Ángel Víctor Paz Estenssoro (1907-2001)

Président de la République bolivienne par quatre fois, il profita de ses mandats pour moderniser le pays.

Ángel Víctor Paz Estenssoro était un homme politique bolivien, président de la République à quatre reprises. Son rôle dans les transformations radicales qu’a connues le pays fut majeur. Reçu avocat en 1927, il devient rédacteur à la Chambre des députés deux ans plus tard. Il combat également contre le Paraguay durant la guerre du Chaco. Elu député en 1937, il devient rapidement l’un des personnages les plus influents du pays, dirigeant l’opposition au gouvernement.
Il est l’un des fondateurs du MNR (Mouvement nationaliste révolutionnaire) en 1942, aux côtés d’autres hommes politiques et d’intellectuels boliviens. Il est notamment président du Parti sans interruption entre 1942 et 1990. Ministre à plusieurs reprises, il mène un coup d’Etat en décembre 1943 contre le général Mayer, devenant ainsi l’un des piliers du gouvernement Villaroel. A la chute de ce dernier, il doit partir en exil à Buenos Aires, où il séjourne de 1946 à 1952.

Instigateur de la révolution bolivienne de 1952, il est alors élu président de la République. Il lance quatre réformes fondamentales : la nationalisation des mines d’étain, la réforme agraire, le suffrage universel et la réforme éducative. Son mandat terminé, il devient ambassadeur de Bolivie au Royaume-Uni de 1956 à 1960, avant de revenir à la présidence jusqu’au coup d’Etat de son vice-président, Ortuño, en 1964.

Il doit alors s’exiler au Pérou, où il va travailler à l’Université nationale d’ingénierie, puis retourne en Bolivie lors du coup d’Etat du colonel Banzer Suárez de 1971, appuyé par le MNR. En contradiction avec ce dernier, il est à nouveau voué à l’exil jusqu’à son retour en 1978, année où il va se présenter à l’élection présidentielle, sans succès. Il fait partie de l’opposition jusqu’en 1985 et son quatrième mandat de Président. Il impulse alors une série de politiques économiques néolibérales, prenant certaines mesures drastiques envers les travailleurs, lors de la crise de l’étain notamment. Il se retire de la vie politique en 1990.