L’architecture en Bolivie durant l’époque coloniale : de la cabane métisse à la maison avec galerie de bois

L’architecture bolivienne fut influencée par différents styles, dont le style colonial

La cabane métisse ou Pahuichi (1595 - 1975)

Pahuichi est le style architectural dominant tout au long de la période coloniale. Cette habitation est un hybride entre la cabane rurale péninsulaire et l’architecture indigène. Ce modèle, éphémère et facile à réaliser, est construit avec des matériaux à peine élaborés : des feuilles de palmiers tissées, installées sur une armature en bois avec pignon, couvrent une habitation avec une galerie à l’avant.

En plus de caractériser l’architecture rurale, il définit aussi l’image urbaine de la région de Santa Cruz jusqu’au XIXe siècle. Néanmoins, à la fin des années 1960, on pouvait à peine identifier quelques pahuichis dans l’aire urbaine, et ils disparurent presque totalement vers 1975. Les avantages (économique, écologique et facile à construire) de ce type d’habitation furent reconnus par l’architecture moderne récréationnelle, qui l’a ainsi récupéré pour en faire des restaurants ou des clubs sportifs.

																					

L'architecture baroque métisse

Durant la colonisation, des édifices religieux furent construits (églises, couvents), mais aussi des constructions civiles (mairies, palais, habitations) et industrielles. Beaucoup de ces édifices faits de pierre sont encore aujourd’hui conservés. A noter que les temples construits au XVIe et XVIIe siècles avaient en général un style renaissance.

Au XVIIIe, le style baroque s’implante, caractérisé par l’abondance d’ornements en spirale ou en escargot, l’utilisation de la ligne courbe et l’introduction d’éléments mythologiques dans la décoration. Ce style fut à l’origine du baroque métis, dans lequel on retrouve des principes du style baroque avec des éléments plus locaux comme des végétaux ou des animaux.

Un exemple notable de ce style est la porte de l’église de San Lorenzo de Potosí. Entre autres références locales, des cariatides (statue de femme servant à supporter une corniche) sont ici converties en indigènes, ou en sirènes jouant du charango. A l’entrée de Santo Domingo de La Paz ont été sculptés des perroquets, dans l’église de Tiwanaku des singes, et à Sica Sica des « hommes verts vomissant la végétation ».

Le style baroque métis, que l’on retrouve en Bolivie et au Pérou, est l’expression la plus aboutie du métissage culturel des Andes. Dans de nombreux cas, ce furent les commerçants, enrichis par leurs activités, qui passèrent commande aux sculpteurs, artisans indigènes et métisses, qui se chargèrent de la réalisation de ces œuvres.

																					

La maison compacte (1750 - 1830)

Cette unité massive coïncide avec une situation plus stable de l’établissement colonial qui s’oriente définitivement vers la production agricole, et assoit les bases technologiques pour de nouveaux modèles bien plus élaborés. Elle est composée de rangées continues d’habitation formant des cours entre elles. Les murs peuvent être faits d’adobe, mais plus généralement d’armatures en bois. La plupart de ces habitations étaient recouvertes de troncs de palmiers se chevauchant.

Quelques exemplaires des constructions de ce style avaient deux étages, caractérisées par un balcon en porte-à-faux au niveau supérieur. Les murs porteurs sont alors faits d’adobe et supportent des poutres, en surplomb desquelles se construit le balcon qui relie les habitations du niveau supérieur.