Les Aymaras en Bolivie

Les Aymaras, originaires du lac Titicaca, se sont répandus entre le Chili, l’Argentine, le Pérou et la Bolivie.

Aymaras sur l’Isla del Sol

Le mot aymara désigne à la fois un peuple originaire de la région du lac Titicaca, qui s’est répandu depuis la Bolivie jusqu’au Pérou et au nord du Chili et de l’Argentine, mais aussi une langue vernaculaire. La langue aymara s’est développée en même temps que le peuple étendit son emprise territoriale, et certains spécialistes affirment même que, contrairement à la théorie communément admise, c’était bien l’aymara et non le quechua qui fut la langue officielle de l’Empire inca. Elle compte aujourd’hui plus de 2 millions de locuteurs, principalement en Bolivie. Par ailleurs, depuis la nouvelle Constitution du 26 janvier 2009 mise en place par le président d’origine aymara Evo Morales, elle est reconnue comme langue officielle, aux côtes de l’espagnol et de 33 autres langues autochtones.

Les premiers peuples indiens se seraient installés depuis plus de cinq mille ans sur les rives du lac Titicaca, cependant le terme Aymara n’est apparu que beaucoup plus tard, sous la colonisation, pour englober toutes ces populations. Néanmoins, ce sont ces peuples qui ont formé la civilisation Tiwanaku, dont on peut admirer encore aujourd’hui la capitale, la ville de Tiahuanaco (ou Tiwanaku).

Les Aymaras réalisèrent leur expansion en basant leur économie sur le développement de l’agriculture et de l’élevage, profitant du commerce avec les peuples voisins pour s’enrichir. Mais ils ne réussirent pas à s’organiser en un seul peuple, chaque tribu était une petite nation élisant son propre chef. Prospères bien que divisés en tribus rivales, ils se heurtèrent à l’expansion des Incas et peu à peu intégrèrent le sud de cet empire.

Un débat existe encore pour savoir si les aymaras ont été intégrés pacifiquement ou non par les Incas, mais une fois ces derniers soumis par les Espagnols, ils vont passer sous la domination et le joug des Européens. Une période qui connaîtra de nombreuses révoltes dues aux conditions de vie difficiles imposées aux populations indiennes. Au XIXe siècle, ils participèrent ainsi aux combats pour l’indépendance de la Bolivie mais cela n’améliora nullement leur statut. Il faut attendre que soit élu l’actuel président bolivien Evo Morales pour que leur culture et celle de tous les peuples indiens de Bolivie soient reconnues.