Le Parc national Sajama, Bolivie : guide de voyage

Géographie, climat, patrimoine, fêtes, gastronomie, restaurants, hôtels, circuits.

Situation géographique et climat du Parc national Sajama

Le Parc national Sajama fut en 1939 le premier parc créé en Bolivie, afin de protéger la plus haute forêt de Queñuas du monde. Celle-ci, menacée de disparition et d’un grand intérêt scientifique, se dresse sur les flancs du volcan jusqu’à une altitude de 5 000 m.

Le parc se trouve dans la Cordillère des Andes, au sud-ouest du département d’Oruro. Il se situe en outre à la frontière avec le Chili, plus particulièrement le Parc national Lauca. Il doit son nom à l’imposant volcan Nevado Sajama, qui domine toute la région, et pour cause : c’est le plus haut sommet du pays et l’un des volcans les plus élevés du monde avec ses 6 542 m. L’ensemble du parc, qui couvre plus de 100 000 hectares d’altiplano, est situé en altitude, entre 4 000 et 6 542 m.

Climat
Conséquence de l’altitude, le climat de la région est froid et semi-aride, empêchant l’agriculture. Les températures moyennes annuelles tournent autour de 10 °C et sont constamment négatives durant la nuit. L’été, la température moyenne est de 7,5 °C et l’hiver de -14°C. Voir notre fiche : Quand partir en Bolivie.

Faune et flore
La faune du parc comprend des espèces animales caractéristiques de la puna comme le zorrino ou mouflette, le húron ou grison et le renard andin. On rencontre en outre 71 espèces d’oiseaux dont le suri, la parina grande ou le picidae (oiseau charpentier) qui sont les plus menacées. Pour ce qui est des mammifères, 27 espèces sont représentées dans le parc. Le quirquincho ou tatou des Andes, le taruca, cousin du huemul de Patagonie, le titi et la vigogne sont menacés d’extinction, même si la création du parc permet peu à peu leur rétablissement. Outre la fameuse forêt de Queñuas, la flore est également très riche, avec notamment 154 espèces de fleurs recensées.

Population au Parc Sajama

On estime à 300 le nombre de familles vivant dans la région, dont 100 d’entre elles au sein-même du parc. De culture aymara, elles ont particulièrement bien conservé leur organisation sociale traditionnelle et leurs coutumes. Leur activité principale tend cependant de plus en plus vers le tourisme. De nombreux hommes se sont reconvertis en guide de montagne ou en taximan, tandis que les femmes vivent de l’élevage de camélidés, particulièrement d’alpaga, ainsi que de la vente des étoffes tissées et de la viande de lama.

Patrimoine et sites naturels : que voir au Parc national Sajama?

bullet Les 3 volcans du parc
De nombreuses randonnées et balades de haute montagne permettent de profiter des paysages exceptionnels au milieu des troupeaux de lamas. Les plus audacieux pourront s’attaquer aux sommets des volcans dominant l’Altiplano. L’imposant Sajama, depuis le mirador situé à 4 540 m d’altitude, offre une vue imprenable sur les terres désertiques à la couleur ocre sur lesquelles se détachent les lagunes, comme celle de Huayna Khota. Les nevados jumeaux Parinacota (6340) et Pomerape (6240) proposent aussi de très jolies randonnées sur leurs flancs, comme de plus rudes expéditions pour les andinistes.

bullet Village de Sajama
Ce village d’origine pré-hispanique abrite la jolie petite église de Nuestra Señora de Navidad, qui se dresse sur la place principale avec son toit de chaume. Elle aurait été construite par les colons espagnols autour de 1800, à l’emplacement d’un ancien temple préhispanique. On peut découvrir également dans le village l’artisanat local à base de laine de vigognes et de lamas.

bullet Tomarapi
Ce petit village, à la lisière nord du parc, bénéficie d’une vue ensoleillée sur le Sajama du matin au soir. On peut y admirer une très belle église de style colonial, typique de l’altiplano. Construite au XVIIe siècle, son atrium est pavé de pierres colorées. Le hameau abrite par ailleurs l’écolodge Tomarapi, tenu par des villageois, qui est de loin la meilleure option pour dormir sur place.

bullet Geysers de Juchusuma
Ces dizaines de petits geysers, regroupés sur le même site à quelques kilomètres du village de Sajama, offrent un spectacle impressionnant. Les lumières de fin du jour y sont particulièrement belles.

bullet Les eaux thermales de Kasilla
Une étape incontournable, également à quelques kilomètres du village. Rien de tel, après une longue randonnée, que de se relaxer dans l’une de ces piscines naturelles d’eau chaude, avec une vue imprenable sur le cerro Sajama. Le propriétaire des lieux vous invite volontiers à profiter des sources volcaniques de son jardin !

Patrimoine et sites naturels : que voir dans les environs?

bullet Les églises coloniales
Aux abords du parc se trouvent plusieurs églises coloniales comptant parmi les plus anciennes du pays.

Sur la route Patacamaya – Sajama (à 30 min. de Sajama) se dresse l’église de Curahuara de Carangas, village typique de l’altiplano. Elle date de 1608 et des premiers temps de l’évangélisation chrétienne de la région par les missionnaires augustins. Les fresques bibliques recouvrant les murs sont extrêmement bien conservés et lui ont valu le surnom de Chapelle Sixtine de l’Altiplano. Les fresques du toit et du presbytère, les plus récentes (XVIIe siècle), représentent le Christ Triomphant entouré par les apôtres. Dans la nef on peut admirer une représentation du Jugement Dernier, de la Cène ou encore de la Naissance de Jésus. Cette charmante église est par ailleurs classée Monument national et abrite une statue de Santiago de Curahuara de Carangas, le patron du village.

Un programme mondial, El Fondo del Embajador para la preservación cultural (Fond de l’Ambassadeur pour la préservation culturelle) a été mis en place en 2001 pour protéger le patrimoine bolivien, avec notamment un investissement important de l’Ambassade des Etats-Unis. Le projet Préservation des Eglises Coloniales de Curahuara de Crangas se donne plus spécifiquement pour objectif de restaurer les 11 églises coloniales de la région. Parmi celles-ci on peut citer les églises de Sajama, de Tomapari, de Huchusuma, de Lagunas, ou encore de Santa Bárbara, qui datent du XVII ou du XIXe siècle et possèdent également de très belles fresques.

bullet Les chullpas
On peut observer ces sépultures, représentatives de la culture et des croyances aymaras, sur différents sites le long de la route menant de la Paz au Parc Sajama. Cependant, les plus belles de Bolivie sont sans doute les chullpas du Río de Lauca, à la frontière chilienne, et qui sont les seules peintes du pays. Ces tombeaux faits de brique en terre crue sont en effet couverts de motifs pré-colombiens rouges, blancs, verts et noirs que l’ont retrouve sur les textiles typiques de la région.

bullet Putulma
En direction de Turco, passé le Río Jaliri, se trouve un site de peintures rupestres découvert par Roy Querejazu Lewis. Ces dernières représentent des cavaliers à cheval peints en noir, datant de la période coloniale, qui se superposent aux lamas blancs de l’époque préhispanique. On peut aussi noter la présence de bétail bovin et d’une croix chrétienne, ainsi que la représentation d’une montagne de la forme du volcan Sajama.

bullet Yaraque
Ce second site de peintures rupestres de la région est également connu sous le nom de Kelkata-Yaraque. Il abrite des arts rupestres préhispaniques et coloniaux, principalement des représentations d’animaux comme des félins peints en rouge, noir ou blanc. Les indiens boliviens y pratiquent également des rites pour créer une connexion entre les arts rupestres et leurs divinités. Selon ceux-ci, les montagnes sont en effet des lieux sacrés où résident les esprits des morts et les divinités protectrices.
On trouve aussi dans la région de Yaraque le site d’arts rupestres de Korini, actuellement un lieu de pratiques religieuses indiennes, comme des offrandes d’animaux.

Gastronomie : que manger?

bullet Chairo : soupe typique de l’altiplano andin. Epaisse, elle se sert bien chaude et accompagnée de locotos verdes, un fruit piquant sud-américain. Elle se compose de produits typiques de la région tels que le chuño (pomme de terre déshydratée), la patate douce, la chalona (viande d’agneau) et le mote pelado (maïs pelé).
bullet Sajta de pollo: préparation à base de poulet, de chuño (pomme de terre déshydratée) et d’oignons, relevée par une délicieuse sauce a l´ají amarillo (sorte de piment).

Hôtels : où loger dans le Parc Sajama?

bullet L’Auberge éco touristique de Tomarapi : situé dans le village du même nom à 4 300 m d’altitude, elle est le choix le plus confortable du Parc.

Cette auberge est un projet communautaire mis en place et géré par les habitants du village tout proche de Caripe, afin de compenser la mono-activité que représente l’élevage et d’accueillir au mieux les touristes. Des guides locaux se feront également un plaisir de vous faire découvrir la région et ses trésors naturels.

Vous logez dans de petites maisons simples mais confortables pour la région, composées de chambres pouvant accueillir de une à trois personnes. La cuisine offre des spécialités locales comme de la viande de lama ou d’alpaga.

Transports : comment s'y rendre?

Depuis La Paz, l’arrivée au parc se fait en passant par une route dans sa majorité asphaltée. En poursuivant vers le Chili, celle-ci permet d’accéder au Parc national Lauca puis à la ville d’Arica. Des bus partent de La Paz en direction d’Arica et d’Iquique. On peut s’arrêter admirer l’église de Curahuara de Carangas sur le trajet. En venant d’Oruro, il faut suivre la direction de Turco, puis continuer jusqu’à Cosapa une fois le village passé.