Les expéditions liées à la Bolivie

Plusieurs expéditions ont tenté de prouver que les premiers Indiens natifs ont pu voyager par voie maritime.

Expédition Viracocha

Viracocha est la divinité tutélaire « créatrice de toutes choses », dans la cosmovision des Incas. Il surgit du lac Titicaca alors que le monde n’était que ténèbres,  et lui apporta la lumière. Il créa ainsi le Soleil, le jour, la Lune et les étoiles. Il  fit ensuite surgir de la pierre  des hommes, des femmes et des enfants pour peupler cet univers désormais lumineux. Il ajouta des chefs, et établit des lois que l’humanité allait devoir respecter et faire appliquer. Un jour, il  parvint à la côte et s’en fut sur  l’océan, marchant sur les eaux du Pacifique, puis disparut à l’horizon pour ne jamais revenir.

En 2000, l’Américain Phil Buck s’inspira de cette légende, et baptisa le bateau avec lequel il partit en expédition sur l’océan Pacifique: Viracocha. Son objectif était,  en partant de la ville d’Arica au Chili, de rejoindre l’île de Pâques  à 3 500 km de là,  sur une embarcation faite de roseaux. Il voulait ainsi prouver que les populations pré-antiques avaient pu traverser les océans  et donc que la communication entre elles était possible. Phil Buck réussit son pari et l’équipage parcourut la distance en quarante-quatre jours.

 

																					

Expédition Abora

Le terme Abora est le nom du bateau utilisé par l’expédition menée en 2002 par l’équipe du chercheur allemand Dominique Goerlitz. Comme l’expédition Viracocha, son but était de prouver que les civilisations anciennes pouvaient voyager sur les hautes mers et auraient ainsi pu communiquer entre elles. Cette équipe a donc tenté d’entreprendre un tel périple sur une embarcation de type préhistorique, telles qu’on peut en voir sur certains hiéroglyphes égyptiens.

Ce bateau fait de roseaux assemblés fut construit par des indiens aymaras de Bolivie, qui utilisent eux-mêmes ce genre d’embarcation encore aujourd’hui, notamment sur le lac Titicaca. Le roseau coupé au mois d’août s’avère être très résistant pour construire de tels bateaux, qui peuvent alors flotter et absorber l’eau pendant de nombreux jours.
L’objectif était de réaliser 450 milles nautiques entre l’Egypte, le Liban et Chypre, afin de démontrer que les civilisations anciennes avaient le potentiel technique pour parcourir de longues distances par voie maritime.

Cette expédition fut inspirée par celle de l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl qui traversa le Pacifique sur une embarcation similaire en 1947. Appelée Tigris, celle-ci permit à Heyerdahl et son équipe de parcourir 6.800 km sur l’océan indien (Voir ci-dessous).

																					

Expédition Ton-Tiki

L’expédition du Kon-Tiki fut montée par l’explorateur norvégien Thor Heyerdahl en 1947. Celui-ci traversa l’océan Pacifique avec 5 autres personnes, depuis Callao au Pérou jusqu’à l’archipel polynésien des Tuamotu. Cette embarcation fut construite à partir de troncs de balsa et propulsée par une voile, tel que cela aurait pu être le cas à l’époque des Incas.

L’objet de cette expédition était de vérifier les capacités en haute mer des embarcations sud-américaines de type radeaux, et d’étudier s’il avait été possible pour les indiens natifs d’Amérique du Sud de rejoindre les îles du Pacifique. Avec la coopération des autorités péruviennes, les membres de l’expédition construisirent l’embarcation sur le modèle de celles utilisées par les indiens des côtes du Pérou et d’Equateur, à l’époque où les premiers colons espagnols arrivèrent à cet endroit. De larges radeaux avaient en effet été aperçus et décris par les pionniers qui conquirent ce territoire au XVIe siècle.

Après 101 jours de voyage et 6.000 km parcourus, l’équipage prouva qu’il était possible de traverser le Pacifique à l’aide d’une embarcation de ce type. Et même s’ils finirent échoués, ils arrivèrent jusqu’en Polynésie Française, plus précisément sur l’île de Raroia.