: l’Argentine, la Bolivie, le Chili, la Colombie, l’Équateur et le Pérou.

Le célèbre Chemin de l’Inca que les voyageurs parcourent pour relier la ville de Cuzco, au site archéologique du Machu Picchu est seulement une infime partie d’un magistral réseau routier construit par les Incas le long de la Cordillère des Andes sur une période de 2 000 ans. Aussi connu sous le nom de Qhapaq Ñan (chemin principal en quechua), il s’agissait d’un ensemble de voies de plus de 30 000 km allant du nord de Quito jusqu’au sud de l’actuel Santiago du Chili et de Mendoza.

Véritable chef-d’œuvre d’ingénierie préhispanique, la route permettait à l’origine de rapprocher les principaux centres productifs, administratifs et cérémoniels de l’empire Inca. En plus d’assurer l’unification géographique du territoire, elle permettait une meilleure surveillance des frontières de l’empire. D’après les historiens, on trouvait tous les 7 km, un poste fortifié appelé pukara qui contrôlait le flux des voyageurs et tous les 21 km, une auberge (tambo) pour les fonctionnaires de l’empire. A cette époque, le réseau était également parcouru par les armées, les coursiers (chasquis) mais aussi par les commerçants qui utilisaient des caravanes de lamas pour le transport des marchandises et des matières premières.

Cette distinction était très attendue par les six pays qui ont travaillé ensemble depuis 2001 à l’élaboration du dossier de candidature. Elle symbolise la reconnaissance de l’ingéniosité d’un système pré-hispanique qui a surpris le monde et d’un patrimoine andin commun.

«Tout comme ces différentes civilisations ont su s’unir à travers le Qhapaq Ñan, nos six pays ont su travailler ensemble et unir leurs volontés», a déclaré le représentant du Pérou.

Le classement au patrimoine mondial implique un engagement de la part de chaque pays à ne pas apporter de modifications aux Chemins de l’Inca sans l’autorisation de l’Unesco. Par ailleurs, elle devrait permettre au site d’obtenir des fonds auprès d’organismes internationaux pour sa conservation, sa restauration ainsi que son développement touristique.

 

Voir la carte des Chemins de l’Inca