Les premiers temps de la République de Bolivie

Suite à l’indépendance de 1825, la jeune République bolivienne peine à décoller économiquement.

José Antonio de Sucre ne reste au pouvoir qu’un an et est rapidement remplacé par le maréchal Andrés de Santa Cruz. Ce dernier va envahir le Pérou et créer la Confédération péruano-bolivienne en 1837, poursuivant le dessein de faire de la Bolivie la principale puissance de la région. Perçue comme une menace par les pays voisins que sont le Chili et l’Argentine, cette confédération est défaite en 1839 lors de la bataille de Yungay. José Ballivian va ensuite repousser une tentative d’invasion péruvienne et devenir président de la Bolivie.

La période de 1841 à 1880 est caractérisée par une crise de l’Etat. En l’absence de ressources et d’investissements, la stagnation économique est évidente. Pendant les premières années de cette période, le niveau d’éducation de la société est extrêmement faible et semble présager un avenir sans changements majeurs. Le secteur minier compte environ 10 000 mines abandonnées    et le reste de l’industrie nationale couvre seulement les besoins de la population. La Bolivie est encore une société à prédominance rurale et donne l’impression d’être dans un état pire qu’au début de la République.

Scène de la vie politique à Santa Cruz – Museo de Historia Regional del departamento de Santa Cruz

C’est la forte croissance de l’industrie minière, ainsi que la découverte d’importants gisements d’argent dans la région de Caracoles, et de guano et de salpêtre dans la région de Mejillones, qui vont attirer l’attention de ses voisins sur la Bolivie. L’arrivée de capitaux étrangers en quantités importantes permet à l’extraction d’argent d’atteindre des niveaux internationaux de capitalisation, de développement technologique et d’efficacité. Cela dynamisera l’économie nationale alors même que la politique reste le cadre de luttes incessantes pour le pouvoir et la présidence.

Mais en 1878, le gouvernement bolivien instaure une taxe sur le sel qui va être mal accueillie par les concessionnaires, notamment chiliens, qui refusent de payer. Cette situation va obliger le gouvernement à confisquer les avoirs de ces concessions. En février 1879 les troupes chiliennes, sous le prétexte de protéger les résidents chiliens, commencent une invasion déterminée de la Bolivie, donnant naissance à la guerre du Pacifique. Celle-ci opposera jusqu’en 1884 le Chili au Pérou et à la Bolivie. C’est lors de ce conflit remporté par le Chili que la Bolivie va perdre la province d’Antofagasta et par là même son accès à la mer.