Le fort de Samaipata

Site à la fois pré-incaique et inca, il abrite un immense rocher tabulaire couvert de sculptures rupestres.

Vestiges du fort Samaipata

Le site archéologique de Samaipata se trouve près de la localité du même nom, dans le département de Santa Cruz. Construit dans la région amazonienne, sur les contreforts des Andes, à 1800 m d’altitude, c’est un centre cérémoniel et administratif à la fois pré-incaïque et inca, inscrit au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco en 1998. En quechua, la lingua franca (langue véhiculaire) des Incas, le nom signifie lieu de repos entre les montagnes.
Sa célébrité est due notamment à l’immense roche plate qui domine le site: ses importants lieux de culte et les sculptures rupestres qui y furent creusées en font un lieu unique sur le continent américain.

Le site a d’abord été peuplé au IIIe siècle après J.-C. par les populations de la culture mojocoya, d’origine amazonienne. Ce sont elles qui commencèrent à creuser la roche. Au XIVe siècle, les Incas s’emparèrent de Samaipata, délimitant ainsi la frontière Est de leur empire. Les restes de terrasses agricoles aux abords du site et les bâtiments publics organisés autour d’une grande place centrale sont spécifiques d’un habitat inca. Samaipata devint une capitale provinciale. Plus tard, les Espagnols, attirés eux aussi par la position stratégique du lieu, s’y établirent à leur tour. En revanche, on ne sait si ce fut un fort dès l’origine ou si cette fonction lui fut ajoutée par les Incas et les Espagnols.

																					
Centre cérémonial de Samaipata

Le site fut selon toute vraisemblance organisé en deux parties aux caractéristiques bien distinctes. D’une part, une aire située sur la colline était entièrement consacrée à la vie religieuse, aux cérémonies et aux rites. Il s’agit du centre de la vieille ville, sacrée pour les Incas, sur laquelle on observe aujourd’hui nombre de sculptures rupestres. D’autre part, un espace plus grand au pied de la colline abrita sous l’administration inca un centre administratif et résidentiel.

On trouve ainsi à Samaipata à la fois des vestiges de lieux de culte mojocoyas, comme les restes de cinq temples sur la face méridionale de la roche, et incas, avec notamment trois plates-formes cérémonielles côté sud. Enfin, plus surprenant, deux hauts-reliefs de félins surplombent le site.

Au moment de l’exploitation des mines de Potosi, Samaipata devint une étape obligée sur la route entre Asunción et Santa Cruz. Mais ensuite, lorsque la ville nouvelle vit le jour, dans la vallée de la Purification, l’endroit fut abandonné durant plusieurs siècles, avant que les archéologues ne s’y intéressent à nouveau au XVIIIe siècle.