La Bolivie, premier exportateur de Quinoa au monde

La Bolivie est le premier pays exportateur de la graine d’or des Andes, avec 46 % de l’exportation mondiale.

Quinoa en Bolivie

A la mode depuis peu sur les tables des pays développés, comme les Etats-Unis ou la France, le quinoa (Chenopodium quinoa) est une pseudo-céréale : pseudo seulement car même s’il se consomme comme les céréales, ce n’est pas une graminée.

La Bolivie est le premier pays exportateur de quinoa au monde, avec 26 000 tonnes en 2012, soit 46 % de l’exportation mondiale. 52 % sont exportés vers les Etats-Unis, 12,5 % vers la France qui en est le premier consommateur européen : la graine d’or des Andes s’est notamment fait une place de choix dans le cœur des amateurs de produits biologiques.

Qualités nutritives et résistance : le quinoa, solution à la sous-nutrition ?

Cultivé depuis longtemps par les populations andines précolombiennes, il est aussi appelé Chisia Mama, ce qui signifie en quechua mère de tous les grains. Pseudo-céréale de la famille de la betterave et des épinards, le quinoa comporte des qualités nutritives exceptionnelles. Il ne contient pas de gluten, ce qui en fait une graine adaptée à tous les types de régimes alimentaires. Et avec sa très haute teneur en protéines, en fer et en oméga 3 et sa faible teneur en lipides, il convient parfaitement à un régime végétarien.

Mais le quinoa a une autre qualité: sa capacité à pousser dans des milieux hostiles, qui en fait aujourd’hui un aliment particulièrement prometteur dans le cadre de la lutte contre la faim. La graine nécessite peu d’eau et réussit à pousser entre – 4 °C et 38 °C. Les Boliviens peuvent ainsi la cultiver sur les hauts plateaux de l’Altiplano, entre 3600 et 4300 m d’altitude.

Ses vertus nutritives et sa résistance suscitent de grands espoirs dans la lutte mondiale contre la sous-nutrition. C’est dans ce cadre que L’ONU a lancé en février l’Année du quinoa, et qu’Evo Morales a été désigné ambassadeur pour la FAO (Food and Agriculture Organisation – Organisation de l’Onu en charge de l’agriculture et l’alimentation) pour promouvoir la graine.

																					

L'essor économique de la graine d'or

Les profits liés au commerce du quinoa on triplé en six ans. Le prix de la tonne a atteint début 2013 les 2450 € – assurant par là même un regain économique au pays –, bien loin des 40 € des années 1970 où la culture de la graine n’était encore qu’une activité de subsistance. La hausse des prix permet désormais aux producteurs d’envoyer leurs enfants étudier dans les villes : il s’agit d’un véritable changement démographique et d’une amélioration de la qualité de vie dans les campagnes boliviennes.

Afin de promouvoir sa graine d’or, l’Etat bolivien a créé en avril 2013 la Route du quinoa, qui traverse sur 1500 km les départements de La Paz, Oruro et Potosí.

Si l’on cultive aujourd’hui le quinoa aussi en Europe, les producteurs restent sereins : ils disposent d’une variété endémique, le quinoa royal, qui ne pousse qu’autour du salar d’Uyuni.