La situation politique actuelle de la Bolivie

La Bolivie est gouvernée depuis 2006 par Evo Morales, premier chef d’Etat d’origine indienne du pays.

Palais présidentiel à La Paz

En accord avec la Constitution de 1995, la Bolivie est une démocratie présidentielle avec un Parlement bicaméral. Evo Morales, d’origine aymara, a été élu en décembre 2005 avec la majorité absolue, ce qui a fait de lui le premier Président d’origine indienne du pays, et l’un des tout premiers du continent à se revendiquer comme tel.

Ce fils de paysans, syndicaliste de longue date et cocalero (producteur de coca), a gagné la sympathie d’une partie de la population grâce à des objectifs ambitieux, notamment la lutte contre la pauvreté et la corruption, l’intégration des peuples indigènes et la pleine égalité dans la société bolivienne.

																					
Une école en Bolivie

Depuis le début de son mandat, Morales a atteint des résultats dans ces domaines, en s’attaquant particulièrement à l’analphabétisme. Concernant la politique extérieure, la Bolivie cherche à rester en bons termes avec ses voisins et le reste du monde, notamment en raison de sa position centrale en Amérique latine et de sa population relativement faible. Bien que, par le passé, les efforts politiques se soient centrés sur le maintien de bonnes relations avec les Etats-Unis, l’élection d’Evo Morales à la présidence a changé le cours des choses. Le pays s’est notamment rapproché du Venezuela d’Hugo Chávez et de Cuba.

Mais malgré des discours assez extrémistes et une politique de nationalisation à grande échelle, dans les faits le président bolivien mène une politique économique bien plus modérée. Et les chiffres lui donnent raison : même si les inégalités restent criantes et que le département de Santa Cruz, poumon économique du pays notamment grâce à ses hydrocarbures, cherche à obtenir son autonomie, l’économie bolivienne traverse une bonne période. Evo Morales a été réélu triomphalement le 6 décembre 2009 avec plus de 63 % des voix.

La Bolivie revendique l’accès à la mer

Les relations de la Bolivie avec ses voisins d’Amérique du Sud n’ont pas toujours été très cordiales. Pendant des années, les rapports avec le Pérou et le Chili sont restés très tendus : cette hostilité remonte à la guerre du Pacifique de 1879-1883, lors de laquelle la Bolivie a perdu une partie de son territoire à l’ouest et avec elle son accès à la mer. Même si la situation s’est améliorée entre les trois pays, la Bolivie réclame toujours un accès à la mer, refusée par le Chili et le Pérou, et le sujet reste sensible. Tous les 23 mars, à La Paz, on célèbre d’ailleurs le jour de la Mer, en mémoire de cette province maritime perdue (Antofagasta) lors de la guerre du Pacifique.

																					
Evo Morales, Président de la Bolivie

Concernant le Brésil : la Bolivie perdit des terres au nord suite à la guerre de l’Acre qui opposa les deux pays au début du XIXe siècle, mais le climat s’est depuis détendu et les relations, notamment économiques, sont bonnes. Enfin, plus récemment la Bolivie perdit une partie de son territoire à l’est lors de la guerre du Chaco qui la vit s’affronter au Paraguay dans les années 1930 : mais là encore les relations entre les deux pays sont redevenues cordiales. La Bolivie est membre de la Communauté andine des nations (CAN) et est associée au Mercosur.

Les rapports avec l’Union européenne sont entretenus avec attention et un intérêt de coopération mutuelle existe entre les deux parties. Notamment, depuis 2007, la Communauté andine et l’UE évoquent régulièrement un possible accord d’association.