L’importance du patrimoine des missions jésuites

Etonnant vestige de la République jésuite, un patrimoine encore vivant en plein cœur de l’Amazonie bolivienne.

Partez à la découverte des missions jésuites de la Chiquitania.
Ouvriers taillant un tronc d’arbre

Musicien organique et compositeur, c’est en jouant de la musique et en chantant que le père jésuite Martin Schmid vécut ses 37 années en Chiquitanía, fomentant ainsi un patrimoine musical polyphonique baroque en plein cœur de l’Amérique du Sud. S’appuyant sur les dons et les talents musicaux des natifs, le compagnon de Jésus développa une véritable ferveur pour la musique, instruments et chants baroques chez les nouveaux fidèles. Cette transmission s’articula autour de la mise en place d’ateliers de fabrication d’instruments de musique, d’écoles et de spectacles liturgiques.

																					
Hans Roth

Dans les plaines de Chiquitos, il semblerait que la musique enseignée par les jésuites ait été intégralement préservée près d’un siècle après l’expulsion des pères et consciencieusement transmises de génération en génération. Par la suite, l’arrivée de nouveaux migrants bouleversa la structuration sociale des villages.
Quand le compagnon architecte Hans Roth, père de la restauration des églises, arriva en Bolivie en 1972, il trouva près de 5000 partitions de musique baroque dans les églises : messes, vêpres solennelles, hymnes, motets et pièces pourorgue, dont certaines œuvres majeures composées par Martin Schmid lui-même ou bien encore par Domenico Zipoli, un compositeur italien élève de Scarlatti.

Restauration du Musée Concepción

Certains anciens connaissaient alors encore des chants de l’époque des jésuites et l’on pouvait entendre résonner quelques violons dans les chapelles. Hans Roth entreprit ainsi de restaurer les temples et de relancer l’enseignement de la musique baroque dans les anciennes missions.

Aujourd’hui, grâce à son initiative, cet héritage musical est bel et bien toujours présent. Provenant d’une époque qui a marqué la Chiquitanía pour toujours, il donne aujourd’hui un souffle nouveau à la région et à ses jeunes artistes. En atteste notamment le Festival international de musique baroque organisé tous les deux ans à Concepción.

																					
Atelier de restauration à Concepción – 2012

Au-delà de son œuvre de restauration des églises et de sa valeur historique, le projet du père Roth a eu des impacts considérables en impulsant un nouvel essor, tant musical, architectural que social et économique, dans une région encore très isolée le siècle dernier.A l’origine de ce projet de conservation se trouve être le père Felix Alfred Plattner, biographe le plus important de Martin Schmid et de son œuvre. Lorsque Hans Roth en eut vent, il demanda au père Plattner que lui en fut confiée la charge. A son arrivée, il se trouva face à des églises en piteux état, dans une zone à l’écart des techniques modernes.