Martin Schmid (1694-1772)

Martin Schmid est sans conteste un personnage marquant de Bolivie, dont l’histoire est liée à celle des missions jésuites de la Chiquitanía.

Buste sculpté représentant Martin Schmid

Ce jésuite ordonné en 1726 va apprendre la langue chiquitos à Cadix, avant de partir vers l’Amérique latine, malgré un blocus anglais à Gibraltar qui retardera sa traversée. Considéré aujourd’hui comme l’une des figures les plus importantes de la Chiquitanía, le père Martin Schmid arrive en Bolivie, dans la mission jésuite de San Javier, à la fin de l’année 1730. Il y restera dix ans, avant de rejoindre pour plusieurs années les missions jésuites de San Rafael, de nouveau San Javier, Concepción puis San Juan.

Originaire de Suisse, ce jeune religieux d’une trentaine d’années s’est porté volontaire pour rejoindre le Nouveau Monde. En plus de sa mission évangélique, il va enseigner la musique aux Chiquitos et se lancer dans un vaste projet de construction. Doué de ses mains, il va lui-même créer les instruments de musique dont les Indiens ont besoin et écrire les partitions de musique baroque nécessaires, en collaboration avec le père Johann Mesner. Ces deux religieux vont ainsi fonder une école de musique et une manufacture d’instruments. Encore aujourd’hui, le Festival de musique renaissance et baroque américaine témoigne de la richesse de la culture musicale ainsi sauvegardée.

Mais surtout, le père Martin Schmid va laisser derrière lui une œuvre architecturale hors du commun. En près de quarante ans de présence, il va construire de nombreuses églises dans les missions jésuites, dont celles de San Rafael, San Javier, Concepción et San Ignacio. C’est grâce à son travail que le site fut inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco en 1990.

En 1767, à la veille de l’expulsion des jésuites du continent par la Couronne espagnole, il est arrêté et emprisonné pendant quinze mois, à l’âge de 73 ans. Cet homme d’exception qui fut à la fois curé, missionnaire, professeur, musicien et architecte, finira par rentrer en Suisse, son pays d’origine, où il mourra en 1772.