Visite de la ville de La Paz, Bolivie : guide de voyage

Géographie, climat, histoire, fêtes, patrimoine, musées, monuments, hôtels, transports.

Situation géographique et climatique de La Paz

La ville de La Paz se situe dans le département du même nom, dans la région de l’altiplano. Construite dans un canyon lui-même entouré des montagnes de la cordillère des Andes, son altitude varie entre 3.300 et 4.082 m. La topographie de la vallée a entrainé une croissance verticale de la ville, avec un ensemble de maisons accrochées aux flancs des versants, de rues qui montent et qui descendent, et offrant de nombreux points de vue sur la Cordillère et sur la ville elle-même. En 2010 1,18 millions d’habitants ont été recensées dans la ville de La Paz, 2,03 millions dans l’agglomération qu’elle forme avec la ville d’El Alto.

Climat : en raison de la hauteur de la ville, le climat ne présente pas de grandes variations durant l’année. Située sur l’altiplano, La Paz bénéficie de l’un des plus beaux ciels bleus d’Amérique. On compte dans la ville différents micro-climats dus à l’important dénivelé : les habitants cherchent à s’installer dans les zones basses de la ville, aux températures plus douces, ce qui explique que les zones élevées soient relativement plus pauvres. Les journées sont généralement ensoleillées avec des températures agréables, et les nuits plus fraîches. La saison des pluies s’étend de décembre à mars. Pour ne pas ressentir le mal des montagnes et le manque d’air, il est recommandé d’adopter un rythme tranquille et de ne pas manger excessivement durant le temps de l’acclimatation. Voir notre fiche : Quand partir en Bolivie.

Histoire de La Paz

Fondée le 15 octobre 1548 par Alonso de Mendoza sous le nom de Nuestra Señora de La Paz (Chuquiagu Marka de son nom indien), la ville est dans un premier temps construite sur le site de Laja, avant d’être déplacée dans la Quebrada del río Choqueyapu. A cette époque, La Paz sert principalement de point de repos entre les villes de Potosí et Cuzco.
La ville connait une croissance tranquille avant d’être la scène de plusieurs rebellions indiennes, notamment celle emmenée par Tupak Katari en 1781.

Le 16 juillet 1809, les habitants de La Paz, avec à leur tête Pedro Domingo Murillo et d’autres leaders locaux, se soulèvent contre l’empire espagnol et instaurent le premier gouvernement libre d’Amérique latine, formé par la Junta Tuitiva.
Plus tard, à la suite de la guerre fédérale qui oppose les libéraux du nord aux conservateurs du sud, La Paz devient le siège du gouvernement. C’est là que se rassemblent les pouvoirs exécutif et législatif à partir du 25 octobre 1899, date d’arrivée à la présidence de la République du général José de Manuel Pando.

Fêtes et événements à La Paz

Alasitas, 24 janvier : pendant cette fête la ville accueille une importante foire où les artisans proposent une grande diversité de produits miniatures, qui représentent tout ce qu’une personne peut désirer obtenir pour sa vie présente ou future. Pour cette raison, on l’appelle aussi la fête de l’abondance. L’origine de cette fête est précolombienne, néanmoins cette logique de commercialisation des miniatures n’existait pas à cette époque. Il convenait alors de se les échanger. Il est coutume de faire purifier les miniatures acquis par un yatiri, (prêtre aymara), puis de les faire bénir par un curé. Alasitas est célébrée le 24 janvier, dans le champ de foire de La Paz, situé sur la Avenida del Ejército, en face du Théâtre à l’air libre.

Gran Poder, début juin : la fête du Señor Jesús del Gran Poder est l’une des manifestations culturelles les plus importantes de l’identité culturelle paceña (de La Paz). Elle prend ses origines dans le quartier populaire de Ch’ijini, dans la capitale. Elle se célèbre avec une extraordinaire démonstration de danses folkloriques en l’honneur du Señor Jesús del Gran Poder, dont la toile qui se trouve dans le temple de la rue Antonio Gallardo est vénérée. Plus de 65 comparsas ou troupes participent à la fête, avec parfois plus de 300 personnes dans une troupe. Par ailleurs, les danseurs arborent de magnifiques costumes traditionnels élaborés par plus de 2.000 artisans tout au long de l’année. La date exacte de cette fête varie selon les années mais elle a généralement lieu durant les mois de mai ou juin, toujours un samedi.

Entrada Folclórica Universitaria : chaque année a lieu la traditionnelle Entrada Universitaria, organisée par les différentes facultés de l’Universidad Mayor de San Andrés, dont les étudiants défilent dans le centre de La Paz. Elle se déroule le dernier samedi du mois de juillet. Durant cette fête instaurée en 1988, les étudiants s’organisent en différentes comparsas, et réalisent des danses autochtones folkloriques, afin de défendre et de promouvoir le patrimoine culturel paceño. La municipalité de La Paz a déclaré cet évènement Patrimoine culturel de La Paz pour sa participation à la sauvegarde des rythmes, chorégraphies et vêtements traditionnels de la région. Des communautés autochtones du département de La Paz sont généralement conviées à participer à ces démonstrations de danses traditionnelles.

Patrimoine, musées et monuments : que voir à La Paz ?

Mirador Killi Killi
La Paz compte quelques points de vue exceptionnels sur les montagnes environnantes et sur la ville elle-même. Le mirador Killi Killi est considéré comme le meilleur mirador de La Paz puisqu’il permet de parcourir la ville d’un seul coup d’œil. En effet, sa position offre une vue panoramique à 320 degrés. Ce site servit de quartier général lors du siège de la ville espagnole en 1781 par Tupac Katari, car il constituait un endroit stratégique pour surveiller l’ensemble de la ville.

Télécabines rouges, jaunes et vertes 
Elles sont un bon moyen de transport public à La Paz. La ligne rouge relie en 12 minutes le centre historique au quartier du Alto qui surplombe toute la ville depuis ses hauteurs à l’ouest. La ligne jaune et la ligne verte, sur 8 km dans le prolongement l’une de l’autre, permettent d’aller du nord aux quartiers résidentiels du sud et du sud-est de La Paz.

Télécabines bleues 
Aux 3 lignes inaugurées en 2014, s’est ajoutée en mars 2017 la ligne bleue. Située dans le prolongement de la ligne rouge, elle relit les stations Jach’ A Qathu et Waña Jamira, toutes les deux dans la ville d’El Alto. La première est aussi la station de la Feria 16 de julio, le grand marché d’El Alto.

Muela del Diablo
La Muela del Diablo (dent du diable en espagnol) est une formation rocheuse provenant d’un volcan éteint qui s’élève à 150 m de hauteur. On la trouve au sud de La Paz, à 3.825 m d’altitude; c’est l’une des plus importantes de la région. Ce nom lui vient de sa forme particulière de dent humaine. Il est possible de l’escalader. Au pied de la Muela vit la petite communauté aymara de Chiaraque.

Valle de la Luna
Véritable paysage lunaire a une quinzaine de km du centre de La Paz, la vallée de la Luna est connue pour ses formations rocheuses érodées par le vent et la pluie, qui forment un ensemble de cratères, de fosses et de colonnes sculptées. Ils donnent aux visiteurs l’impression d’avoir découvert un nouveau monde.

Musée national d’Ethnographie et Folklore
Ce Musée, dont le bâtiment a été conçu dans un style baroque métis, abrite des pièces archéologiques des cultures ancestrales de Bolivie. C’est l’un des plus importants de la ville et appartient à la Fondation Culturelle de la Banque Centrale de Bolivie. On peut y visiter différentes salles : celles des tissus préhispaniques où sont notamment exposés des vêtements des cultures Incas, Chimu, Puki ou Tiwanaku depuis le IIe jusqu’au XIVe siècle; la salle des plumes; celle des céramiques ou encore celle des masques, utilisés pour célébrer certains rituels. Le musée héberge également une bibliothèque de recherche et une salle d’exposition temporaire.

Museo de Artes
Le Musée national des Arts est un centre culturel qui a pour objet la diffusion de l’art depuis le XVI-XVIIIe siècle à nos jours, à travers des expositions permanentes et temporaires, mais aussi grâce à diverses activités liées à l’art et la culture. Le Musée se trouve dans un ancien palais du XVIIIe siècle où vivait un riche propriétaire terrien du nom de Francisco Tadeo Diez de Medina. Il abrite de précieuses collections de peintures, sculptures et meubles qui offrent une vision panoramique du développement de l’art en Bolivie depuis l’époque de la Vice-Royauté.

Museo Tambo Quirquincho
Le Tambo Quirquincho, beau bâtiment colonial aujourd’hui reconverti en musée, fut la résidence du cacique Quirquincha, mais aussi un Tambo. C’est le nom que les Incas donnaient aux refuges situés le long des routes principales, qui leur permettaient de passer la nuit et se ravitailler. Il comprend 12 salles d’exposition permanentes et une temporaire, où sont exhibées des pièces d’orfèvrerie coloniale, d’anciennes photographies de la ville, une belle collection de masques, ainsi que des sculptures ou des peintures anciennes et contemporaines.

Plaza Murillo
C’est la place principale de la ville, où trône une statue de Pedro Domingo Murillo, leader de la révolution du 16 juillet 1809 contre les espagnols. A ses pieds est posé un livre en pierre avec la proclamation d’indépendance, qui s’est terminée par la pendaison de Murillo. On trouve autour de la place les principaux bâtiments officiels de la ville : le Palacio de Gobierno (palais Présidentiel) construit au début de l’époque républicaine (1845), le Palacio Legislativo (Congrès) achevé en 1905 et la Cathédrale.

Palais du Gouvernement, La Paz
Appelé le Palacio Quemado (Palais Brûlé) depuis l’incendie qui l’a ravagé en 1875, c’est le siège du pouvoir exécutif de Bolivie ainsi que le bureau du Président de la République. Il se dresse juste à côté de la Cathédrale, sur la rue Commercio qui longe la Plaza Murillo.

Cathédrale de La Paz
Cette imposante église néoclassique de 1836, aux réminiscences baroques, est l’œuvre de l’architecte Manuel Sanahuja. On la trouve sur la place Murillo, à l’angle de la rue Socabaya. Elle comprend cinq nefs, des colonnes corinthiennes, des portes en bronze et une coupole centrale reposant sur un tambour. Un mausolée abrite les restes du Mariscal Andrés de Santa Cruz, ancien Président bolivien.

Rue Jaén
Dans la rue Jaén, l’une des plus connues de la ville, le temps semble s’être arrêté à l’époque coloniale, comme en témoignent les pavés, balcons espagnols et façades colorées qui la tapissent. Au XVIe siècle, un marché aux lamas se tenait à cet endroit. Plus tard, la rue accueillit les résidences de personnages importants de la révolution de 1809 comme Pedro Domingo Murillo ou Apolinar Jaén. Actuellement, on y trouve cinq musées, parmi lesquels le Museo Costumbrista, le Museo de Metales Preciosos ou encore le Museo Litoral Boliviano, qui rappelle que la Bolivie avait autrefois une sortie sur la mer. Par ailleurs, de nombreuses histoires de fantômes et d’apparitions circulent autour de cette rue pleine de mysticité.

Place Marcelo Quiroga
Au croisement des rues Max Paredes et Santa Cruz, la place Marcelo Quiroga Santa Cruz rend hommage au leader socialiste et écrivain, emprisonné puis assassiné sous le régime dictatorial de Luis García Meza. Elle est située dans une zone commerciale entourée de boutiques d’artisanat.

Mercados et Tambos
Les tambos désignent des édifications préhispaniques qui servaient d’auberges et de marchés, et se situaient tous les 20 ou 30 km le long des routes principales, afin de procurer gîte et couvert aux voyageurs. Le long de la rue Reyes Cardona à La Paz on trouve quelques tambos relativement récents (El Tejar, Tarikuma y San José) où les producteurs du département viennent vendre leurs fruits. En outre, plusieurs marchés populaires autour de la rue Paredes vous permettent d’entrer en contact avec les commerçants.

Mercado de los Brujos
Cet étonnant marché a lieu dans la vieille ville, entre deux rues de style colonial. Son nom de marché des sorciers est dû au fait que l’on peut s’y procurer de nombreux remèdes curatifs traditionnels andins, mais aussi des objets utilisés lors des rituels ancestraux comme des fœtus de lamas ou autres offrandes dédiées à la Pachamama, la Terre Mère dans la cosmovision andine. On y trouve aussi des objets artisanaux, des bijoux en argent et étain, et des tissus en laine colorés des différentes régions des Andes boliviennes.

Église de San Francisco
Construite en 1745, elle est considérée comme le plus beau bâtiment colonial de La Paz. Son imposante façade baroque arbore des influences de style métis. A l’intérieur, on remarque les nombreux retables taillés dans le bois et ornés de dorures, ainsi que l’autel principal. Attenant à l’église, un ancien couvent abrite aujourd’hui un musée qui permet de visiter les jardins, d’admirer quelques œuvres religieuses et de monter sur le toit de l’église.

Parque Urbano Central
Ce parc, qui s’étend sur 39 hectares dans la zone basse de La Paz, est le plus grand espace de divertissement dont dispose les paceños. Le boulevard Simon Bolivar est l’un de ses principaux accès et offre une agréable promenade. Plusieurs bonnes raisons de se rendre au parc : le champ de foire, qui accueille régulièrement des évènements importants comme la fête des Alasitas, le musée Pipiripi destinée principalement aux enfants, le théâtre à l’air libre ou les nombreux terrains de sport.

Teatro al aire libre
Ce théâtre à ciel ouvert, aussi connu comme le Teatro Jaime Laredo se situe dans le Parque Urbano Central. Récemment restauré pour atteindre une capacité de 9.000 places assises, il propose une programmation variée d’artistes nationaux et internationaux ainsi que des œuvres théâtrales. A l’occasion du bicentenaire de la révolution, le célèbre artiste bolivien Gastón Ugalde y a peint une fresque murale de 160 m de long représentant 200 personnages historiques et personnalités boliviennes ayant marqué l’histoire du pays.

El Alto
El Alto est la principale ville de la banlieue de La Paz, au nord-est de la capitale. Elle se trouve à plus de 4.000 m d’altitude, 400 m au dessus de La Paz. A l’origine quartier de La Paz, elle connut une forte croissance avec l’exode rural et devint officiellement une ville en 1985. Sa population est largement indienne, aymara notamment. Parmi les incontournables de la ville, de nombreux miradors dont celui de Corazón de Jesus, et son immense marché.

Les marchés d’El Alto
El Alto accueille tous les jours la feria 16 de julio, le plus grand marché d’Amérique du sud. Celui-ci est particulièrement impressionnant les jeudi et dimanche : on y trouve absolument de tout ! Une visite indispensable pour qui souhaite s’immerger dans une Bolivie authentique, et déambuler entre les vendeurs de fruits et légumes, de voitures, de pide babioles, de jouets ou des inévitables fœtus de lama ou autres cadeaux pour la Pacha Mama.

Hôtels : où loger à La Paz ?

Hotel DM Andino: hôtel Boutique situé au cœur d’un environnement naturel privilégié, la vallée de Mecapaca, à 28 km de La Paz. Ses 41 chambres et suites luxueuses, entre élégance et modernité, sont décorées de meubles élaborés par des artisans boliviens. Spa, tennis, piscine.
La Casona: Bel hôtel-boutique à l’architecture coloniale, situé en plein centre-ville de La Paz et récemment entièrement refait à neuf. Les chambres sont réparties autour d’un patio central lumineux et disposent toutes du meilleur confort.
Hotel Casa Fusión: cet hôtel flambant neuf dans l’agréable quartier de Socopachi propose 13 chambres et un service de grande qualité.
El Consulado: cette bâtisse conserve le caractère de l’époque durant laquelle elle abritait le Consulat du Panama. Outre un hôtel boutique plein de charme, El Consulado propose également un restaurant, une galerie d’art et une boutique d’artisanat.

Gastronomie : que manger à La Paz ?

Chairo: soupe typique de l’altiplano andin. Epaisse, elle se sert bien chaude et accompagnée de locotos verdes, un fruit piquant sud-américain. Elle se compose de produits typiques de la région tels que le chuño (pomme de terre déshydratée), la patate douce, la chalona (viande d’agneau) et le mote pelado (maïs pelé).

Sajta de pollo: préparation à base de poulet, de chuño (pomme de terre déshydratée) et d’oignons, relevée par une délicieuse sauce a l´ají amarillo (sorte de piment).

Restaurants : où manger à La Paz ?

La Casona : situé dans une ancienne bâtisse coloniale du 17ème siècle, non loin de l’église San Francisco, le restaurant de l’hôtel La Casona vous plongera dans une atmosphère remplie d’histoire au cœur de la capitale. La spécialité du restaurant est l’agneau, à déguster sous les belles voûtes en pierre de l’ancienne maison.
Tambo colonial : c’est le restaurant de l’Hôtel Rosario dans la calle Illampu. Le service est impeccable, la cuisine simple mais excellente.

La Comédie : ce restaurant propose un mélange judicieux de saveurs boliviennes et françaises, dans une ambiance chaleureuse.
La Abuelita : situé dans le patio de l’hôtel de la Posada de la Abuela, ce charmant restaurant est une très bonne adresse de la novoboliviana, la nouvelle cuisine bolivienne. Pour accompagner les plats exotiques au menu (le lama au chocolat par exemple), goûtez aux excellents vins boliviens de la carte.
Pronto Delicatessen : sa cuisine italienne et méditerranéenne aux influences andines vous propose une expérience culinaire unique à La Paz.

Transports : comment se rendre à La Paz ?

Avion : l’aéroport d’El Alto est situé à une quinzaine de km du centre-ville de La Paz. C’est l’aéroport international le plus haut du monde. Avant d’y atterrir, on survole la magnifique cordillère des Andes. A noter que de nombreuses compagnies aériennes (dont européennes) atterissent à Santa Cruz.
Bus : Les grandes lignes de bus internationales sont généralement confortables et relativement rapides. Le terminal de bus de La Paz se trouve à l’entrée de l’autoroute La Paz-El Alto, sur la place Antofagasta.

Circuits d'exception

Bolivia Excepción propose plusieurs circuits faisant escale à La Paz.

Voyage dans la région de La Paz : 11 jours pour découvrir la capitale bolivienne, le mythique lac Titicaca, berceau des civilisations Inca et Tiwanaku, et la région des Yungas, avec la fameuse route de la Mort.

Séjour dans le Sud bolivien : ce circuit de 17 jours vous fait découvrir les incontournables du sud du pays, avec la ville coloniale de Sucre, l’Amazonie et les missions jésuites à Santa Cruz, l’altiplano et le salar d’Uyuni à Potosí.

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