Pedro Domingo Murillo (1757-1810)

Pedro Domingo Murillo est l’un des personnages les plus importants de l’histoire de l’indépendance bolivienne.

Né à La Paz en 1757, Pedro Domingo Murillo est considéré comme l’un des précurseurs de l’indépendance de la Bolivie. Etudiant le droit à l’université San Francisco Xavier de La Paz, il se distingue par sa bravoure lors de la campagne contre le rebelle Túpac Katari, au cours de laquelle il est nommé lieutenant de milice. Lorsque son père meurt en 1785, ce dernier laisse toute sa fortune à Murillo et ses enfants. Cet état de fait est contesté par l’une des sœurs du défunt, mais Murillo gagne facilement le procès qui s’ensuit. On découvre par la suite qu’il avait falsifié son titre d’avocat, et il perd donc le procès. Déclaré coupable, il doit fuir les autorités, puis fini par être acquitté.

En 1805, il forme un groupe de conspirateurs contre le gouvernement espagnol, pour préparer une révolution. Pris par les autorités puis absous de nouveau, il retourne à ses idéaux de liberté avec plus d’enthousiasme encore. Il dirige un groupe de patriotes en 1809, qui se soulève le 25 mai lors de la révolution de Chuquisaca (ancien nom de Sucre) contre le gouverneur de la Ville, prélude à un mouvement indépendantiste national. Profitant d’une procession religieuse et de la permission des troupes, Domingo Murillo et ses lieutenants s’emparent de la caserne, et réunissent la population au cabildo.

La Junta Tuitiva de los Derrechos del Pueblo est déclarée en juillet dans la ville de La Paz. Les royalistes envoient des troupes afin de réprimer le soulèvement, mais, investies par de nombreux créoles, elles ne souhaitent pas vraiment intervenir pour réprimer ce mouvement patriotique. Le 22 juillet, le plan de gobierno devient le premier statut constitutionnel du continent; avec notamment la déclaration d’indépendance des terres du Haut-Pérou sur le vice-royaume de La Plata.
Vaincu à la bataille de Chacaltaya en octobre 1809 durant laquelle il affronte les 5 000 hommes envoyés depuis Puno par les représentants espagnols, Murillo se retire dans les montagnes, mais est rapidement fait prisonnier et amené à La Paz. Il réussit à s’échapper mais est repris et condamné à mort le 29 janvier 1810. Il aurait alors prononcé la phrase suivante : « Compatriotes, je meurs, mais la torche que j’ai allumée, personne ne pourra l’éteindre, vive la liberté ! »

Chaque année, le 16 juillet, la ville de La Paz rend hommage à Pedro Domingo Murillo, en ravivant la torche, symbole de liberté, dans sa maison puis en défilant, torche à la main.