L’architecture en Bolivie : styles post-colonial et moderne

Après l’indépendance, l’architecture bolivienne fut influencée par le style post-colonial puis moderne.

La maison avec galerie de bois (1767 - 1916)

Ces habitations avec une galerie extérieure en bois correspondent à une société qui avait déjà plusieurs décennies d’activités dans la production agricole et le bétail, et qui s’intéressait à la construction d’un environnement plus élaboré. Aux volumes massifs de structures boisées et de murs de briques furent ajoutés des couloirs couverts jusqu’à la rue et vers le patio intérieur, maintenant l’organisation en rangées continues formant de petites cours. Les colonnes et chapiteaux de bois étaient travaillés avec des détails végétaux stylisés, et étaient peints avec des couleurs faites de résines naturelles.

La continuité de ces habitations va nettement améliorer l’image urbaine. La galerie extérieure continue est comme un espace de transition avec la rue. Ses avantages notables (notamment la protection contre le soleil et la pluie) contribuent aussi à sa consolidation comme le type d’habitation dominant et qui va vers le milieu du XIXe siècle définir l’image du centre de la ville.

Néoclassique Tropical (1839 – 1920)

Au milieu du XIXe siècle les galeries extérieures de bois sont remplacées par des colonnes de briques adobes qui reproduisent le style toscan. Tout d’abord, les larges entrecolonnements vont rester, correspondant à la longueur des poutres en bois qui continuèrent à supporter les poutres. Puis lentement, ces entrecolonnements de bois sont remplacés par des arcs semi-circulaires abaissés et construits avec des briques. Ceci achève de modifier technologiquement la colonnade. Au même moment les murs commencent à être levés avec des adobes et finalement avec des briques et de la chaux.

L’espace entre les colonnes se réduit, et la transparence du couloir traditionnel se voit sérieusement affectée, altérant l’idée de communication de cette espace de transition. Enfin, le volume est couronné d’un parapet cachant le toit, donnant de l’élégance à l’édifice. Avec des étages, il existe trois options : le second corps peut répèter la galerie du bas, se limiter à un secteur, ou simplement fermer sans galerie.

																					

L'éclectisme (1892 - 1937)

Ce style est morphologiquement caractérisé par une logique fachadista (de façade) et par l’élimination de la galerie extérieure et du rapport historique à la rue. On reconnaît des éléments de l’Art Nouveau, mais qui ne parviennent toutefois pas à déterminer une tendance. La logique fachadista de cette architecture se reconnaît au fait que dans les patios intérieurs se maintient le style toscan avec des galeries d’une part, ainsi que l’organisation des étages en ligne traditionnelle d’autre part. Ce style hiérarchisa les œuvres isolées, apportant de la continuité dans la ligne de construction.

Le style néocolonial (1938 – 1950)

Ce style correspond à la récupération d’une certaine architecture coloniale hispano-américaine liée à une nostalgie du passé. Dans la pratique, ce style néocolonial suppose une application décorative superficielle par rapport aux styles modernes, et certains le voient comme une expression du style éclectique. Cette architecture n’a pas eu d’effet postérieur significatif, sauf pour l’ensemble d’habitations du Barrio Bancario à Santa Cruz, coïncidant avec le surgissement du mouvement moderne.

Le Mouvement Moderne (1957 – 2000)

L’adoption des tendances architecturales du Mouvement Moderne, principalement du rationalisme fonctionnaliste et formaliste, coïncide avec le processus d’intégration de la ville avec le reste du pays ainsi qu’avec les pays voisins, principalement l’Argentine et le Brésil. Ce mouvement débute avec la construction de l’Université Gabriel René Moreno (1939 – 1941), qui présentait en fait un style Art déco simplifié. Les organisations fonctionnelles sont alors toujours traditionnelles et les volumes sont revêtis d’élévations dépourvues de décorations ou de galeries.

De nouveaux matériaux sont testés (briques en céramiques, tubes de ciments ou d’acier, mosaïques et béton armé), et on incorpore des éléments et des espaces fonctionnels méconnus jusqu’alors (cheminées, cuisine ouverte, garage…). Le fonctionnalisme et le formalisme, les deux tendances les plus fortes du rationalisme, ont trouvé à Santa Cruz un lieu propice à leur développement. L’architecture moderne, en mettant l’accent sur l’habitation isolée, a défini divers quartiers résidentiels.

																					

L'architecture aymara

L’architecture aymara, ou néo-andine est un nouveau phénomène lancé par le self made man local Freddy Mamani. Communément surnommés « cholets » en mêlant chalet à « cholo » (Bolivien d’origine indienne), ces édifices sont très en vogue dans la nouvelle classe moyenne aymara de La Paz. Le quartier El Alto, qui surplombe la capitale la plus haute du monde avec ses 4.000 m d’altitude, se pare ainsi de dégradés de couleurs vives en et formes très fantaisistes. En général, le rez de chaussé est réservé aux locaux commerciaux, les premiers étages à d’immenses salles de bal et de réception, et les derniers étages à des logements.  On ne sait plus où donner de la tête dans ce foisonnement d’ornements tape à l’œil, les murs totalement recouverts de fresques aux motifs indigènes revisités dans le goût futuriste, éclairés de lustres massifs ou de centaines de diodes.

											https://www.bolivia-excepcion.com/regions-bolivie/architecture-aymara										
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