La situation politique actuelle de la Bolivie

Après une 4e élection présidentielle d’Evo Morales contestée par l’opposition, puis un gouvernement intérimaire de Jeanine Áñez durant onze mois, c’est finalement Luis Arce qui remporte les nouvelles élections présidentielles d’octobre 2020.

La situation politique actuelle

Palais présidentiel à La Paz
En accord avec la Constitution de 1995, la Bolivie est une démocratie présidentielle avec un Parlement bicaméral. Le 18 octobre 2020, Luis Arce a été élu au premier tour en tant que nouveau président de la Bolivie avec 55,10% des suffrages. Il succède à la politicienne et avocate Jeanine Áñez, qui a gouverné la Bolivie durant un mandat transitoire de onze mois, suite au départ d’Evo Morales.

Evo Morales, Ex-Président de Bolivie

Evo Morales, d’origine aymara, a dirigé le pays de 2005 à 2019, faisant de lui le premier président d’origine indienne du pays, et l’un des tout premiers du continent à se revendiquer comme tel. Ce fils de paysans, syndicaliste de longue date et cocalero (producteur de coca), a gagné la sympathie d’une partie de la population grâce à des objectifs ambitieux, notamment la lutte contre la pauvreté et la corruption, l’intégration des peuples indigènes et la pleine égalité dans la société bolivienne.

Depuis le début de son mandat, Morales a atteint des résultats dans ces domaines, en s’attaquant particulièrement à l’analphabétisme. Concernant la politique extérieure, la Bolivie cherche à rester en bons termes avec ses voisins et le reste du monde, notamment en raison de sa position centrale en Amérique latine et de sa population relativement faible. Bien que, par le passé, les efforts politiques se soient centrés sur le maintien de bonnes relations avec les États-Unis, l’élection d’Evo Morales à la présidence a changé le cours des choses. Le pays s’est notamment rapproché du Venezuela d’Hugo Chávez, puis de Nicolas Maduro et de Cuba.

L'éducation en Bolivie

Mais malgré des discours assez extrémistes et une politique de nationalisation à grande échelle, dans les faits l’ancien président bolivien mène une politique économique plus modérée. Et les chiffres lui donnent raison : même si les inégalités restent criantes et que le département de Santa Cruz, poumon économique du pays notamment grâce à ses hydrocarbures, cherche à obtenir son autonomie, l’économie bolivienne traverse une bonne période.
Luis Arce, Ministre de l’Économie et des Finances Publiques sous le gouvernement de Evo Morales de 2006 à 2017, puis en 2019, sera surnommé à ce titre « le père du miracle économique » bolivien. En effet en 2006, le PIB s’est multiplié par quatre et la pauvreté a chuté de 23 points en une dizaine d’années.

Une importante crise post-électorale bolivienne intervient lors des élections présidentielles d’octobre 2019. Cette crise politique débute dès la diffusion des premiers résultats des élections, annonçant la victoire au premier tour au président sortant, Evo Morales. S’en suivront de nombreuses violentes contestations et manifestations, appelées « le printemps bolivien ». Evo Morales, accusé de fraude électorale par l’opposition, mettra fin à cette crise politique en démissionnant dès le 10 novembre 2019, après une dizaine d’années de pouvoir en Bolivie. Il quittera peu après le pays pour s’exiler au Mexique dans un premier temps, puis rejoindra finalement l’Argentine avant de revenir quelques jours après les nouvelles élections d’octobre 2020, annonçant Luis Arce comme nouveau président bolivien.

 

La Bolivie à l’international

La Bolivie revendique l'accès à la mer

Les relations de la Bolivie avec ses voisins d’Amérique du Sud n’ont pas toujours été très cordiales. Pendant des années, les rapports avec le Pérou et le Chili sont restés très tendus : cette hostilité remonte à la guerre du Pacifique de 1879-1883, lors de laquelle la Bolivie a perdu une partie de son territoire à l’ouest et avec elle son accès à la mer. Même si la situation s’est améliorée entre les trois pays, la Bolivie réclame toujours un accès à la mer, refusé par le Chili et le Pérou, et le sujet reste sensible. Tous les 23 mars, à La Paz, on célèbre d’ailleurs le jour de la Mer, en mémoire de cette province maritime perdue (Antofagasta) lors de la guerre du Pacifique.

Concernant le Brésil : la Bolivie perdit des terres au nord à la suite de la guerre de l’Acre qui opposa les deux pays au début du XIXe siècle, mais le climat s’est depuis détendu et les relations, notamment économiques, sont bonnes. Enfin, plus récemment la Bolivie perdit une partie de son territoire à l’est lors de la guerre du Chaco qui la vit s’affronter au Paraguay dans les années 1930 : mais là encore les relations entre les deux pays sont redevenues cordiales. La Bolivie est membre de la Communauté andine des nations (CAN) mais aussi associée au Mercosur.

Au sujet des États-Unis, le nouveau président tente une réconciliation internationale en commençant par la réinsertion d’un ambassadeur à la Paz, plus présent sur le territoire depuis 2008.

Les rapports avec l’Union européenne sont entretenus avec attention et un intérêt de coopération mutuelle existe entre les deux parties. Notamment, depuis 2007, la Communauté andine et l’UE évoquent régulièrement un possible accord d’association.

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