Coiffes et coiffures traditionnelles de Bolivie

Entre bombín, joq’Ullu et montera, retour sur trois coiffes typiquement boliviennes.

Les tresses et tullmas

La chola bolivienne ne saurait être complète sans ses sempiternelles longues tresses, ornées de dentelle, parfois de couleur mais le plus souvent noire, souvent au nombre de deux, rejointes à la pointe dans une attache toute particulière, le tullma en langue quechua.

Avant l’arrivée des colons espagnols, cet accessoire était tissé traditionnellement dans la laine d’alpaga, de vigogne ou de lama. Ils étaient alors teints de couleur naturelle, mais l’époque moderne vit arriver les teintures plus vives qui variaient en fonction des régions. Les Cochabambinas, par exemple, arborent un tullma orangé à rouge, quand les femmes aymaras des rives du lac Titicaca préfèrent de petits pompons de couleur.

																					
Montera en cuir

Montera en cuir

Ce chapeau, d’origine quechua, est une coiffe traditionnelle de la campagne bolivienne. C’est une sorte de casque en cuir en forme de cloche, qui descend largement sur les oreilles et laisse le front découvert. Il est surtout porté par les hommes et ressemble fortement au casque de fer que portaient les colons espagnols lors de leur conquête de l’Amérique du Sud. Les Quechuas se sont approprié la forme de cette coiffe pour en faire un élément de leur folklore local. La plupart du temps noir, il est souvent orné de tissus colorés ou bien de fleurs.

Le bombín, le borsalino à la bolivienne

Ce sont les frères Bowler qui, en 1849, inventèrent ce petit chapeau de feutre rond – appelé ici bombín – à la demande de l’armée britannique. En toile rigide, il servait à protéger la tête des gardes-chasse contre les branches les plus basses lorsqu’ils étaient en forêt. Porté avec brio par Charlie Chaplin et avec malice par Butch Cassidy, représenté par Magritte dans son célèbre tableau Le Fils de l’homme, le Bowler hat (« chapeau melon ») sortit très vite du domaine des gardes-chasse pour vivre un grand succès dans l’univers de la mode des années cinquante.Intermédiaire entre l’aspect sophistiqué du haut-de-forme et l’humilité des chapeaux de paysans, le bombín a d’abord été porté par les hommes. Présent dans les valises des cheminots britanniques dans les années 1920, il conquit les Boliviens mais aussi les femmes aymaras et quechuas. L’image de la femme bolivienne, ce petit chapeau melon planté sur la tête, nous est désormais familière. Le bombín devint alors le chapeau préféré de toute l’Amérique, devant celui du cow-boy et le sombrero mexicain. Au cours du XXe siècle, sa taille diminua et il s’appela Borsalino, du nom de l’usine italienne qui le fabriquait et qui fournit la clientèle bolivienne jusqu’à ce que l’industrie locale prenne le relai.

Largement récupéré dans la mode féminine aujourd’hui, il est devenu un accessoire classique en Bolivie, qui peut différer d’une région à l’autre au niveau des couleurs, des formes ou des matières. La légende raconte qu’un commerçant qui vendait à pertes ses chapeaux aux hommes les proposa aux femmes en leur assurant qu’ils leur apporteraient une grande fertilité.

Si les Boliviennes arborent le bombín depuis près d’un siècle, c’est aussi parce qu’il est chargé en signification. Il représente désormais l’autorité et impose un respect indiscutable souvent lié à l’âge. Ici encore, les Boliviens ont récupéré un accessoire d’origine coloniale et l’ont intégré dans leur propre culture.

																					
Le joq’Ullu bolivien

Le joq’Ullu

Joq’Ullu est le nom de ce chapeau féminin qui reprend l’allure du haut-de-forme, noir et orné de perles et de tissus bariolés, avec sur le dessus un pompon. Il remplit une fonction sociale : les femmes célibataires le portent légèrement sur le côté et les mariées descendu sur le front.