Visite du département et ville de Tarija, Bolivie : guide de voyage

Géographie, climat, histoire, fêtes, patrimoine, musées, monuments, hôtels, transports.

Situation géographique de Tarija

Tarija, à l’extrême sud de la Bolivie, est partagée entre trois écosystèmes distincts : la zone andine avec la cordillère de Sama, celle des vallées au centre et enfin la zone du Chaco, plus tropicale. La région est particulièrement connue pour sa production viticole. La capitale du département est la ville de Tarija, aussi connue sous le nom de la ciudad de las flores, la cité des fleurs. Elle se trouve dans une vallée s’élevant à 1.860 m d’altitude.

Tarija, Bolivie

Climat : le climat est tempéré dans la partie ouest du département et sec et chaud dans la région du Chaco. La température moyenne oscille entre 12 et 18 degrés. La région est parfois traversée par des vents froids en provenance du sud, les surazos, qui peuvent entraîner des chutes de températures brutales. La ville de Tarija est située en bordure du fleuve Guadalquivir et bénéficie un climat tempéré, idéal pour les vignobles et la production de Singani, la liqueur typique de la région. Voir notre fiche : Quand partir en Bolivie.

Fêtes et événements à Tarija

Fiesta de la Vendimia, Vallée de Concepción, fin février-début mars : la fête des vendanges, élevée au rang de Patrimoine culturel de Tarija est l’événement le plus important pour les viticulteurs de la région. Il marque la fin de la culture des vignes et le début du processus de l’élaboration du vin. A cette occasion, les visiteurs peuvent assister à l’élaboration du vino patero, fabriqués en piétinant le raisin. Concert, dégustations et humeur festive assurée !

Que voir à Tarija?

Ville de Tarija
La charmante ville de Tarija offre un aspect bien différent de la Bolivie telle qu’on l’imagine. En effet, il y flotte un air d’Andalousie, pimenté des prémices de la pampa argentine. Créée en 1574 sur ordre du vice-roi de Toledo, Tarija fut longtemps une base pour les Dominicains et les Franciscains. Elle possède quelques très beaux témoignages architecturaux de l’époque coloniale tels que la cathédrale Métropolitaine, le Cabildo ou encore le couvent de San Francisco.

Plaza de Armas Luís de Fuentes y Vargas
Historiquement haut-lieu de rencontres sociales, la place est encore aujourd’hui le centre administratif et politique de la ville de Tarija. Cette belle place ombragée par les palmiers est en effet entourée de la Mairie, du Gouvernement du département de Tajira, du Conseil Municipal, de banques ou de restaurants renommés. Aujourd’hui, c’est encore autour de la fontaine centrale que se déroulent le Carnaval, les défilés, les fêtes religieuses ou les événements politiques.

Chapelle Lomas de San Juan
Fondée en 1632, cette Chapelle au style colonial renferme une page de l’histoire de la ville puisque c’est dans ses murs que les espagnols signèrent leur reddition et laissèrent la ville aux mains des indépendantistes en 1817. Aussi appelé Mirador de San Juan, la Chapelle permet de profiter d’une très belle vue sur toute la ville de Tarija. Son architecture d’une blancheur éclatante sous le soleil de Tarija est typique du style colonial.

Eglise San Roque
Achevée en 1887, cette église est la plus importante et la plus étonnante de la ville avec ses couleurs bleues et blanches. Située en haut de la colline au bout de la rue du général Bernardo Trigo, son balcon servait auparavant d’observatoire pour les gardes de la ville. Cette Eglise est également le centre de l’un des festivités les plus importantes de la ville : la Fête du Saint Patron de la ville, San Roque, l’un des saints les plus vénérés par les habitants.

Rio Guadalquivir
Le Rio Guadalquivir traverse la ville de Tarija. Il doit son nom à ses similitudes avec le fleuve Guadalquivir en Andalousie. Ses eaux sont constituées de nombreux ruisseaux comme le Chamata, le Vermillo ou le Trancas qui naissent à plus de 3.400 m d’altitude. Il se jette ensuite dans le Rio Grande qui forme la frontière naturelle entre l’Argentine et la Bolivie.

La Casa Dorada
Ce magnifique édifice est l’emblème de la ville de Tarija. Il date du début du XXe siècle et a été bâti à l’initiative d’un riche magnat de la région, Moisés Navajas. Construite dans un style Art Nouveau, elle est connue pour ses façades kitsch de couleur or et blanc. L’intérieur est tout aussi tape-à-l’œil avec des murs colorés et une décoration chargée. La Casa Dorada fut la demeure du riche tarijeño avant de devenir un important centre commercial dans les années 1900. Aujourd’hui elle renferme la Maison de la Culture de Tarija.

El Castillo Azul
Ce bâtiment est encore aujourd’hui le sujet de nombreuses légendes. Il fût, tout comme La Casa Dorada, construit pour le riche propriétaire Navajas, dans le but de servir de seconde maison de famille. Ses façades d’un bleu soutenu sont connues dans toute la ville. L’édifice, Patrimoine National de Bolivie, est aujourd’hui une propriété privée mais peut se visiter.

Balneario de Tomatitas
A 4 km au Nord de la ville de Tarija, c’est le lieu où convergent les eaux des fleuves Guadalquivir, Erquis et la Victoria. Les espaces verts, piscines, bosquets et terrains de sport ont fait de cet endroit un espace de distraction prisé. Les environs de Tarija comptent plusieurs autres piscines naturelles où il est possible de se rafraichir, notamment les cascades de Coimata, les Chorros de Jurina ou encore les chutes d’eaux de la réserve biologique de la cordillère de Sama.

San Lorenzo
A 20 km au nord de Tarija, San Lorenzo est un village à l’architecture coloniale, célèbre pour être le berceau du guérillero El Moto Méndez, leader de la lutte contre les espagnols et héros de l’indépendance bolivienne. Il est possible de visiter son ancienne demeure, aujourd’hui transformée en Musée national dans lequel sont conservés bon nombre de ses effets personnels. Le village en lui-même est très pittoresque avec de grandes casonas de style andalou ornées de ravissants balcons.

Chapelle La Merced de Lajas
Petite Chapelle située à 5 km au nord de San Lorenzo, au bord d’une route goudronnée. C’est dans cette chapelle que sont conservés les restes du Colonel Lino Morales, héros de la Guerre du Pacifique de 1879.

Casa de Don Honorio Méndez
A près de 3 km de la localité de San Lorenzo se situe El Picacho (Le pic, le sommet), la demeure Don Honorio Méndez est désormais la résidence de l’ex-président bolivien Jaime Paz Zamora. Au bord du fleuve Guadalquivir, la maison est accrochée aux flancs d’une haute colline rocailleuse qui lui a donné son surnom. De chaque côté de ce pic rocheux se forment des piscines naturelles où de nombreuses familles tarijeñas venaient auparavant se baigner. A 50 m de là vous pouvez aussi voir deux moulins à grains construits par Don Honorio.

Cordillère de Sama
A 70 km à l’ouest de Tarija, la cordillère de Sama abrite une réserve biologique destinée à préserver cette région de l’altiplano. Entre dunes et lagunes peuplées de flamants roses, vestiges archéologiques, art rupestre et chemins incaïques, la cordillère de Sama cache de nombreux trésors. Parmi les balades qu’offre la région, notons celle qui mène à une série de lagunes alto andines. On trouve notamment la superbe lagune Tajzara, qui plaira tout particulièrement aux amateurs d’observation aviaire et qui peut s’effectuer en une journée au départ de Tarija. Une autre option consiste à emprunter un ancien chemin incaïque depuis Calderillas, dans la partie haute de la Cordillère, puis de descendre jusqu’à la vallée de Pinos en traversant ces paysages époustouflants.

Réserve biologique Cordillère de Sama
Cette réserve située au sein de la cordillère de Sama s’étend sur plus de 10.000 ha. A plus de 3.600 m d’altitude, les 4 belles lagunes qu’elle abrite constituent un lieu de vie idéal pour les nombreuses espèces d’oiseaux aquatiques, dont 3 espèces de flamants roses différentes. La Réserve protège également plusieurs espèces de mammifères comme le puma, le lama, le renard ou le cerf andin. Il est également possible de voir au cœur de la réserve des ruines incas datant d’il y a plus de 8.000 ans, ou encore des peintures et sculptures rupestres. Aujourd’hui, une communauté de 4.000 personnes d’origine aymara et quechua, descendants du peuple inca, vit encore dans cet espace naturel.

La ruta de los vinos (en savoir plus)
La vallée de Santa Ana, au sud-est de Tarija et decelle de Concepción, se trouve à une trentaine de km de Tarija. Elle se caractérise par une importante production vitivinicole. Un microclimat favorable permet la culture de nombreux cépages tels que le cabernet sauvignon, la barbera, le merlot, la moscatel et bien d’autres, desquels on obtient les fameux vins et singanis boliviens. La route des vins permet de visiter les différents vignobles et bodegas de la région et de déguster leur production. La première vigne fut amenée dans la région des vallées boliviennes par les colons espagnols en 1584 suite à la découverte de sols et d’un climat similaires à ceux des régions vinicoles espagnoles. Actuellement, la production de vins boliviens dépasse les 6.000 litres par an, pour une qualité en constante augmentation.

Vallée de La Concepción
Cette vallée est connue pour être le centre principal de production de vin et de singani, la liqueur de raisin de Bolivie. C’est une destination appréciée des touristes, en particulier durant la période des vendanges au mois de février, car une fête y est organisée. C’est dans ce paysage vert et fertile que se sont implantées plusieurs bodegas. Les vins locaux ont un arôme tout particulier du fait des propriétés climatiques et géologiques de la zone. En effet, les vignes poussent ici à une altitude de plus de 1.700 m en moyenne et plongent leur racine dans un sol jonché de fossiles qui donnent au vin un goût si unique.

Uriondo
Situé dans la vallée de la Concepción, Uriondo est un petit village entouré de vignes, avec une chaîne de montagne en arrière plan. En vous promenant dans ses rues typiquement coloniales, vous pouvez apercevoir les deux tours de l’église, qui vaut aussi le détour. Il existe également quelques bodegas centenaires à Uriondo, en particulier la Casa Vieja, où vous pourrez déguster d’excellentes bouteilles.

Valle de Los Cintis
A une altitude de près de 2.350 m, la vallée de los Cintis est une terre où l’on produit du vin et du singani depuis plus de 500 ans. La vallée est parsemée de bodegas anciennes dont la tradition est apparue avec les premières missions jésuites installées dans la région. Avec un climat tempéré, peu de pluie, beaucoup de soleil et un sol ferreux, la vallée est un terreau donnant des grains de raisin particulièrement sucrés, servant à produire un vin aux arômes typiques.

Villa Abecia, Valle del Cinti
Ce petit village forme comme une oasis verte au milieu de la vallée del Cinti dont la terre est colorée de tons ocre et rouge. Autour de celui-ci s’étendent en effet d’innombrables pieds de vignes, spécialité de la commune. La vue sur la ville est particulièrement incroyable depuis les montagnes alentours.

Peintures rupestres de Higuerayoc
A 2 h de route en voiture depuis Villa Abecia sur des pistes de terre, on trouve le petit village de Higuerayoc. Cette localité de moins de 50 habitants est connue pour sa grotte la Salamandra, abritant de nombreuses peintures rupestres. On peut y découvrir notamment des représentations d’hommes en train de chasser, des serpents ou des symboles abstraits peints de plusieurs couleurs. Un voyage incroyable à travers l’histoire.

Camargo, vallée de Los Cintis
A 2.406 m d’altitude, la ville de Camargo constitue une étape idéale entre les villes de Tajira et de Potosí. Au beau milieu de la vallée de los Cintis et au bord du río Chico, la ville possède un climat tempéré qui laisse la place à la culture de nombreux fruits, et notamment du raisin. La ville est en effet entourée de vignes et sa production de vin et de singari est l’une des plus importantes et des meilleures de Bolivie. En empruntant les chemins sinueux des monts environnants il est possible d’atteindre de splendides points de vue sur la ville verte plantée au beau milieu des montagnes ocres de la région.

Frontière Agua Blanca et Bermejo
Des différents chemins pour passer la frontière entre l’Argentine et la Bolivie, celui-ci est probablement le plus sûr et le plus beau. La route sinueuse de montagne serpente au milieu des plus hauts coteaux de vignes au monde puis rejoint la ville de Tarija. La route passe par plusieurs ponts et viaducs qui permettent d’avoir une belle vue sur les vallées. La frontière peut également se franchir en marchant ou à vélo en suivant les chemins précolombiens. Vous pouvez aussi découvrir certains lieux d’écotourisme comme celui de la Vallée des Condors où de beaux spécimens de cette espèce se laissent apercevoir.

Reserva Nacional de Flora y Fauna Tariquía
Dans cette réserve naturelle de près de 2.500 km2, il existe plus de 808 espèces de fleurs et approximativement 1.500 variétés de plantes. La réserve est aussi un lieu d’accueil pour des espèces animales, parfois venue de tout le pays. Dans cet espace vivent, entre autres, des ours jucumani, des pumas, des cerfs taruca, ainsi que plusieurs espèces de singe et d’oiseaux. On y accède par des sentiers et des restes de chemins précolombiens. La réserve permet également de découvrir quelques ruines de missions jésuites et dominicaines.

Canyon de La Angostura
Situé à 18 km de Tarija, ce canyon est une haute et étroite brèche donnant sur la vallée. Il permet de profiter d’une superbe vue sur les vignobles de la région, en particulier depuis le pont situé à l’Ouest. On pense qu’à l’époque du quaternaire existait un lac à l’endroit de la ville de Tarija. Celui-ci se serait déversé par la brèche de l’actuel canyon créée lors d’un puissant séisme. La visite est rapide mais vaut le détour.

Observatoire astronomique de Santa Ana
A 14 km de la ville de Tarija, dans la localité de Santa Ana, il est possible de visiter l’Observatoire astronomique de la région. Ce complexe international, partenariat entre les municipalités locales et le gouvernement du Japon, comprend plusieurs télescopes et un planétarium modernes. Dans ce dernier vous pouvez notamment profiter d’une simulation en accéléré d’une nuit sous les étoiles, du crépuscule à l’aube.

Quebrada de Rujero – Site archéologique de Rujero
Non loin de la vallée de Tarija se trouve la vallée blanche et crevassée de Rujero. L’histoire géologique de ce lieu est particulièrement intéressante : durant le quaternaire, il y a près de 2.5 millions d’année, cette vallée était un grand lac entourée de forêts. Cependant, l’ouverture des canyons de San Luis, Ancón grande, Ancón chico et de la Angostura suite à un séisme permit à l’eau de s’échapper. Ce changement climatique brusque modifia totalement le climat de la région et provoqua l’extinction de tous les grands animaux de plus de 50 kilos. C’est pourquoi aujourd’hui la vallée est un paradis pour les paléontologues qui y retrouvent un nombre de fossiles impressionnants, datant de 21.000 ans à 20 millions d’années.

Gastronomie : que manger à Tarija?

Outre ses célèbres boissons, vins pateros ou singani (eau-de-vie distillée a base de raisin Moscatel), Tarija à une gastronomie locale riche. Voici quelques uns des plats typiques à déguster dans le département :

Saice Chapaco :
c’est le plat le plus représentatif de la cuisine tarijeña. Il est élaboré à base de viande hachée, de pomme de terre, de petits pois et d’oignons, agrémenté de divers condiments. Cette préparation est généralement accompagnée de riz et de sarsa, une salade de tomates et d’oignons.
Arvejada : cet autre met typique est un mélange de petits pois, de viande et de piments, le tout accompagné de riz. Le chancao, le guiso chapaco, la ranga et les picantes font également partie de la cuisine traditionnelle. Pour ce qui est des desserts, les plus typiques sont les empanadas ou les rosquetes, sortes de beignets.
Cangrejo de rio : l’aliment principal de ce plat typique est le crabe. Ceux-ci proviennent des rivières Tomatitas, Guadalquivir ou San Jacinto de la région de Tarija en Bolivie. Ils sont fris dans l’huile et généralement servis avec du riz et du maïs.

Restaurants : où manger à Tarija?

Taberna Bufalo : un décor charmant et une cuisine de qualité accompagnée des fameux vins boliviens, toujours sur la place principale de Tarija.
Gatto Pardo (place de Armas) : le Chat Noir, le restaurant à ne pas manquer dans la ville de Tarija, propose plats internationaux et bolivien. Situé sur la place principale, c’est la plus ancienne des tavernes de Tarija, dont la réputation n’est plus à faire. Ambiance familiale et chaleureuse au milieu de la décoration d’objets antiques.
Marqués (place de Armas) : construit en 1867, le Marqués est le restaurant le plus ancien de la ville de Tarija. Plats internationaux ainsi que des spécialités de poissons et de fruits de mer dans l’un des nombreux salons de l’édifice.
Peña cacharpaya : cette peña est un lieu festif où vous pourrez déguster des plats typiques de la région comme du chancho (porc) ou du bife de chorizo (bœuf) dans un décor rustique. Tous les vendredis et samedis sont organisés des concerts de musique folklorique en live.
La Cabaña de Don Pedro : excellente adresse pour goûter les delices locales. Nous recommandons le brunch buffet le dimanche, qui propose une grande variété de plats typiques de Tarija et de sa région. Mieux vaut arriver tôt pour ne pas avoir à attendre trop longtemps avant qu’une table se libère…

Transports : comment se rendre à Tarija?

Avion: l’aéroport Capitán Oriel Lea Plaza, est situé en périphérie, à 15 min. du centre-ville de Tarija. Des vols réguliers assurent les liaisons avec les villes de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz. La compagnie aérienne Boliviana de aviación (BOA) prévoit également de mettre en place une liaison Salta – Tarija.

Route: Tarija est reliée par une route asphaltée aux villes de Tupiza (230 km), de Potosí (370 km) et de Salta, de l’autre côté de la frontière argentine (560 km). Plusieurs compagnies de bus proposent des trajets entre ces villes. Ceux-ci se font essentiellement de nuit.