Paléontologie des dinosaures : les sites en Bolivie

La Bolivie possède sur son territoire les sites de traces de dinosaures les plus importants du monde.

Site de Cal Orcko

Situé à un peu plus de 4 km de la ville de Sucre, Cal Orcko est le site de traces de dinosaures le plus important au monde. Il en regroupe environ 5 000, de 294 espèces différentes aujourd’hui recensées. Découvert en Bolivie à proximité d’une carrière de ciment, ce site est une contribution extraordinaire à l’ichnologie, science qui étudie les traces laissées par les animaux. Il révèle des données jusqu’alors inconnues sur les périodes du Crétacé (de – 135 à – 65 millions d’années) et du Cénozoïque –  anciennes ères tertiaire et quaternaire, qui ne sont plus reconnues depuis les années 90  (- 65 millions d’années à nos jours), notamment en ce qui concerne les dinosaures. Située sur les contreforts de la cordillère des Andes, cette falaise aux pentes de 80 m de haut permet de découvrir et d’étudier une diversité de traces de dinosaures jamais rencontrées auparavant. Découvert en 1985, ce n’est que de 1994 à 1998 qu’une équipe de paléontologues boliviens, européens et américains, vint débuter les premières recherches sur le site de Cal Orcko. La paroi calcaire compte plus de 25 000 m2 d’empreintes de pas. Les paléontologues en conclurent que 68 millions d’années auparavant, les dinosaures vécurent sur les rives d’un lac d’eau douce peu profonde et tempérée, qui s’étendait de la frontière actuelle du Pérou et de la Bolivie jusqu’au nord de l’Argentine. Ils furent notamment surpris de trouver des empreintes d’Ankylosaurus, herbivore quadrupède d’une dizaine de mètres de long, dont on ne pensait pas qu’il avait vécu en Amérique du Sud. Court et trapu, avec de robustes pattes permettant de soutenir ses 4 t, son corps était en partie couvert de plaques et d’épines osseuses. Sa longue queue se terminait par une massue, osseuse elle aussi, pour  se défendre contre les prédateurs. Des traces de Sauropodes herbivores ont également été trouvées, en particulier du gigantesque Titanosaurus – 25 m de haut – dont les empreintes mesuraient 70 cm de long, ou encore des grands prédateurs comme les Théropodes, avec des empreintes de 35 cm. Par ailleurs, des traces de tortues, de crocodiles, de poissons et d’algues du Crétacé supérieur furent découvertes à cet endroit, permettant aux paléontologues de mener des études plus précises. Afin de préserver ce site, le parc du Crétacé de Cal Orcko a ouvert ses portes en mars 2006, offrant aux visiteurs la possibilité d’observer des répliques exactes des différentes espèces de dinosaures qui ont laissé leur marque.

																					

Site de Niñu Mayu

Le site de Niñu Mayu se situe à 60 km à l’ouest de Sucre et à 6 km du cratère de Maragua. On y accède à la suite d’une randonnée d’environ une heure trente à travers de somptueux paysages. Ce site est réputé pour les traces de pas de dinosaures qu’on y trouve, correspondants à l’ère mésozoïque du crétacé. Des traces similaires ont été découvertes sur le site voisin de Humaca.

Site de Torotoro

Le parc national Torotoro détient de nombreux trésors. Ce parc situé dans le département de Potosí est riche en fossiles et en empreintes de plantes et d’animaux préhistoriques. Grâce à la nature boueuse du sol à l’époque du Crétacé, ces traces sont restées presque intactes, d’une conservation remarquable. Ainsi, sur la colline Wayllas, juste en face du village, on peut découvrir des traces de mastodontes : des apatosaures (appelés à tort brontosaures) ou de tridactyles herbivores issus de la période du Crétacé supérieur, des théropodes (dinosaures bipèdes carnivores dont les traces s’apparentent à celles de grands oiseaux) et des sauropodes (grands quadrupèdes herbivores, famille des dinosaures les plus imposants comme le brachiosaure ou le diplodocus). On peut aussi y trouver de grands gisements de fossiles marins, des plantes préhistoriques et des dents pétrifiées de requin.

																					
Trace de Théropode type Raptor au parc national Torotoro

Autre lieu surprenant, le cimetière de tortues à Molle Cancha, à 4 km du village. Au milieu de ces terres rouges, on découvre de mystérieux fragments de carapaces et de vertèbres fossilisées de tortues marines. Des études ont permis d’établir que cette région était un lac marécageux – ou un lit marin d’eaux basses et de plages sableuses –, avec une abondance d’algues, de poissons, d’animaux herbivores et carnivores. Depuis quatre décennies, le parc a été l’objet de multiples expéditions d’investigation par des paléontologues boliviens et internationaux, et est considéré comme l’un des lieux de références de cette discipline. Les experts estiment que la quantité de pierres réunies est incalculable et qu’il faudrait des milliers d’années pour les compter. Le musée Pachamama Wasi, Maison de la Terre Mère, avec son architecture frappante d’inspiration naturaliste, est une excellente synthèse des richesses de Torotoro. Fossiles, pierres et roches d’intérêt lithique et paléontologique se retrouvent ici dans un environnement unique.

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Site de Camargo

Le site de Camargo, à cheval entre Tarija et le nord de l’Argentine, révèle une très importante quantité de traces et de restes de dinosaures. Une mission de chercheurs de la préfecture a confirmé l’existence de traces appartenant à des dinosaures sauropodes ainsi que des fossiles datant de – 60 à – 70 millions d’années, comme des brachiopodes (mollusques marins). Malheureusement, ces empreintes – d’une dimension de 70 cm de diamètre pour les pattes arrière et similaires à certaines traces rencontrées à Cal Orcko et Torotoro – se sont dégradées en raison de leur exposition aux intempéries. On peut également observer des marques des membres supérieurs laissées par les sauropodes, d’une taille de 35 x 30 cm, de forme ovale. Elles confirment toutes que le site fait partie de la chaîne paléontologique appelée synclinale (pliage des couches de sol) qui, d’après les cartes du Service géologique de Bolivie, correspond à la période du Crétacé supérieur.