Les métis en Bolivie

Le métissage en Bolivie est un sujet sensible : les métis représenteraient entre 25 % et 80 % de la population bolivienne totale.

En Amérique latine, métis (mestizo en espagnol) est le terme utilisé pour désigner une personne née d’un père amérindien et d’une mère européenne, ou d’un père européen et d’une mère amérindienne. Tous les métis de Bolivie d’origine espagnole ou latino-américaine ont pour langue maternelle l’espagnol.

La Bolivie est le pays d’Amérique du Sud concentrant la plus forte proportion d’Amérindiens (65 %) : officiellement sur les 9,6 millions de personnes que compte la population, 6 millions sont amérindiennes. Les 3,6 millions restantes se partagent entre les métis ou créoles (criollos, 25 %) et les Blancs d’origine européenne (10 %).

Le sujet du métissage est sensible en Bolivie. L’héritage culturel des métis étant par définition très large,  ceux-ci ne peuvent se revendiquer d’une culture à part entière et précisément définie. En supprimant le terme de métis des bulletins de recensement, le gouvernement de l’Aymara Evo Morales a remis en question leur existence légale, signifiant par là même qu’ils devaient se rattacher à l’une des ethnies indiennes ou à la population d’origine européenne. Toutefois, le métissage est un réel sujet de fierté en Bolivie, et sa définition stipule simplement un mélange d’origines. Les Boliviens qui se revendiquent métis sont d’ailleurs si nombreux que le pourcentage de 25 % devrait être revu à la hausse, certaines sources l’estimant  plutôt entre 60 et 80 %. Pour les détracteurs du Président, minorer cette population en l’obligeant à se réclamer d’un peuple amérindien serait une stratégie pour affaiblir le poids politique de cette partie de la population. Aujourd’hui, les métis boliviens ont engagé une lutte pour la reconnaissance de leur culture et celle de leur identité dans le recensement national.