Bolivie : l’Ichapekene Piesta au Patrimoine mondial Unesco

26 septembre 2013Patrimoine

Le 31 juillet se tient à San Ignacio de Moxo la première édition de la Fiesta Mayor depuis son inscription au Patrimoine de l'humanité, le 5 décembre 2012.

moxos-bolivieLe ministre de la Culture, Pablo Groux, a participé vendredi 19 juillet au lancement officiel de l’Ichapekene Piesta, ou Fiesta Mayor, dans le département de Beni, en Amazonie bolivienne. L’événement a lieu tous les ans en commémoration de la victoire des jésuites face aux indiens dans le village de San Ignacio de Moxo.

Cette édition est toute particulière, puisque l’événement vient d’être inscrit en décembre dernier au Patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Les experts ont estimé que ces festivités, symboles du syncrétisme largement présent dans toute la Bolivie, étaient en outre l’une des rares fêtes du pays où se mêlent musiques baroque héritées des réductions , moxeo-préhispanique et folklorique. Les efforts de plusieurs générations ont été récompensés, puisque l’Ichapekene Piesta a été maintenue sans interruption pendant 322 ans, grâce au travail et à l’engagement de ses habitants, notamment des nouvelles générations. C’est également cette volonté de faire perdurer la tradition qui a justifié l’intégration de la Fiesta Mayor au Patrimoine mondial.

Les Moxos sont une ethnie d’origine précolombienne du nord-est de la Bolivie, vivant actuellement dans le département du Béni, principalement autour de Trinidad et San Ignacio de Moxo. Ils possèdent une langue commune, le moxeo-ignatien, qui a été reconnue officiellement dans la Constitution Politique de l’Etat Plurinational de Bolivie.

Leur mode de vie fut pendant longtemps conditionné par les saisons, d’où l’importance accordée à la nature et à leur environnement. Au XVIe siècle, les jésuites arrivèrent dans la région et s’affrontèrent aux peuples locaux. Les ayant vaincu, ils créèrent les missions jésuites, qui permirent de convertir les Moxos au catholicisme.

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Ainsi, chaque année en mai, les festivités en l’honneur de San Ignacio de Loyola, fondateur de la Compagnie de Jésus (Jésuites), débutent avec des spectacles pyrotechniques, des chants et des louanges, puis se poursuit en juillet avec la célébration de messes, de veillées funèbres et d’aumônes.

Enfin, le 31 juillet, jour principal de la célébration, de nombreuses chorégraphies sont proposées par des danseurs de différentes ethnies, qui portent des costumes traditionnels artisanaux. La victoire de Saint Ignace est mise en scène par douze guerriers solaires, arborant un plumage spectaculaire et combattant les autochtones avant de les convertir au christianisme. Ces rites sont un symbole fort puisqu’ils permettent aux Moxos de renaître dans la tradition chrétienne en présence des esprits de leurs ancêtres. Les participants, répartis en 48 groupes, portent des masques des ancêtres et des animaux. Ils font des farces et dansent sur de la musique baroque jusqu’à minuit, heure à laquelle des pétards et des feux d’artifices sortent de leur chapeau.

Cette année, l’inscription de l’Ichapekene Piesta au Patrimoine mondial a permis aux instances régionales de voir plus grand. Ainsi, la directrice départementale du Tourisme et de la Culture du Beni, Katherine Kholer, a déclaré :  » Nous continuerons à nous mobiliser pour que cette manifestation culturelle s’étende à toute la Bolivie et dépasse nos frontières, afin que nos coutumes soient connues, car il existe des cultures qui renforcent notre pays « .

L’Ichapekene Piesta devrait donc perdurer, et le titre remis par l’Unesco contribuer à son rayonnement international.

Pour en savoir plus sur l’Ichapekene Piesta, vous pouvez consulter la fiche de l’Unesco.