Les Guaranis en Bolivie

Le peuple Guarani s’étend sur une large région, de la Bolivie au Paraguay, en passant par l’Argentine, l’Uruguay et le Brésil.

Les Guaranis en Bolivie

Quand ils arrivèrent en Amérique du Sud au début du XVIe siècle par le rio de la Plata, puis en remontant le fleuve Paraguay, les colons espagnols trouvèrent des terres d’une fertilité incroyable. Celles-ci étaient depuis des siècles le territoire d’un peuple guerrier qui répondait au nom d’Avá (l’Homme). Ils furent appelés de bien d’autres manières par ceux qui les rencontrèrent, jusqu’à ce qu’on les reconnaisse comme les Guaranis. Ces derniers étaient établis dans différentes régions amazoniennes du continent sud-américain, particulièrement au Paraguay, à l’est de la Bolivie, au nord-est de l’Argentine, au sud du Brésil et en Uruguay.

Habitant historiquement dans des régions où les sols connaissaient une érosion rapide, les Guaranis devaient migrer régulièrement, environ tous les cinq ou six ans, ce qui les conduisait donc à se diviser en petits groupes avant l’arrivée des Européens. Habitant des régions chaudes et humides, les Guaranis vivaient nus, cultivant du maïs et du manioc, avec lesquels ils fabriquaient notamment une boisson fermentée, la chicha. Ils découvrirent une herbe qui devint très populaire en Argentine et en Uruguay, le maté, qu’ils mâchaient ou laissaient infuser.

																					
Des Guaranis à Aguas Calientes, en Bolivie

Le mot Tekoha correspond aux terres ancestrales du peuple guarani. Ce n’est pas simplement leur territoire ou leur terrain de chasse, c’est aussi l’endroit où la culture guaranie s’est construite et formée, ce qui explique son importance. Teko recouvre différents sens pour les Guaranis : la manière d’être, le système, la loi mais aussi la culture, la norme, le comportement ou encore la tradition. Un Tekoha est formé d’une famille étendue qui est à la fois une cellule sociale, politique et économique; c’est un territoire autonome, le noyau principal de la société guarani auquel chacun appartient et s’identifie.

Les Guaranis ont souffert de la conquête espagnole, notamment à cause de la spoliation de leurs terres, mais aussi de virus inconnus qui se propagèrent et décimèrent les populations locales. La situation des populations guarani reste aujourd’hui délicate. En effet, ils ne possèdent pas de territoire propre et sont bien souvent victimes de violences, parfois même de la part des autorités étatiques. Comme beaucoup de peuples amérindiens, les Guaranis ont un grand respect pour la terre et leur environnement, et sont étrangers à la conception occidentale de la propriété privée. La plupart de leurs terres ont déjà été confisquées pour faire place à des fermes d’élevage, des plantations de soja ou de canne à sucre, voire des exploitations pétrolières. La situation du peuple guarani est ainsi l’une des plus inquiétantes que connaissent aujourd’hui les indiens d’Amérique.

La langue guarani est parlée par plus de 8 millions de personnes, essentiellement au Paraguay. Elle a dans ce dernier un statut de langue officielle au côté de l’espagnol depuis 1992, et depuis la nouvelle Constitution du 26 janvier 2009 mise en place par le président d’origine Aymara Evo Morales, elle est reconnue comme langue officielle de la Bolivie, avec l’espagnol et 33 autres langues autochtones.