Les principales exploitations minières de Bolivie

Mine d’Oruro

L’activité minière en Bolivie

L’exploitation minière est la seconde industrie d’extraction de Bolivie, après les hydrocarbures, mais elle a subi une grave crise dans les années 1980, consécutive à la baisse du prix des minerais sur les marchés mondiaux. Le pays reste néanmoins l’un des principaux producteurs d’étain, mais l’on trouve aussi des pierres précieuses utilisées en joaillerie, dont l’amétrine (appelée à tort bolivianita), contraction d’améthyste et de citrine, qui, mélangeant jaunes et violets profonds, est la plus recherchée. Les richesses minières se concentrent surtout à l’ouest dans les départements de Potosí, La Paz et Oruro où l’on trouve de l’étain (4e producteur mondial), de l’argent (11e producteur mondial), du cuivre, du tungstène, de l’antimoine et du zinc.

Les principaux gisements de fer et d’or se trouvent dans les régions orientales de Santa Cruz et Beni. Les gemmes telles que l’amétrine, l’ayoreita, l’anahita et l’améthyste proviennent des basses terres tropicales. La Bolivie possède également la mine d’argent à ciel ouvert la plus grande du monde encore en exploitation, ainsi que le troisième gisement de fer et de manganèse au monde. Cependant, on estime que seulement 15% des ressources du territoire bolivien on été exploitées à ce jour.

Enfin, le boom attendu de la demande de lithium, composant des batteries électriques, devrait bénéficier à la Bolivie, puisque sous le salar d’Uyuni se trouvent en effet les plus grandes réserves mondiales du métal alcalin.

Exploitation minière de Potosi

La mine de Potosí

Fondée en 1545 par les Espagnols au pied du Cerro Rico, la ville de Potosí, située à plus de 4 000 m d’altitude, est célèbre pour ses mines. Les colons découvrirent très facilement de l’argent et se rendirent compte du potentiel minier de l’endroit. D’une pureté extrême au commencement de l’exploitation, l’argent extrait ne nécessitait aucun traitement. Le Cerro Rico devint rapidement la plus grande mine d’argent de l’histoire, faisant la fortune de la couronne espagnole et le malheur des milliers d’Indiens et d’esclaves africains exploités dans ces mines immenses. La ville, l’une des plus importantes et des plus prospères au monde, compta jusqu’à 200 000 habitants. Riche de ses rues piétonnes et de son architecture coloniale, elle témoigne aujourd’hui d’un passé prospère, tandis que les mines racontent l’histoire sordide de cette période d’exploitation des esclaves. Potosí est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1987.

																					
Mineurs de Potolo

Le Cerro Rico est désormais traversé par 5 000 galeries, toutes reliées entre elles, qui forment de complexes labyrinthes. Actuellement, il compte environ 200 mines pouvant atteindre jusqu’ à 450 m de profondeur. La mine Pailaviri (4 200 m), propriété de COMIBOL, est la plus ancienne, et son exploitation n’a jamais cessé depuis 1545. Près de 10 000 personnes travaillent encore dans ces mines à extraire essentiellement du zinc ou de l’étain. En échange de quelques cadeaux aux mineurs et à la divinité protectrice des montagnes, el Tio, il est possible de visiter le dédale des galeries afin de se rendre compte de leurs difficiles conditions d’exploitation. Les mineurs, eux, vous offriront un verre de Ceibol, l’alcool local à 96° !

Vue sur la mine de San Cristóbal

La mine de San Cristóbal

San Cristóbal est un district minier situé dans la région du Lipez (Potosí) où l’on extrait l’argent depuis le XVIe siècle mais qui aujourd’hui se concentre également sur le plomb et le zinc. Si l’on en juge par les volumes d’extraction, c’est sans aucun doute la plus grande exploitation minière de l’histoire de la Bolivie. Immense chantier à ciel ouvert produisant environ 1 300 tonnes métriques de concentrés de zinc-argent et 300 tonnes de concentrés de plomb-argent par jour, pour un volume de production annuel estimé à 600 000 tonnes de concentrés, environ 150 000 tonnes de roche sont extraites quotidiennement pour répondre à la demande de production. C’est une filiale de Sumitomo Corporation, l’un des consortiums japonais de tout premier plan dans le secteur minier. San Cristóbal est aussi le plus grand producteur d’impôts et de redevances de l’industrie minière. Pour le développement de la mine, un nouveau village a été construit près de la ville, ouvert en juin 1999.

																					
Un mineur à l’oeuvre

San Bartolomé

San Bartolomé est le premier projet minier en Bolivie visant à établir une alliance stratégique, dans le but de contribuer au développement durable de Potosí. Avec un investissement estimé à 135 millions de dollars en 2009, le projet est mis en œuvre dans la périphérie du Cerro Rico de Potosí, et prévoit de produire environ 225 tonnes de lingots d’argent par an. San Bartolomé est la première exploitation minière à créer une relation entre une entreprise d’investissement, les coopératives minières, l’Etat bolivien à travers la Corporation minière de Bolivie (COMIBOL), les communautés indiennes voisines du projet, et la ville de Potosí.

																					
Vue aérienne de la ville

Mina Anahí

Au cœur du Pantanal bolivien (département de Santa Cruz) et entouré par une zone riche en faune et en flore près de la frontière brésilienne, se trouve la mine d’Anahí – du nom de la princesse qui apporta le gisement en dot à son époux espagnol –, principal gisement au monde d’amétrine (on en trouve aussi, bien que dans une moindre mesure, au Brésil, à Madagascar, en Zambie et en Inde).