Faune aviaire de Bolivie

Les spécificités géographiques de la Bolivie expliquent la richesse de sa faune aviaire, dont certaines espèces remarquables sont endémiques.

Amazone à front bleu (Amazona aestiva)

Ce perroquet est l’une des 28 espèces appartenant au genre Amazone. Vert flamboyant, avec un front bleu, une gorge et des joues jaunes, il mesure entre 35 et 38 cm pour un poids moyen de 350 à 420 g. L’une de ses particularités est qu’il n’a pas de dimorphisme sexuel, il est donc difficile de distinguer le mâle de la femelle. Sa longévité est exceptionnelle puisque s’il atteint quarante ans dans son milieu naturel il peut mourir à quatre-vingts ans en captivité. Son habitat caractéristique est la selva tropicale humide  – la jungle sud-américaine  – et les forêts de palmiers.

																					

Amazone à joues bleu (Amazona brasiliensis)

Cet amazone de la famille des Psittacidae mesure environ 37 cm. De couleur vert assez foncé, il a le ventre plus clair. Il se reconnaît à son front rouge et ses joues bleutées. Il a des taches lilas sur la tête, qui vont du violet sur les côtés des yeux au rose vers le menton. Ses ailes vertes sont bordées de jaune, et terminenées par des plumes bleu violet foncé à leurs extrémités. Il vit dans la forêt tropicale humide, les marécages et les mangroves. Très peu nombreuse, sa population est surtout concentrée au sud-est du Brésil, entre le Parana et le Rio Grande au sud.

																					

Ara à ailes vertes (Ara chloroptera)

Grand perroquet d’une envergure de 1,25 m pour une taille de 95 cm, rouge écarlate avec le haut des ailes vert et de longues rémiges bleues, les joues nues et blanches striées de rouge. Il vit en couples ou en petits groupes, dans les forêts qui ne sont jamais inondées, et nidifie jusqu’à 1000 m d’altitude au sommet des grands arbres ou des falaises.

																					

Ara rouge ou Ara macao (Ara macao)

Ce grand ara aux couleurs très vives, majoritairement rouge écarlate mais aussi jaune d’or et bleu électrique, n’est pas difficile quant à son habitat. Préférant les forêts non inondées, on le trouve aussi au bord des cours d’eau, dans les pâtures et même dans les champs cultivés, mais il mange et se repose à la cime des grands arbres. Son aire de répartition couvre l’Amazonie jusqu’au nord de la Bolivie. Sauf exception, il ne dépasse en principe pas les 500 m d’altitude. Comme l’ara bleu, il vit en couples, en petites bandes ou s’intègre à de plus grands rassemblements. Son régime est exclusivement composé de fruits, de graines et de noix. Il nidifie entre novembre et avril, s’installant pour cela dans des cavités qui peuvent se situer à 40 m de hauteur.

																					

Ara bleu (Ara ararauna)

Endémique du bassin de l’Amazone, son aire de distribution s’étend jusqu’au nord de la Bolivie. Cet ara est d’un bleu éclatant, excepté sur le ventre, sous les ailes et sous la queue, jaune d’or, et sur le front, vert étincelant. Il mesure 86 cm pour une envergure comprise entre 1,05 m et 1,15 m. Contrairement à l’ara à ailes vertes, lui préfère les lisières des forêts inondées et les marécages. Il vit en couples, en petites bandes ou en groupes d’une vingtaine d’individus, mais on peut apercevoir sur les berges argileuses des rivières des rassemblements beaucoup plus importants.

																					

Ara hyacinthe (Anodorhynchus hyacinthinus)

Cet ara vit dans les forêts semi tropicales humides du Brésil, de la Bolivie et du nord du Paraguay. Mesurant jusqu’à 1 mètre, c’est le plus grand perroquet de sa famille. Il se nourrit de fruits mûrs, ainsi que de graines. Grrâce à son bec très dur, il arrive à briser les coques des noix et même à accéder à la chair des noix de cocos. Il est en risque d’extinction à cause de sa valeur particulièrement importante pour les collectionneurs, qui entraîne du braconnage malgré la protection de l’espèce.

																					

Ara à collier jaune (Primolius auricollis)

L’Ara à collier jaune est de taille modeste mais très bariolé. Le corps est vert, avec le dessous des ailes et de la queue jaune. On peut trouver des plumes bleues et rouges au bout des ailes. Son bec est noirâtre, ses yeux orange cernés de blanc et bleu pâle, et ses pattes rose. Il est originaire de la Bolivie, du Paraguay, du Brésil et du nord-ouest de l’Argentine. Il est souvent perché sur des arbres et des buissons. Habituellement en couple ou en groupe, il a un fort cri d’alerte en cas de danger.

																					

Conure de Weddell (Aratinga weddellii)

La conure de Weddell a un plumage vert jaunâtre, un bec noir et une tête gris foncé. Elle vit en grandes bandes bruyantes que l’on aperçoit, traversant le ciel en un vol rapide ou posées sur la cime de hauts arbres, sauf en période de nidification où les couples s’isolent. Elle fait son nid dans le creux de troncs d’arbres ou de termitières et se nourrit du fruit des palmiers, d’insectes et de larves.

																					

Conure jandaya (Aratinga jandaya)

La Conure jandaya est la plus multicolore de son espèces, avec le jaune de sa tête et sa poitrine, l’orange de son visage et le vert bordé de bleu de ses ailes, son dos et sa queue. Elle a les yeux marron bordés de blanc, le bec et les pattes noires. Elle fait environ 30 cm. Elle se nourrit presque exclusivement de fruits.

																					

Conure dorée (Guaruba guarouba)

La Conure dorée mesure en moyenne 34 cm. Elle tient son nom de sa couleur flamboyante jaune. On observe toutefois des plumes vertes au bout des ailes et de la queue. Elle a les yeux marrons bordés de blanc, le bec gris et les pattes roses. Elle vit dans les forêts primaires tropicales d’Amérique du sud. Elle se nourrit de fruits et graines.

																					

Conure nanday (Aratinga nenday)

Présent dans le sud-est de la Bolivie, on le trouve aussi du Brésil au Paraguay et à l’Argentine. Il vit plutôt dans les zones humides. Il creuse avec son large bec le tronc des arbres pour s’y abriter. Il a une taille de 30 cm pour 130 g. Sa jolie couleur vert clair en fait un oiseau de compagnie apprécié. On le reconnaît à ses taches, blanche sur sa poitrine, noire sur la tête, et bleues sur le bout des ailes.

																					

Toucan à bec rouge (Ramphastos tucanus)

Le toucan à bec rouge dispose d’un bec d’environ 16,5 cm. C’est un oiseau aux multiples couleurs : noir, jaune, blanc, bleu… De nature inquiète, le toucan est toujours en mouvement et plutôt bruyant. Il se déplace en petits groupes, cherchant son alimentation dans les arbres, principalement des fruits ainsi que les œufs d’autres espèces.

																					

Toucan toco (Ramphastos toco)

C’est l’espèce la plus colorée et la plus grande parmi les toucans. Son bec représente le tiers de son corps, mais malgré son aspect massif il est très léger et fragile. Le toucan toco se nourrit de fruits, d’œufs et d’oisillons. Seule la femelle couve entre 2 à 3 œufs pendant une vingtaine de jours environ. Facile à domestiquer, il est chassé pour servir d’oiseau d’ornement.

																					

Toucan à ventre rouge (Ramphastos dicolorus)

Le Toucan à ventre rouge vit dans forêts subtropicales de montagne, entre le Brésil, le Paraguay, l’Argentine et la Bolivie. Ainsi baptisé à cause de ses plumes rouges sur le ventre et le début de la queue, il a la poitrine jaune orangée et le reste du corps noir. Son bec de 10 cm a une taille inférieure aux autres membres de toute la famille des toucans. Il se démarque aussi par sa couleur vert pâle.

																					

Araçari à oreillons roux (Pteroglossus castanotis)

Toucan reconnaissable à son long bec crochu et cannelé, jaune sur la partie supérieure et noir au-dessous, l’araçari à oreillons roux a le dos sombre et le ventre jaune vif barré d’une bande rouge sang. Il mesure entre 37 et 47 cm pour un poids de 220 à 310 g. Il aime les forêts humides et les berges des cours d’eau, et se nourrit de fruits dont il régurgite les noyaux, participant ainsi à la dispersion des espèces. Mais il n’hésite pas non plus, en période de nidification, à s’attaquer aux nids d’autres oiseaux, par exemple des cassiques. On l’aperçoit souvent volant en file indienne dans de petits groupes d’une douzaine d’individus.

																					

Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus)

Le balbuzard est un rapace de 150 à 180 cm d’envergure, reconnaissable en vol à son ventre blanc et à ses ailes étroites et coudées. Exclusivement piscivore, il niche toujours  sur un promontoire à proximité de l’eau – pylône, arbre ou crête rocheuse –, et comme il utilise le même nid de branchages chaque année et le réaménage, celui-ci atteint parfois des proportions considérables. Lorsqu’il pêche, il se met en vol stationnaire à une trentaine de mètres d’altitude, puis effectue un piqué spectaculaire, ailes repliées. Bien que diurne, il a une particularité des rapaces nocturnes, le doigt opposable, qui lui permet de saisir le poisson entre ses quatre  doigts, deux tournés vers l’avant et deux vers l’arrière. Il possède aussi des coussinets épineux qui empêchent ses proies de glisser. Oiseau plutôt solitaire, le balbuzard est présent sur tous les continents excepté l’Antarctique, mais est plus commun en Amérique du Nord, d’où il migre jusqu’au Chili et en Argentine.

																					

Canard à collier noir (Callonetta leucophrys)

Petit canard d’une trentaine de centimètres, présent dans l’est de la Bolivie. Le mâle a la tête gris clair avec une bande noire qui part du front et descend dans le cou pour finir par un demi-collier, la poitrine mouchetée et le dos sombre et roux. Il est facilement reconnaissable aux deux taches blanches qui encadrent sa queue. Il niche dans des creux de troncs d’arbre et ne dédaigne pas les nids tout prêts d’autres oiseaux. Rare, il est difficile à observer.

																					

Canard musqué (Cairina moschata)

Grand canard de 1,20 m d’envergure, entièrement noir excepté deux grandes taches blanches sur les ailes. Le mâle possède une excroissance à la base du bec et un repli de peau nue rosâtre et bourgeonnante sur les joues et autour de l’œil. Il vit en petites bandes que l’on peut apercevoir facilement à la cime des arbres, lorsqu’il se repose. Tout lui est bon pour faire son nid, anfractuosités, sol, voire nids d’autres oiseaux.

																					

Cigogne Maguari (Ciconia Maguari)

Unique représentante des cigognes en Amérique du Sud, son plumage est entièrement blanc à l’exception des rémiges qui sont noires. Elle a une zone de peau nue et rouge à la base du bec, sur les joues et autour des yeux, et comme ses congénères elle communique par claquements de bec plutôt que par cris ou chants. S’il lui arrive de s’égarer jusqu’à 2500 m d’altitude, en Bolivie on l’aperçoit surtout aux alentours de 900 m, où elle se déplace en groupe d’une cinquantaine d’individus. Elle agrémente parfois son régime essentiellement aquatique – poissons, crustacés, grenouilles – de quelques rongeurs ou reptiles, voire d’insectes qu’elles gobent en suivant les sabots du bétail. Elle niche en colonies dans des zones buissonnantes ou dans les roselières qui ceinturent les plans d’eau.

																					

Condor des Andes (Vultur gryphus)

C’est le plus grand rapace du monde, avec une envergure qui atteint les 3,20 m et un poids de 11 kg en moyenne pour le mâle et 7,5 kg pour la femelle – fait inhabituel puisque chez les rapaces c’est la femelle qui est toujours plus grosse que le mâle. A leur naissance, les oisillons pèsent déjà 180 g. Autre différence notable entre les deux genres, la crête du mâle qui retombe sur l’avant du bec. Mais malgré son apparence imposante, c’est un oiseau pacifique. De la famille des vautours, il se nourrit de charognes, pourtant lorsque la pénurie se fait sentir il peut s’attaquer à de jeunes animaux, malades ou blessés, à des rongeurs, voire jeûner jusqu’à deux semaines d’affilée. A l’égal des autres rapaces, il a une vue extrêmement aiguisée puisque son système oculaire joue le rôle d’un téléobjectif. Excellent voilier, il peut planer pendant des heures dans les courants ascendants. Les grandes taches blanches, sur ses ailes, ont un rôle important pour avertir les autres condors: quand une charogne est localisée, il commence à descendre et est, grâce à elles, facilement repéré. Le festin pourra ainsi être collectif. Si les conditions météorologiques ne lui sont pas favorables il reste posé au sol, en compagnie de ses congénères, en groupes qui peuvent compter jusqu’à 25 oiseaux. Au moment de la nidification, les oiseaux se séparent en couples, unis pour la vie. En captivité, certains condors ont vécu jusqu’à soixante ans.

																					

Dendrocygne à ventre noir (Dendrocygna autumnalis)

Le dendrocygne à ventre noir est un canard arboricole, mince et haut sur pattes, au long cou, mesurant jusqu’à 38 cm, qui vit dans les estuaires, les marais et les zones inondables, se nourrissant de végétaux aquatiques et de graines. Les couples, fidèles, ne sont pas regardants quant aux sites de nidification: selon l’opportunité, on les trouve au sol, dans les roselières, les arbres, ou les nids d’autres oiseaux. On l’appelle parfois « canard siffleur » car il émet en vol des sifflements stridents.

																					

Flamant du Chili (Phoenicopterus chilensis)

Proche du flamant rose avec lequel on le confond parfois, ce grand oiseau d’un mètre de long, aux longues pattes et au long cou, vit dans les lagunes d’altitude. Il fouille l’eau vaseuse avec son bec courbé presque à angle droit et la filtre avec sa langue pour se nourrir des petits vers, mollusques et crustacés – notamment l’Artemia salina qui lui donne sa teinte rosâtre. Lorsque l’hiver arrive, il quitte ses solitudes glacées pour gagner un climat plus clément sur la côte argentine. Il vit en grandes colonies pouvant atteindre plusieurs milliers d’individus, y compris lorsqu’il niche, même s’il est monogame. Les deux parents construisent en bordure de lagune un monticule de boue qu’il ramasse avec leur bec et lisse avec leurs pieds, l’entoure d’un petit fossé, et y dépose deux fois par an un œuf unique. Le poussin éclôt après un mois d’incubation. Il se différencie des deux autres espèces de flamants (flamant de James et flamant des Andes) par la base de son bec, d’un blanc légèrement rosé, et son œil jaune pâle.

																					

Flamant de James (Phoenicoparrus jamesi)

Le flamant de James (du nom de son découvreur, Henry Berkeley James) est le plus rare et le plus petit des trois espèces de flamants que l’on trouve en Amérique du Sud. Il est facilement identifiable aux stries écarlates autour de son cou, aux délicates et longues plumes rouges qui s’étalent sur le bas de son dos, à ses pattes rouge vif et à son bec, jaune à la base avec une pointe noire moins importante que chez le flamant du Chili et le flamant des Andes. Leurs mœurs sont identiques et il est donc également présent sur l’Altiplano bolivien.

																					

Flamant des Andes (Phoenicoparrus andinus

Relativement rare, lui aussi, comparé au flamant du Chili (il compte 100 000 individus contre 50 000 pour le flamant de James et 500 000 pour celui du Chili), c’est le plus grand des trois, avec 1,10 à 1,20 m de longueur. Il se distingue par l’absence du quatrième doigt, des pieds et des pattes jaunes aux genoux rouges et une petite tache rouge foncé près de l’œil et entre les narines. Son bec est jaune d’or à la base et la pointe noire est plus importante que chez le flamant de James. Ses mœurs sont semblables à celles des deux autres espèces et il cohabite avec elles sur l’Altiplano chilien et bolivien.

																					

Gallinule d’Amérique (Gallinula Galeata)

Noire avec les flancs striés de blanc, la gallinule d’Amérique est facilement identifiable à son bec rouge vif à pointe jaune. Solitaire, elle fréquente les eaux peu profondes mais on la voit aussi  à terre. Elle ne vole que très peu et préfère se déplacer parmi la végétation des points d’eau à la recherche de sa nourriture. Largement répandue dans le pays, on la rencontre entre 300 et 4 600 m d’altitude.

																					

Vanneau téro (Vanellus Chilensis)

Répandu dans toute l’Amérique du Sud, le vanneau téro a pour habitat naturel les bords de rivières et prairies humides d’Argentine, Bolivie, Brésil, au Chili, Colombie, Paraguay et Uruguay. D’une taille de 35 cm, il a de longues pattes utiles pour fouiller la vase à la recherche de petits poissons et arthropodes. Il a le dos gris clair, le ventre blanc, des plumes vert foncé au bout des ailes et des bandes noires sur la tête, les ailes et la queue. Sa tête est surplombée d’une houpette rouge, de la même couleur que ses yeux, son bec et ses pattes. Très bruyant, il se déplace souvent en bande et avertit les autres animaux en cas de visite.

																					

Geai acahé (Cyanocorax chrysops)

Le geai acahé appartient à la famille des corvidés. Il est facilement reconnaissable à sa tête ornée d’une crête de plumes rigides, à son plastron noir qui contraste avec le ventre crème, et à sa nuque bleu clair, comme le dessus et le dessous de l’œil jaune citron. Il n’existe pas de dimorphisme sexuel. Il a un répertoire particulièrement varié, et il est même capable d’imiter le chant d’autres espèces. Oiseau forestier, on le trouve aussi bien en plaine que jusqu’à 2800 m d’altitude en Bolivie.  Il se nourrit d’insectes, de fruits, voire occasionnellement d’oisillons et d’œufs.

																					

Héron flûte-du-soleil (Syrigma sibilatrix)

Voici le plus beau de tous les hérons d’Amérique du Sud, qui doit son nom à son chant flûté: capuchon noir aux longues plumes fines, œil clair cerné de turquoise, bec rose foncé à pointe sombre, joues ambrées, cou jaune paille, ailes et dos gris bleuté, base des rémiges striée de caramel et de noir, ventre blanc… Pour se nourrir, il arpente un territoire – il peut être sec ou humide – qu’il défend ardemment, gobant ici ou là insectes, grenouilles, lézards, voire anguilles, mais il peut rester très longtemps en embuscade, guettant la proie qui passera à portée de son bec. Il construit sommairement son nid, toujours en hauteur, et on peut parfois apercevoir les œufs, de 1 à 4, à travers la délicate dentelle de branchages. Contrairement à d’autres espèces d’oiseaux, la déforestation est bénéfique à son expansion.

																					

Hoazin huppé (Opisthocomus hoazin)

Grand et bel oiseau d’une envergure de 60 cm environ pour un poids de 1 kg, long cou, longue crête ébouriffée et longue queue, œil rouge cerné de peau bleue, plumage gris et roux, cri particulièrement disharmonieux. On peut l’apercevoir perché sur une branche, ses grandes ailes rousses déployées en éventail. Il fréquente les bassins de l’Amazone et de l’Orénoque, jusqu’en Bolivie. L’hoazin huppé est l’oiseau le plus étrange d’Amérique du Sud, cumulant un nombre certain de particularités. 1) La découverte d’un fossile datant de 18 millions d’années fait de lui l’oiseau le plus ancien encore vivant. 2) Sa ressemblance avec les représentations supposées de l’Archæopteryx (150 millions d’années) est étonnante, et on a pensé que l’hoazin était peut-être le chaînon manquant ; les jeunes ont notamment 2 griffes au coude de l’aile, qu’ils perdent en grandissant. 3) Son régime est composé quasi exclusivement de feuilles – fait unique chez les oiseaux –, qu’il emmagasine dans un énorme jabot, véritable fermenteur naturel. Comme chez les ruminants, les bactéries transforment la cellulose, mais parmi les 1500 identifiées, 94 % sont inconnues – ces bactéries sont également responsables de l’odeur très forte qu’il dégage. 4) Ce jabot surdimensionné prend la place du bréchet et des muscles nécessaires au vol, ce qui explique qu’il est un piètre voilier. Etant donné son régime alimentaire exclusif, il est directement concerné par la déforestation. On a créé pour lui un genre unique, celui des Opisthocomiformes, qui comprend donc une seule famille et une seule espèce.

																					

Hocco à face nue (Crax fasciolata)

Drôle d’oiseau que le hocco à face nue, à la crête artistement bouclée et à la longue queue. Le mâle et la femelle diffèrent nettement: l’un a le plumage tout noir avec l’abdomen blanc et le bec jaune à pointe grise, l’autre a des stries très nettes sur le dos, sombre, la poitrine et le haut du ventre, beiges, la crête blanche avec la pointe des boucles noires, le bec anthracite. Du fait de son comportement territorial, c’est un grand communiquant. Il vit en zone boisée avec une préférence pour le bord de l’eau. Son régime est composé à la fois de sauterelles, de grenouilles et de différents invertébrés qu’il chasse au sol, et de 50 % de fruits. Après la nidification, il rassemble sa famille et établit son dortoir dans les arbres.

																					

Ibis à face nue (Phimosus infuscatus)

Cet oiseau au plumage noir mesure environ 45 cm et vit principalement dans les marais et zones inondées, où il peut s’alimenter de d’insectes ou de mollusques. L’ibis à face nue se déplace souvent en petits groupes. Il pond de 3 à 4 œufs incubés une vingtaine de jours.

																					

Ibis mandore (Theristicus caudatus)

L’ibis mandore est un grand oiseau aux couleurs variées. Il a une tête et un cou blanc et ocre et le dos et les flancs noirs alors que son poitrail est plutôt noirâtre. Il émet des cris stridents répétitifs. On le retrouve dans les forêts, les savanes, les marécages et près des lacs.

																					

Ibis de Ridgway (Plegadis ridgwayi)

L’ibis de Ridgway porte deux couleurs dominantes : sa tête et son cou sont châtain cuivré quand le reste du corps se teinte d’un noir profond aux reflets émeraude. On le trouve en haute altitude, entre 2 600 et 5 000 m. Il niche près des lacs et des lagunes où la végétation se fait haute et abondante. Sa particularité est sa technique de pêche : il sonde le fond des lacs de son long bec pointu à la recherche de vers ou de crustacés.

																					

Ibis vert (Mesembrinibis cayennensis)

Très bel ibis, au bec, aux pattes, à l’arrière du cou et aux rémiges vert brillant, d’environ 55 cm de long. L’œil est également cerclé de vert. Il se nourrit de plantes aquatiques, de vers et de petits invertébrés. Il construit un nid en plate-forme dans les hauteurs des forêts inondées. On retrouve cet ibis néotropical sur un large territoire de l’Amérique latine, du Honduras jusqu’en Bolivie.

																					

Jabiru d'Amérique (Jabiru mycteria)

De la famille de la cigogne, le jabiru est un grand oiseau aquatique d’Amérique du Sud, mesurant entre 1,10 et 1,40 m et pesant environ 8 kg, blanc, avec la poitrine, le cou et la tête noirs, une poche extensible rouge à la base du cou et le bec gris. Le mâle est généralement plus grand que la femelle. Il consomme une quantité importante de poissons, mais ne dédaigne pas les serpents, les insectes, les crustacés, voire de petits mammifères. Excellent voilier, il est aussi gracieux en vol que maladroit au sol.

																					

Kamichi à collier (Chauna torquata)

Cet oiseau d’environ 85 cm vit au bord de lagunes, d’estuaires ou de marais. Sa nourriture se compose principalement de plantes aquatiques et éventuellement d’insectes et de petits crustacés. Il construit son nid près de l’eau à l’aide de joncs et d’autres matériaux où sont pondus de 4 à 6 œufs.

																					

Mouette des Andes (Chroicocephalus serranus)

Les mâles adultes sont facilement reconnaissables à leur capuchon noir et à leurs yeux cerclés de blanc. La mouette des Andes se déplace généralement en petits groupes au bord de l’eau, se nourrissant d’insectes. Cette mouette est la seule que l’on rencontre dans les zones montagneuses, près des lagunes et des fleuves, entre 3 000 et 4 500 m d’altitude.

																					

Nandou d'Amérique (Rhea americana)

Le nandou est un oiseau coureur de grande taille, bien que plus petit que l’autruche d’Afrique : il peut mesurer 1,80 m de haut. Ses ailes ne lui permettent pas de voler, mais il les utilise pour maintenir son équilibre pendant la course. Divisé en cinq sous-espèces, il habite toutes les plaines d’Amérique du Sud, du Brésil à la Patagonie, en passant par l’Uruguay, le Gran Chaco au Paraguay et les jungles de Bolivie. C’est un oiseau des steppes qui évite les montagnes et les forêts pour s’établir dans les collines et les plaines. On le trouve habituellement dans les champs et les zones agricoles ouverts, principalement de basse végétation, où il peut faire son nid avec une certaine confiance et manger tout en regardant le danger venir.

Son nom vient du son que produisent les cris du mâle durant la saison des amours. En dehors de cette période, les mâles et les femelles émettent un sifflement, tandis que les petits piaillent comme des dindes. Son alimentation est principalement composée de graminées et d’insectes. Dans les zones agricoles, il se nourrit de luzerne et de dicotylédones et occasionnellement ajoute à son menu de petits rongeurs et des reptiles, ainsi que des feuilles et des fruits. En raison de sa grande taille, le nandou a depuis toujours été apprécié par les cultures autochtones pour sa viande, ses œufs, sa graisse et ses os.

																					

Onoré rayé (Tigrisoma Lineatum)

On l’appelle en anglais héron tigré pour son plumage marbré. Son cou est rouge-acacia et ses ailes grises, tandis que sa gorge arbore des rayures verticales aux couleurs grise, blanche et rouge. Son bec est long, droit et acéré, de couleur jaune à vert à sa base. Son œil est jaune également. On trouve cet étrange oiseau, immobile le jour et très actif la nuit, au bord de l’eau, surtout dans les marais et les lagunes à végétation dense et haute. Il est largement répandu à basse altitude entre 100 et 1 000 m.

																					

Ouette de l'Orénoque (Neochen jubata)

Grande oie colorée, de 60 à 75 cm, au cou et à la poitrine clairs, au dos et aux flancs roux, aux ailes noires. Cet oiseau peu farouche se déplace la plupart du temps en couple plutôt qu’en groupe. L’ouette de l’Orénoque se nourrit de larves de papillons, d’insectes aquatiques et de végétaux. Monogame, elle fait son nid dans les arbres, pondant entre 6 et 10 œufs que seule la femelle couve.

																					

Ouette des Andes (Chloephaga melanoptera)

Grande oie au bec très court, au plumage blanc excepté sur l’arrière-train, noir. On la retrouve généralement  entre 4 000 et 5 000 m d’altitude.  Sa nourriture se compose principalement de végétaux, surtout de plantes aquatiques. L’ouette des Andes pond de 5 à 10 œufs entre novembre et janvier dans un nid défendu par le mâle.

																					

Pénélope de Spix (Penelope jacquacu)

La pénélope de Spix mesure environ 89 cm de moyenne. Elle possède une huppe faite de plumes bordées de blanc tandis que son plumage est de couleur châtain et sa gorge rouge. On la trouve principalement dans des forêts humides tropicales.

																					

Pigeon ramiret (Patagioenas speciosa)

Pigeon d’une trentaine de centimètres, au cou et à la poitrine couverts de taches rappelant des écailles, à l’œil cerclé de rouge et au bec rouge lui aussi, fréquent aux abords des forêts. Il se nourrit principalement de fruits et de graines, et construit son nid dans les fourrés où la femelle pond un unique œuf. A l’instar des autres pigeons, il fend l’air de son vol rapide et puissant.

																					

Râle de Cayenne (Aramides Cajaneus)

Sa tête et son cou sont gris, et le reste du plumage se fait cuivré sur le reste du corps. Ses pattes et son œil sont rouges et son bec, jaune vif. Vivant solitaire ou en couple, cet oiseau craintif peut courir à grande vitesse lorsqu’il se sent menacé. Il ne vole que rarement et vit dans des régions boisées irriguées ou marécageuses. Animal terrestre de petite taille, il se déplace entre les arbustes. Il se nourrit d’invertébrés, de graines et de baies. Il est largement répandu à basse altitude, entre 100 et 1 800 m.

																					

Sarcidiorne à bosse (Sarkidiornis melanotos)

La tête et le cou du sarcidiorne à bosse sont parsemés de tâches noires. Son dos est noir tandis que son ventre est blanc. Il tend à se réunir avec d’autres membres de son espèce afin de voyager sur de longues distances, même s’il se déplace généralement en couple. Il fait son nid dans le creux des arbres pour pondre entre 7 et 14 œufs.

																					

Socori (Cariama cristata)

Le socori est un grand oiseau de 70 cm de hauteur et de 90 cm de longueur, qui court au lieu de voler, même s’il peut prendre son envol sur une courte distance. Il a un long cou, une longue queue et de longues pattes, mais de courtes ailes, reflétant son mode de vie. Il se nourrit d’insectes, de serpents, de lézards, de grenouilles, de jeunes oiseaux et de rongeurs, ainsi que de végétaux. On le trouve dans le sud de la Bolivie, dans le Chaco et dans les départements de Santa Cruz, Tarija et Chuquisaca.

																					

Spatule rosée (Platalea ajaja)

Grand oiseau d’une envergure de 1,25 m, la spatule rosée a un bec plat en forme de spatule mesurant 20 cm. Elle se déplace en groupe, fréquentant les marais et les zones inondables pour se nourrir de petits poissons, de crustacés ou de végétaux. Le mâle et la femelle couvent les œufs à tour de rôle puis les poussins restent quelques semaines au nid où ils sont nourris par les parents.

																					

Talève violacée (Porphyrio Martinicus)

Avec une robe violet éclatant, un dos tirant sur un beau vert nacré et un bec  rouge à pointe jaune, la Talève violacée est un petit oiseau monté sur de longues pattes jaunes. Elle est plutôt solitaire mais il arrive d’en rencontrer plusieurs spécimens du même groupe familial. Vivant surtout dans les marais et les lagunes, elle se déplace en s’agrippant aux branches des arbustes flottants. On la trouve entre 200 et 2 600 m d’altitude, particulièrement dans les régions de La Paz, Santa Cruz, Tarija et Sucre.

																					

Tinamou Isabelle (Rhynchotus rufescens)

Le tinamou Isabelle est un oiseau que l’on trouve dans les forêts et les bosquets. Il vit au sol parmi la végétation basse et émet un petit sifflement. Sa diète consiste en graines, baies et autres insectes. Le mâle s’accouple à plusieurs femelles dont il couve les œufs.

																					

Urubu noir (Coragyps atratus)

On trouve l’urubu noir près des fleuves et particulièrement là où il y a des populations humaines. Il plane moins bien que l’urubu à tête rouge et doit régulièrement exercer des battements d’ailes. C’est un charognard qui se nourrit en bande. Les spécimens de cette espèce menacée de disparition pondent généralement 2 œufs.

																					

Urubu à tête rouge (Cathartes aura)

D’une envergure pouvant atteindre 2 m, l’urubu à tête rouge possède un bec crochu de couleur ivoire qui se distingue de sa tête à la peau rougeâtre. C’est un oiseau sociable qui se retrouve en groupe pour dormir ou s’alimenter. Il est réputé pour pouvoir planer pendant des heures. Le mâle et la femelle alimentent les petits par régurgitation jusqu’à ce que ceux-ci puissent voler de leurs propres ailes.