Túpac Katari (1750-1781)

Túpac Katari est un personnage clé de la lutte contre les colons espagnols. Il inspire encore aujourd’hui de nombreux mouvements indiens.

Tomas Katari, village de Quila Quila

De son vrai nom Julián Apaza Nina, Túpac Katari fut un leader indigène aymara qui dirigea l’une des rébellions contre l’Espagne sur le territoire du Haut-Pérou (Bolivie actuelle), aux côtés de son épouse Bartolina Sisa et de sa sœur Gregoria Apaza. Il fut sacristain et boulanger avant de débuter la rébellion et d’adopter le pseudonyme de Túpac Katari, en hommage à Tomás Catari, personnage quechua influent de Chayanta (région de Potosí), et Túpac Amaru II.

Ce dernier, né José Gabriel Condorcanqui Noguera, est un riche propriétaire indien qui mena une rébellion à Cuzco à la même époque. Il se réclamait de la descendance du célèbre Túpac Amaru, dernier empereur inca quechua qui fit front aux Espagnols au XVIe siècle, et se faisait donc appeler José Gabriel Túpac Amaru II. Les deux Túpac connurent le même sort funeste.

Túpac Katari va réussir à lever une armée de 40 000 hommes et tenter de prendre la ville de La Paz en l’assiégeant, en 1781. Sa tentative fut néanmoins un échec à cause de manœuvres politiques et militaires des Espagnols. Offrant l’amnistie aux rebelles qui se rendraient, le vice-roi Agustín de Jáuregui réussit à convaincre nombre d’Indiens. Túpac Katari refusa et fut ensuite trahi alors qu’il s’apprêtait à regrouper ses forces. Il fut soumis à l’écartèlement jusqu’à la mort en novembre, quelques mois après Túpac Amaru II au Pérou. Avant de rendre son dernier souffle, Túpac Katari aurait prononcé cette phrase : « Vous ne faites que me tuer, un jour je reviendrai, et je serai des millions. »

Ces deux personnages historiques continuent d’inspirer de nombreux mouvements indiens dans les Andes.