Les Tacanas, en Amazonie bolivienne

La culture tacana d’Amazonie bolivienne remonte à l’époque pré-inca, durant laquelle les Tacanas étaient une tribu nomade. Ils s’établirent au nord de La Paz et luttent aujourd’hui pour la sauvegarde de leur territoire.

Enfants Tacanas en Amazonie bolivienne

La culture tacana d’Amazonie bolivienne remonte à l’époque pré-inca, durant laquelle les Tacanas étaient une tribu nomade, vivant de la chasse et de la richesse naturelle de leur territoire. Ils s’établirent au nord de La Paz, entre les fleuves Beni, Madre de Dios, Madidi et Tuichi, puis leur territoire s’étendit jusqu’aux frontières limitrophes du Pérou et du Brésil. Ils possèdent leur propre langue – le tacana- qui se décline encore actuellement en quatre ou cinq dialectes différents.
Sous l’Empire Inca, les Tacanas vécurent du commerce entre les Andes et les peuples d’Amazonie, en pratiquant parfois le troc. Ils vendaient des peaux ainsi que des plumes d’animaux exotiques, des fruits et des remèdes naturels. Ils furent protégés des Incas par leur territoire particulièrement boisé. Malgré trois tentatives, ces derniers ne réussirent pas à conquérir le territoire Tacana ni celui des autres tribus amazoniennes.

																					
Femme tacana en Amazonie bolivienne

Puis, les colons espagnols envoyèrent une vingtaine d’expéditions dans la forêt amazonienne afin de trouver la fameuse Cité d’Or, El Dorado. Le premier document enregistré mentionnant les Tacanas provient des registres de voyage d’une expédition en 1539, au large des fleuves Beni et Tuichi. Les Tacanas décidèrent d’entretenir des relations pacifiques avec les Espagnols, notamment en faisant le commerce du chocolat, ce qui leur servit à maintenir un certain contrôle de leur territoire et leur permit de vivre en paix sur leurs terres – élément primordial à leurs yeux.

Homme Tacana en Amazonie bolivienne

Après de longues années sous le joug espagnol, les Tacanas ainsi que le reste de la Bolivie obtinrent leur indépendance en 1825. Le peuple Tacana continua à commercer avec les plus grandes villes des Andes, jusque dans les années 1800, période à laquelle la Bolivie démarra l’exploitation de la fibre de caoutchouc. La croissance de la demande mondiale influença grandement le gouvernement bolivien, qui concéda 600 000 ha pour son exploitation, alors que ce territoire appartenait au peuple Tacana. La forte demande de main-d’œuvre obligea les Tacanas ainsi que d’autres peuples d’Amazonie à travailler dans des conditions proches de l’esclavage.
Au XXe siècle, les Tacanas affrontèrent plusieurs situations difficiles, comme le saccage de leur forêt ainsi que le pillage d’autres matières premières, ce qui réduisit considérablement la richesse naturelle de leur territoire. A partir des années 1990, ils créèrent le Conseil pour les peuples indigènes Tacana (CIPTA), qui leur permit d’acquérir peu à peu la reconnaissance du pouvoir politique. Cette initiative, visant à défendre leur culture et leur territoire, porta finalement ses fruits puisqu’ils récupérèrent une grande partie de ce dernier en 2003.