La danse des Caporales au carnaval d’Oruro

La danse des Caporales a pour thème principal la séduction. Elle est l’expression des relations entre jeunes hommes et jeunes femmes : un spectacle de sensualité et de charme, avec de superbes costumes colorés.

Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie

La séduction et la coquetterie en sont les traits principaux. Il s’agit en réalité de l’évolution d’une danse funèbre durant laquelle les plus jeunes venaient danser en symbole de renouveau face à la mort. Les chorégraphies et les musiques sont inspirées par les notions de l’amour et de la nature. Les hommes portent à la main des instruments qu’ils frappent vigoureusement et les femmes s’adonnent à une danse sensuelle, une parade séductrice.

Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie
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La danse des Caporales est également l’expression de la discrimination que subissaient les esclaves noirs arrivés en Bolivie au début du XVIIe siècle. Le Caporal, le plus souvent d’origine métisse, né de parents amérindien et européen, était l’homme d’autorité à la tête d’un groupe d’esclaves. En témoignent les sauts énergiques, la course et l’utilisation du sifflet pour rythmer la cadence du groupe de danseurs. Traditionnellement, des chansons aux textes grivois étaient chantées pour accompagner cette danse.

Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie

La danse des Caporales fut présentée pour la première fois en 1975 à l’occasion de la fête de Gran Poder à La Paz. Elle donna lieu ensuite à la création de la Fraternidad Caporales Centralistas, qui commença à se produire à Oruro. Aujourd’hui, les groupes de danseurs de Caporales sont au nombre de 6 au carnaval d’Oruro et ont chacun leurs spécificités musicales, rythmiques et chorégraphiques. Les hommes portent un pantalon de type collant, une blouse à manches amples au niveau des épaules, un chapeau à large bord et un fouet à la main; les femmes une tunique aux mêmes épaules bouffantes avec un bombín coloré et une jupe très courte à volants.

Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie
Carnaval de Oruro, Bolivie

La Fraternidad Caporales Centralistas se reconnaît à ses costumes bleu et blanc. C’est le Conjunto Folklórico Sambos Caporales qui présente la danse des Negritos, dans laquelle les esclaves noirs ont pris la place des Caporales. Dans le passé, chaque danseur était chargé de fabriquer son costume et les couleurs pouvaient varier d’une personne à l’autre. Les femmes avaient la particularité de porter des jupes plus longues que celles des Caporales traditionnelles, à la manière du cancan. Les Caporales Reyes de la Tuntuna ENAF se distinguent par leur origine atypique : formés par les ouvriers d’une entreprise de métallurgie, ce groupe de danseurs se caractérise par le symbole de force et de beauté de l’étain. Les costumes étaient traditionnellement confectionnés par les épouses des ouvriers. Les bottes des hommes sont chargées de grelots, ce qui rappelle les chaînes des esclaves. Les Caporales Ignacio San León sont des danseurs très jeunes, des adolescents du collège Ignacio León de Oruro ; les Caporales Universitarios de San Simón sont eux très appréciés du public depuis plusieurs années. Vous les reconnaîtrez à leurs costumes chatoyants d’un orange vif pour les femmes et bleu et argent pour les hommes. Enfin, la Fraternidad Caporales CBN fut créée par des employés de la brasserie Cervecería Boliviana Nacional. Aujourd’hui, le groupe est indépendant de l’entreprise. La jupe des danseuses est très courte et particulièrement volante sous l’effet de leur déhanché.

Carnaval de Oruro, Bolivie
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