Les masques du carnaval d’Oruro

Les costumes masqués présents lors du carnaval d’Oruro impressionnent par leurs identités diverses et leurs vives couleurs.

Les masques – les caretas – du carnaval d’Oruro, ville minière perchée à 3700 m d’altitude, émerveillent chaque année près de 300 000 personnes. Ces créations artistiques étonnantes, tantôt d’une grande beauté, tantôt terrifiantes, donnent vie à de nombreux personnages et varient considérablement d’une danse à l’autre.

Le masque, dont l’achat représente bien des économies – souvent des mois de salaire –, est un aspect crucial de chaque chorégraphie. Le diable est ici omniprésent et sa danse, la Diablada, joue un rôle de tout premier plan. Les danses les plus importantes sont ensuite la Morenada, les Caporales, la Llamerada, les Wititis et la Kullawada.

Les artistes – les careteros ou mascareros, c’est-à-dire les créateurs de ces masques – utilisent une foule de matériaux dans leur fabrication: la paille, mais aussi les feuilles de diverses plantes, le bois, la toile, le papier mâché et, depuis peu, la fibre de verre. Ces masques aux détails fascinants ont pour caractéristique principale un visage déformé, souvent à l’image du diable, les yeux exorbités, le nez et les oreilles proéminents, une large bouche ou encore des canines démesurées. Tout est fait pour montrer une laideur terrifiante, fascinante, qui tient du sublime.

Les masques ont évolué au fil du temps, leurs formes, leurs couleurs et leurs significations changeant d’année en année. Aujourd’hui on reconnaît par exemple les esclaves africains à leurs masques de couleur noire, la langue tirée, en référence à l’exploitation extrême dont ils ont été l’objet. D’autres danses, comme les Kullawas ou les Wititis, utilisent davantage le masque pour parfaire l’ensemble de leur costume.