Visite des missions jésuites de Bolivie : guide de voyage

Géographie, climat, patrimoine, fêtes, hôtels, restaurants, transports.

Situation géographique et climat des missions

Les missions jésuites boliviennes se trouvent dans une zone de vastes plaines du département de Santa Cruz appelée la Chiquitanía. Cette zone marque la transition entre le Gran Chaco et l’Amazonie, et couvre notamment des zones frontalières avec le Brésil et le Paraguay. Outre les missions jésuites, l’attrait de la Grande Chiquitanía réside dans la beauté de la nature qui la compose. En effet, celle-ci abrite le parc Noël Kempff Mercado, inscrit au Patrimoine Mondial Unesco pour son extraordinaire biodiversité, le Parc national du Pantanal et ses marais, la zone des Chochis ou encore la Réserve départementale de la vallée de Tucava.

Climat
Malgré les latitudes tropicales de la région, la Chiquitania bénéficie d’un climat relativement tempéré. La circulation de vents frais est favorisée par le caractère plat de la région. Les températures moyennes annuelles restent chaudes, mais en raison de la continentalité des plaines de la Chiquitanía, l’amplitude thermique entre le jour et la nuit, et l’été et l’hiver est élevée (entre 5 et 15° pour une journée fraîche, jusqu’à 40°C en été). Voir notre fiche : Quand partir en Bolivie.

Fondation des missions jésuites de la Chiquitania

Au XVIe siècle, les Espagnols découvrent dans la région de la Chiquitanía une quarantaine de groupes ethniques différents. Avec le soutien des rois d’Espagne, les jésuites arrivent dans la région vers la fin du XVIIe siècle afin d’évangéliser les indiens, jusqu’alors principalement nomades. En 1691, le père José Francisco de Arce et le frère Antonio de Rivas appartenant à la compagnie de Jésus partent de Santa Cruz de la Sierra avec l’objectif d’initier une croisade évangélisatrice, qui commencera avec la fondation de la première mission de la Chiquitanía, celle de San Javier, et s’achèvera avec l’expulsion des jésuites par le roi d’Espagne en 1767.

Ainsi, les missionnaires jésuites sont à l’origine de la vie économique et de l’organisation sociale des missions. Ils ont enseignées aux indiens des techniques dans de nombreux domaines tels que l’agriculture, l’architecture, le tissage ou encore la musique, que les Chiquitos ont conservé. L’ensemble missionnaire de la Chiquitanía est inscrit au Patrimoine Mondial de l’Humanité de l’Unesco.

Patrimoine, églises et musées: que voir dans les missions jésuites boliviennes?

San Javier (en savoir plus)
Fondée en 1691, San Javier, de son nom complet San Francisco Xavier de Los Piñocas, fut la première mission jésuite installée dans la Chiquitanía. Elle est située à 232 km au nord de Santa Cruz. L’église de style baroque métis a été construite entre 1749 et 1752, puis restaurée par deux fois. Son architecture intègre des colonnes sculptées et dessins en bois peints dans de pigments naturels. Le bâtiment est déclaré Monument National et Patrimoine Historique de l’Humanité.

Cette mission a accueilli dès 1730 la première école de musique de la région pour les membres de la communauté. En outre, il existe un atelier d’instruments de musique où sont fabriqués des harpes et des violons, entre autres. Le Museo Misional vaut le détour, avec ses instruments de musique fabriqués dans le village grâce au savoir des pères jésuites, mais aussi d’autres instruments fabriqués par les indiens avant leur arrivée. San Javier accueille, comme plusieurs des missions voisines, des évènements du Festival international de Musique Renaissance et Baroque, ce qui a contribué à impulser le tourisme dans la région.

Elle est entourée d’un paysage de dunes, recouvertes de forêts peuplées de palmiers cusi et des curieux bibosi et motacú. Actuellement, le village de San Javier vit essentiellement de l’activité agricole et de l’élevage et compte quelques 15.000 habitants.

Concepción (en savoir plus)
La mission de Concepción, située à 290 km au nord-est de Santa Cruz de la Sierra, fut fondée en 1709. Peu après sa création, le village fut sur le point de s’éteindre en raison de la résistance de certaines populations autochtones. Il fut finalement refondé en 1722 par le père Juan de Benavente.
La Catedral de la Inmaculada Concepción de María, construite par le père jésuite Martín Schmid entre 1753 et 1756, est considérée comme le joyau des missions. Elle fut déclarée Monument National en 1950, restaurée en 1975 puis inscrite au Patrimoine Culturel de l’Humanité par l’Unesco en 1990. A l’intérieur, un magnifique retable en bois sculpté doré et polychromé dédié à l’Immaculé Conception orne le chœur de la nef centrale. A l’extérieur trône un remarquable clocher en bois.

Autre visite intéressante, celle des jardins et du patio du collège jésuite attenant à l’église, entouré des bureaux de l’Evêché et des locaux qui abritent les archives musicales. Ces dernières sont les partitions originales écrites et interprétées dans les missions. Le répertoire qu’elles constituent est unique en Amérique, par sa richesse et son originalité mais aussi par son histoire, brassage des cultures indigènes et jésuites. Les textes des partitions sont écrits en latin, guarani, espagnol et italien. Concepción a deux musées, le Museo Antropológico o Casa España et le Museo Misional, dédiés aux deux principales cultures autochtones de la Chiquitania, la chiquitana et l’ayorea. Chaque année au mois de novembre Concepción célèbre le Festival de l’orchidée, évènement qui rassemble des passionnés du monde entier.

San Ignacio de Velasco (en savoir plus)
San Ignacio est la capitale de la province de Velasco, au nord-est du département de Santa Cruz. La mission se trouve à 178 km de celle de Concepción, sur la route qui mène à la ville frontière de San Matias au Brésil. C’est aussi la porte d’entrée principale vers le Parc national Noel Kempff Mercado. Fondée en 1748, cette mission a été construite conjointement avec les indiens chiquitanos, guarayos et Zamucos, notamment. Elle compte aujourd’hui 41.000 habitants. L’église missionnaire de style baroque chiquitano a malheureusement été détruite par un incendie en 1808 mais des autels, des confessionnaux et la chaire ont pu être sauvés. On peut les voir dans l’église actuelle. San Ignacio est surtout connu pour ses ateliers artisanaux où sont encore fabriqués toutes sortes d’objets en bois, grâce à des techniques héritées des pères jésuites. Sur la place principale (Plaza 31 de Julio, date de création de la mission), un cadran solaire indique l’heure exacte depuis l’époque missionnaire. On peut aussi y observer des arbres centenaires, dont un magnifique bibosi entourant un palmier royal.

San Miguel de Velasco (en savoir plus)
A 37 km au sud de la capitale de la province, San Miguel de Velasco fut fondée en 1721 par les pères jésuites Francisco Hervas et Felipe Suárez aidés par les chiquitanos et une partie de la population de la mission de San Rafael, qui à cette époque avait quasiment entièrement disparue dans un incendie. L’église de San Miguel, construite en 1748 et rénovée au XXe siècle, est inscrite au Patrimoine Culturel de l’Humanité. La mission comporte d’autres attraits comme le Pozo jesuítico, un puits construit dans la roche, le Museo Etnofolklorico de la Casa de la Cultura et des ateliers artisanaux. San Miguel est le village comprenant la plus forte présence d’indiens de la Chiquitanía.

Santa Ana de Velasco (en savoir plus)
Santa Ana de Velasco, située à 40 km à l’est de San Ignacio, fut l’une des dernières missions construites dans la Chiquitanía. Le missionnaire jésuite P. Julián Knogler la fonda en 1755, soit seulement 12 ans avant l’expulsion des jésuites de la région. La construction de l’église étant à peine entamée à cette époque, ce sont les populations indiennes locales qui se sont chargées de la terminer. Plus petite que les autres églises des missions jésuites, son architecture est aussi moins complexe. On observe encore dans ce village d’environ 500 âmes, qui conserve une importante partie de l’ancienne structure de la mission, des maisons typiquement indiennes aux toits de chaume.

San Rafael (en savoir plus)
C’est la seconde mission fondée dans la Chiquitanía en 1696. Ses fondateurs sont les pères jésuites Juan Bautisto Zea et Francisco Hervas, aidés d’un millier d’indiens de diverses tribus. Elle est située sur les berges du Rio Gaubys, à 37 km à l’est de San Miguel de Velasco. Inscrite au Patrimoine Culturel de l’Humanité, l’église de la mission de San Rafael fut construite entre 1747 et 1749 par le père Martín Schmid et récemment restaurée. Elle conserve ses gigantesques toiles dans la Sacristie et du mobilier sculpté encastré dans les murs. La chaire est ornée de mica argenté et de l’image de San Rafael. L’autel a également une couverture de mica rose. Le toit de son église est diffèrent des autres églises missionnaires : il est construit à partir de roseaux et de bois.

San José de Chiquitos (en savoir plus)
La mission jésuite de San José de Chiquitos est située à 270 km à l’est de Santa Cruz, dans le Bosque Seco Chiquitano, la forêt sèche la plus vaste du monde. On la trouve au croisement du bassin amazonien, du Pantanal et du Chaco. Cette mission date de 1697, lorsque les pères jésuites Felipe Suarez et Dionisio de Avila choisirent de s’installer à quelques km du site originel de Santa Cruz, connu sous le nom de Santa Cruz la Vieja. En 1990, San José de Chiquito fut inscrit au Patrimoine Historique et Culturel de l’Unesco, dans la catégorie des patrimoines vivants. Son église est la seule de la Chiquitanía construite en pierre. En ce sens, elle se rapproche des missions paraguayennes et argentines. Cette mission, considérée comme l’une des plus intéressantes des Chiquitos, comptaient quatre chapelles. Actuellement on peut y apprécier son église construite en 1731, une chapelle mortuaire, la maison des pères datant de 1754 et une tour avec un clocher de 1748.

Parmi les centres d’intérêts touristiques autour de San José de Chiquitos, on trouve le site historique de Santa Cruz la Vieja, où Ñuflo de Chavez fonda la première Santa Cruz en 1561. Egalement, plusieurs miradors permettent de prendre de la hauteur pour admirer San José et ses environs. D’autres petits arrêts par les étranges formations rocheuses de la Valle de la Luna, la lagune Léteï ou encore le mont Turubo sont conseillés. Sur la route menant à San Ignacio, on rencontre une colonie mennonite dont le mode de vie fait l’effet d’un voyage dans le temps.

Sanctuaire de Chochis
Le village de Chochís, à 400 km de Santa Cruz, appartient à la Serrania de Santiago, l’élévation la plus haute de la zone. Il est dominé par le spectaculaire Cerro Chochis et entouré par de remarquables formations d’origine volcanique. En 1979, une éruption volcanique accompagnée de fortes pluies et de glissements de terrain emporta un quartier entier de la zone voisine d’El Portón ainsi que de nombreuses vies humaines. Suite à cette catastrophe, un sanctuaire fut édifié au pied de la Torre de Chochís en mémoire des disparus. Baptisé Santuario de la Virgen Asunta ou encore Mariano de la Torre de Chochis, ce sanctuaire est l’œuvre de l’architecte Hans Roth, le même qui s’est chargé de la restauration des églises des missions. Il contient une magnifique collection de sculptures en bois, fruit de l’héritage artistique et religieux laissé par les jésuites aux peuples autochtones, et de la créativité de Hans Roth qui à travers ses œuvres d’art relate l’histoire d’El Portón. En alliant art, nature et histoire, Chochis est une très belle étape de la Chiquitania.

Santiago de Chiquitos
Santiago de Chiquitos est l’une des dernières missions jésuites établies dans la Chiquitania. On la trouve dans les collines de la Réserve Municipale de la Vallée de Tucavaca qui protège le Bosque Seco Chiquitano, à 22 km à l’est de Roboré. Elle fut fondée en 1754 par les pères Gaspar Troncoso et Gaspar Campos sur les rives du Río Aguas Calientes, avant d’être déplacée 10 ans plus tard sur son emplacement actuel. La zone montagneuse de Santiago offre de nombreuses possibilités de randonnées ou excursions, réalisables à pied ou à cheval.

Fêtes et événements dans les missions jésuites

Festival Internacional de Música Renacentista y Barroca Americana : la région de la Chiquitanía accueille tous les deux ans ce festival de musique baroque, dont la réputation est désormais mondiale. Créé en 1996 dans le but de préserver et de diffuser le patrimoine culturel et artistique des missions de la Chiquitanía, ce festival met en lumière l’héritage musical laissé par les pères jésuites dans le décor hors du commun offert par l’architecture baroque des villages Chiquitos et les paysages naturel de l’Orient bolivien. L’événement, considéré comme le festival de musique baroque le plus important au monde, rencontre un grand succès.

Festival de la Orquídea : le premier week-end d’octobre, exposants, scientifiques, collectionneurs et visiteurs se rassemblent à Concepción tous les ans pour assister au Festival National de l’Orchidée. En effet, la forêt de la Chiquitanía, déclarée Sanctuaire de l’orchidée, est un véritable musée naturel où il est possible d’observer plus de 120 espèces d’orchidées parmi les 1.500 présentes en Bolivie. L’emblème de Concepción est d’ailleurs l’orchidée appelée Cattleya Nobilior qu’on ne trouve qu’à Concepción.

Hôtels : où loger dans la Chiquitania ?

Gran Hotel Concepción : hôtel chaleureux situé sur la place centrale de Concepción, dans le style architecturel des missions jésuites de l’époque. Le patio intérieur, ainsi que la décoration offrent un dépaysement temporel. Piscine extérieure et jardin.
Hotel Parador Santa Ana Chiquitos (San Ignacio) : cet hôtel boutique décoré dans un style colonial se trouve au cœur de la Chiquitanía. Il propose des chambres spacieuses et lumineuses. Le restaurant de l’hôtel sert toutes sortes de mets pour découvrir la gastronomie locale. A noter également, l’hôtel compte une terrasse, un patio et un jardin.
Villa Chiquitana (San José de Chiquitos) : cet hôtel pratique l’Ecotourisme responsable. Point de départ de nombreuses excursions dans la région, Villa Chiquitana est l’endroit idéal pour séjourner quelques jours. Il possède une piscine extérieure, une terrasse et un jardin.
Momoqui Hotel (San javier) : il s’agit de l’adresse chic du village de San Javier. Les cabañas sont confortables et ont l’air conditionné, mini bar et salle de bain privée. Grande piscine.
Hotel chiquitos (Concepción) : cet hôtel, à quelques minutes de l’aéroport de Concepción, est typique du style colonial. Construit dans un cadre verdoyant, il sera le lieu idéal pour découvrir les charmes de la nature luxuriante de la région de Chiquitania.
Hotel La Mission (San Ignacio) : de style colonial, il se trouve sur la place principale de San Ignacio de Velasco en plein cœur de la Chiquitania. Le restaurant de l’hôtel, El Toborochi, propose à la fois des plats internationaux et typiques de la région à savourer sous les arcades du patio principal. Dispose également d’une piscine.
Appart Hotel San Ignacio : proche de la gare routière de San Ignacio, cet hôtel offre des chambres spacieuses. Sa cour intérieure de type colonial ainsi que son jardin fleuri et sa piscine font que tous les ingrédients sont réunis pour passer une nuit au calme et se reposer.
Hôtel Bolivie, San Ignacio de Velasco : idéalement situé sur la place principale, cet hôtel a été construit sur un modèle de mission jésuite. Une ambiance reposante et tranquille flotte autour de la piscine et du jardin.

Transports : comment se rendre dans les missions jésuites de la Chiquitania ?

Santa Cruz est le point de départ pour les excursions dans la Chiquitanía. De là il faut prendre un bus, un 4×4 ou un avion privé poru se rendre dans la Chiquitania. Pour se rendre à Santa Cruz :

Avion : l’aéroport Viru Viru, situé à 18 km de Santa Cruz de la Sierra est celui des vols internationaux mais aussi de ceux en direction de La Paz ou Cochabamba. L’aéroport El Trompillo, à 2 km de la ville, est quant à lui le point de départ des vols locaux en direction de Sucre, Trinidad et également La Paz ou Cochabamba.

Bus : des bus permettent de relier Santa Cruz avec les nombreuses villes de la région comme Sucre, Cochabamba ou Potosí. Les voyages se font majoritairement de nuit avec un départ vers 20h pour éviter les chaleurs de la journée. Pour les voyageurs pressés, il vaut mieux prendre l’avion car les retards et les pannes sont fréquents en particulier durant la saison humide durant laquelle il arrive que les pistes ne soient plus praticables par les bus pour cause d’intempéries.

Train : le réseau s’améliore progressivement mais les trains roulent encore assez lentement. Deux lignes principales relient la gare de Santa Cruz à Yacuiba (à la frontière avec l’Argentine) ou à Quijarro (frontière brésilienne).