Roberto Mamani Mamani réalise une fresque de 10 700 m2

13 janvier 2016Culture

Cet exploit lui permet de battre le record de la plus grande fresque du monde et de rentrer ainsi dans le Guinness des Records.

La fresque de Roberto Mamani Mamani à El Alto, Bolivie

À 4 000 m d’altitude, sur les façades de sept immeubles de douze étages d’El Alto dans la banlieue de La Paz, le célèbre aquarelliste bolivien Roberto Mamani Mamani, aidé par 40 autres artistes, a réalisé une fresque sur une superficie totale de 10 700 m2.

Roberto Mamani Mamani, artiste renommé et engagé

D’origine quechua et aymara, Roberto Mamani Mamani est né le 6 décembre 1962 à Cochabamba, en Bolivie.

Artiste autodidacte, son art est inspiré de ses sentiments et expériences personnelles.

Il utilise des couleurs chatoyantes, des textures variées et des formes énergétiques car c’est l’image qu’il conserve de son village natal. Il aime puiser dans son héritage aymara et représente souvent dans ses peintures des images de mères indigènes, de condors, de soleil ou de lune. Par de tels symboles, il entend promouvoir la culture bolivienne et ses origines autochtones, souvent dénigrées.

En 2008, à l’occasion de l’année internationale de la pomme de terre, il réalise une série de tableaux lui rendant hommage. En Bolivie, elle est source de richesse et fierté nationale. Depuis 1983, il a réalisé plus de 58 expositions, dont 52 individuelles. Ses œuvres ont d’ailleurs remporté de nombreux prix et distinctions, tant au niveau national qu’international.

Projet Wiphala, la communauté comme mode de vie

Le projet s’intitule Comunidad Wiphala. Wiphala, c’est à la fois le nom de la résidence où a été réalisée la fresque et celui du projet lui même. C’est surtout le nom des drapeaux rectangulaires aux sept couleurs utilisées par les ethnies des Andes, dont il existe de nombreuses variantes. L’une d’elles, considérée comme le drapeau du Collasuyo (région aymara, sous la domination inca), est utilisée actuellement comme symbole ethnique du peuple aymara.

Ce projet résulte de l’alliance entre l’artiste et le vice-ministère du Logement et a soulevé 10,63 millions de dollars pour sa réalisation.

Les appartements de la résidence Wiphala sont destinés à des personnes sans domicile, qui doivent se soumettre à certains rites andins dans les espaces communs. Selon le peintre, pour perpétuer les traditions, il faut transformer des symboles en lieux de vie quotidienne.

L’œuvre achevée, les immeubles sont convertis en symbole de la ville et, comme l’a mentionné le vice-Président bolivien Álvaro García Linera, en une importante attraction touristique. L’œuvre est d’ailleurs visible depuis les avions qui atterrissent à l’aéroport international d’El Alto.

L’idée principale, selon le peintre, c’est le concept de communauté, comme mode de vie. « On va peindre des llokalla (enfants en quechua), des condors, chacha-warmis (image de la complémentarité homme/femme dans la culture andine) et montrer la convivialité dans le cadre de la cosmovision andine ».

La Bolivie détient déjà plusieurs records

Le livre Guinness des records est un guide publié annuellement qui contient une collection des records mondiaux. Parmi les records boliviens, on retrouve le plus grand nombre de joueurs de flûte de Pan, le plus grand charango (instrument à corde), le plus grand condor et la danse folklorique avec le plus de danseurs.