Des origines à l’indépendance

L’histoire de la Bolivie débute avec les civilisations pré-incaïques et se poursuit avec la colonisation et l’indépendance.

La période pré-colombienne

Les archéologues s’accordent à dire que les premiers peuplements des Andes dans sa partie bolivienne remonteraient à vingt et un siècles. Du VIIe siècle avant notre ère jusqu’au XIIIe siècle, le centre de l’Empire Tiwanaku occupait le haut plateau bolivien, près du lac Titicaca. La culture de Tiwanaku marque un temps d’épanouissement culturel de l’Altiplano, étendant son influence dans la région andine.

Lorsque l’Empire de Tiwanaku disparaît, se forment les seigneuries collas, constituées de différentes tribus dominées par l’ethnie aymara, à l’origine du royaume des Charcas. Les cultures qui les caractérisent montrent de fortes avancées techniques, essentiellement dans la construction des monuments religieux. Les nécropoles appelées chullpas, dont la structure était faite d’adobe et de pierre, sont l’un des principaux témoignages de cette période.

Par la suite, du XIIIe au XVIe siècle, la région fut incorporée à l’Empire inca. Les Incas développèrent une mosaïque de structures politique et religieuse qu’ils élargirent à l’ensemble de leur territoire, du sud de l’Équateur au nord du Chili et de l’Argentine. Ils interdisaient la propriété privée et récoltaient des impôts. C’était une organisation autoritaire, hiérarchique, basée sur les principes d’égalité et de justice. Cet empire s’étendit militairement et imposa la langue quechua à toutes les populations.

																					

La conquête et la colonisation espagnole

Le Haut Pérou, qui correspondait au territoire de l’actuelle Bolivie, est conquis en 1538 par l’Espagnol Francisco Pizarro qui défait les Incas. Afin que les territoires orientaux, sauvages et quasiment inexplorés, soient sécurisés et éviter ques les Indiens guaranis n’assiègent la ville de Nuestra Señora de la Asunción située sur les rives du fleuve Paraguay, la ville de Santa Cruz de la Sierra est fondée par Ñuflo de Chavez le 26 février 1561. L’Audience royale de Charcas va alors administrer tout le territoire qui forme aujourd’hui la Bolivie.

De nombreuses villes vont voir le jour suite à l’installation des Espagnols, comme Chuquisaca (plus connue sous son nom actuel, Sucre), Potosí, La Paz ou Cochabamba. Les colons vont commencer à exploiter les mines d’argent et le territoire va devenir l’un des plus riches et peuplés de la couronne espagnole. Un empire sur lequel « le soleil ne se couche jamais ». Potosí était au cœur de cette industrie minière pour laquelle des centaines de milliers d’Indiens et d’esclaves moururent. Ce n’est qu’en 1776 que le territoire est incorporé au vice-royaume du Río de la Plata, après avoir été sous contrôle du vice-roi du Pérou, signe de la perte d’influence de la région.

 

																					

Vers l'indépendance

Le territoire de la Bolivie fut toutefois l’une des premières colonies espagnoles à se rebeller. Les mouvements indépendantistes aux Etats-Unis et à Haïti vont avoir sur elles un profond impact, et engendrer peu à peu des phénomènes similaires en Amérique latine. C’est dans ce contexte qu’après la rébellion aymara de Túpac Katari (1780-1782), un autre groupe se forme en 1809 avec à sa tête Pedro Domingo Murillo. Ces hommes vont prendre le gouvernement local et l’évêché de La Paz, se déclarant Junta Tuitiva de La Paz. Ils affirment leur opposition à l’autorité espagnole et proclament le gouvernement indépendant de Charcas. La première défaite de l’armée espagnole aura lieu lors de la bataille de Suipacha en 1810.

Cependant, ne rencontrant que peu d’écho chez les Indiens et peu d’appui de la part des métis, ce mouvement ne perdure pas. En revanche, de nombreux petits groupes se créent par la suite ; des mouvements indépendantistes dispersés jusqu’à l’arrivée de Simón Bolivar. La bataille d’Ayacucho, en 1824, mène à la libération militaire de Charcas par Bolívar et Sucre, mettant un terme aux affrontements. Après avoir déclaré l’indépendance le 6 août 1825, la décision est prise de nationaliser toutes les mines abandonnées, en invitant des investisseurs étrangers à les exploiter. Signe de la faiblesse économique de cette jeune République, on confisque également les biens de l’Eglise. La République de Bolivie est ainsi créée dans un contexte économique difficile, la guerre ayant ravagé le territoire.