Les tissus ou tejidos de Bolivie

L’art ancestral du tissage en Bolivie est bien plus qu’un simple artisanat, comme le prouve la symbolique des splendides aguayos.

L’activité du tissage débuta avec les civilisations préincaïques comme celle de Tiwanaku. Les vêtements représentaient les dieux et l’origine du lignage, et ce n’était donc pas seulement un artisanat, mais bien un art, une pratique ethnique et une forme d’expression.
Des tejidos de l’Altiplano

Le plus connu de ces tissus est celui qu’on appelle aguayo, tissé artisanalement par les habitants de l’Altiplano. Naturellement coloré, il est composé de laine de lama ou d’alpaga, parfois de mouton. Les aguayos de chaque région de l’Altiplano, du nord de La Paz en passant par Cochabamba ou Potosí, possède ses propres spécificités. Ces grands carrés d’étoffe reprennent une symbolique culturelle ou l’histoire d’une population, ce qui explique les différences de couleurs et de motifs entre chaque territoire. Il est dit qu’ils sont comme des livres pour ceux qui savent les lire.

Alors que ce sont les hommes qui l’utilisaient principalement auparavant, ce sont aujourd’hui les femmes qui portent cette étoffe. Sa fonction principale reste le port des bébés sur le dos, même s’ils peuvent parfois servir de tapis.

																					
Une tisseuse à San José de Chiquitos

On trouve aujourd’hui certains aguayos synthétiques. Fabriqués en usine, ils ne sont pas artisanaux ou traditionnels, mais sont évidemment moins chers. Les plus beaux aguayos de Bolivie sont ceux que l’on appelle jalq’a, sur lesquels on retrouve de nombreuses figures d’animaux sauvages. Ceux de Calcha (Potosí), considérés comme les plus beaux du pays, sont de couleur noire, mêlé de blanc, de vert et de rouge, et caractérisés par des losanges et des crochets. L’étoffe d’Amarete (La Paz) est quant à elle majoritairement  rouge et  ne comprend pas de motifs humains ou animaliers.

Marché de Punata, Cochabamba

On peut tisser l’aguayo de  plusieurs façons: verticalement, à la ceinture (dans ce cas une extrémité est attachée  par exemple à un arbre et l’autre à la ceinture de la tisseuse), horizontalement, oblique ou rustique. Toutes ces différences de conception, de décoration, de lieu de fabrication expliquent la diversité d’aguayos qui existe aujourd’hui.

Menacé de disparition pendant un temps, notamment lorsque les touristes achetaient des pièces à des prix dérisoires, l’artisanat textile de Bolivie est depuis porté par différents projets, comme le commerce équitable, qui permettent de le protéger en tant qu’art à part entière, tout en assurant son commerce et la survie de la tradition.