Visite du département et de la ville d’Oruro, en Bolivie : guide de voyage

Géographie, climat, histoire, fêtes, patrimoine, musées, monuments, hôtels, transports.

Situation géographique d'Oruro

Le département d’Oruro se situe à l’ouest de la Bolivie, au cœur de l’altiplano central de la cordillère des Andes, avec une altitude moyenne de 3.700 m. La ville d’Oruro, à l’est du département, en est la capitale. Il est entouré des départements de La Paz, Potosí et Cochabamba et partage une frontière avec le Chili. Les sols de la région sont riches en minéraux, avec notamment de l’étain, de l’argent, du plomb, ce qui a contribué à son développement économique. Parmi les nombreuses montagnes d’Oruro, notons le majestueux mont Sajama à 6.542 m d’altitude. Outre les Cerros de la cordillère, le département d’Oruro comprend des paysages plus diversifiés, avec notamment les lacs Poopó et Uru Uru, le Salar de Copaisa ou encore le Parc national Sajama.
Climat
Le climat y est froid presque toute l’année. La température annuelle moyenne est de 9 degrés. En été, elle peut grimper jusqu’à 20 degrés quand le soleil est au zénith. L’amplitude thermique entre les minimales varie d’environ 10 degrés suivant la saison. Le climat est particulièrement sec dans la puna brava. Voir notre fiche : Quand partir en Bolivie.

Fêtes et événements à Oruro

Carnaval d’Oruro, en février (en savoir plus) : tous les ans, au mois de février la ville d’Oruro accueille l’évènement le plus populaire du pays, le célèbre Carnaval d’Oruro. Inscrit comme Chef d’œuvre du Patrimoine Oral et Immatériel de l’Unesco depuis 2001, cette fête est une illustration du syncrétisme bolivien : elle est une synthèse de la culture andine et du christianisme amené par les espagnols au XVIe siècle. Durant trois jours de festivités, 250.000 visiteurs viennent assister à ces représentations de musique et de danses traditionnelles. La Vierge de la Candelaria, connue ici comme la Virgen del Socavón, est la représentante de ce remarquable syncrétisme.

L’évènement principal du Carnaval est une procession (entrada) durant laquelle les danseurs parcourent les rues de la ville durant près de 20 heures d’affilé. Les groupes folkloriques qui participent à l’entrada sont organisés en fraternités, pour certaines d’entre elles vieilles de plus de 50 ans. La danse emblématique du carnaval d’Oruro est la Danza de la Diablada, symbole de la lutte entre le bien et la mal. Celle-ci fait intervenir divers personnages bibliques représentés par des masques et des costumes fastueux. La Morenada, les Caporales, et une multitude d’autres danses rythment le carnaval et témoignent de la grande diversité culturelle et folklorique de la Bolivie.

La Fiesta de Ito, le 2 février : bien que la ville fût refondée par les espagnols en 1606, elle ne cessa jamais de représenter un lieu sacré pour le peuple Uru qui continuait de s’y rendre pour célébrer ses fêtes traditionnelles dont la grande fête de Ito. Au XVIIe siècle, les espagnols interdirent ces cérémonies que les indiens perpétuèrent pourtant en déguisant les dieux andins sous le nom d’icones chrétiennes et de saints. La fête d’Ito par exemple fut ainsi transformée en célébration chrétienne, la Candelaria, qui a lieu tous les ans le 2 février.

Que voir dans le département et la ville d'Oruro?

Ville d’Oruro
Oruro est la capitale du Département. Située à une altitude de 3.700 m, elle est entourée d’une chaîne montagneuse de 10 sommets, le plus haut étant celui de San Felipe. La ville fut un important centre de cérémonie préhispanique. Aux XIX et XXe siècles, la ville s’est développée essentiellement grâce à l’exploitation minière des gisements de plomb, d’argent et d’étain présents à proximité. Elle conserve encore aujourd’hui des témoignages de cette époque prospère. C’est également le premier centre ferroviaire du pays, point de départ de la voie qui descend vers Uyuni, Tupiza et la frontière argentine. Grâce à son célèbre carnaval, le second plus important d’Amérique latine, la ville est reconnue comme étant la capitale du folklore bolivien. Une multitude de lieux sont à visiter dans la ville, parmi lesquels de nombreux musées : le Museo Patiño Casa de la Cultura, le Musée Minéralogique et Géologique, le Museo Sacro Folklorico Arqueológico Santuario del Socavón, notamment.

Plaza 10 de Febrero
Cette place fut fondée au même moment que la ville d’Oruro en 1606, et fut le lieu de nombreux évènements historiques majeurs, du temps où Oruro était le centre économique du pays. Elle fut notamment le lieu de rassemblement des manifestants agricoles en 1739 ou de la Révolution du 10 février 1781, qui lui donna son nom. Ce fut également la première place goudronnée de Bolivie. Il s’agit désormais d’un passage incontournable pour le défilé de danseurs costumés du Carnaval d’Oruro. La nouvelle place possède de nombreux éléments architecturaux de style français comme la fontaine, les jardins et le kiosque. Elle reste aujourd’hui un lieu de rassemblement et de divertissement pour les habitants de la cité.

El Sapo del Socavón
La ville d’Oruro est pleine de légendes et de traditions, parmi lesquelles on retrouve celle du Sapo del Socavón. Cette formation rocheuse qui passe aujourd’hui presque inaperçue si on ne sait pas où elle se trouve, possède la forme d’un crapaud (sapo). Selon les croyances, le batracien se serait fait pétrifier par la Ñustra, la déesse protectrice de la ville aussi apparentée à la Vierge del Socavón. Ce Sapo de pierre est d’autant plus entouré de mystères qu’il existe d’autres formations rocheuses semblables, notamment au Nord de la ville. En 1962, sur le bord de cette formation rocheuse fût également construit le Monument aux Mineurs à l’intérieur duquel on retrouve des statuettes en bronze. Celles-ci représentent des mineurs au travail, l’un portant un fusil et luttant contre l’oppression. Aujourd’hui, sur le côté de cette œuvre, l’on peut également voir une carte de Bolivie sur laquelle le département d’Oruro est en relief ainsi qu’une sculpture moderne d’un masque de Diable, autre symbole fort de la ville.

Virgen del Socavón
Inaugurée début 2013 à l’occasion du Carnaval d’Oruro, l’œuvre monumentale a été édifiée à une altitude de 3.845 m. La statue, construite sur le Cerro santa Barbara, domine la ville du haut de ses 45 m de hauteur. C’est la plus haute figure religieuse de Bolivie. Elle dépasse ainsi de 5 m le Cristo de la Concordia de Cochabamba, et de 7 m le Cristo Redentor de Rio de Janeiro ! La Vierge del Socavón est la Sainte Patronne des Mineurs, une figure entourée d’une grande vénération par les habitants d’Oruro et de tout le pays. Le premier étage de la statue possède une chapelle pouvant accueillir jusqu’à 80 personnes.

La Vibora
La Vibora (la vipère) est une formation rocheuse qui s’étend sur une colline au Sud de la ville. Selon la mythologie du peuple Uru, le reptile aurait été envoyé par le Dieu Huari pour détruire leur ville mais fût pétrifié par la Ñustra, une déesse uru, parfois apparentée à la Pachamama ou à la Vierge del Socavon. Aujourd’hui, la tête du serpent est représentée par une sculpture et les habitants d’Oruro viennent lui porter des offrandes comme de la coca ou de l’alcool tous les premiers vendredis du mois.

Los Arenales
Au nord de la ville d’Oruro on trouve cette grande étendue de sable rougeâtre aussi appelée Hormigas (les Fourmis). La légende raconte que le Dieu Huari aurait envoyé une multitude des ces petits insectes à l’attaque du village du peuple Uru mais que ceux-ci, à l’instar de la vipère (Vibora) et du crapaud (Sapo) auraient été pétrifiés dans leur course par la déesse Ñustra, qui les aurait transformé en sable.

Monument Casco de Minero
Le Casque du Mineur est une sculpture réalisée par l’artiste cochabambino Fernando Crespo. De près de 6 m de diamètre, sa structure en fer blanc reflète les rayons du soleil et scintille au dessus de la zone nord de la ville d’Oruro. Cette œuvre réalisée en 2003 est déjà emblématique de la ville et rend hommage aux nombreux travailleurs des mines de la région.

Lac Poopó
Le lac Poopó, dans la province du même nom, est le deuxième plus grand lac bolivien. Situé à 55 km de la ville d’Oruro et à 3.686 m d’altitude, il est parfois nommé le nombril du monde. Depuis 2003, le lac est inscrit au registre des sites RAMSAR grâce à la qualité de son écosystème et son rôle dans la préservation de la biodiversité alto andine. Par ailleurs, le lac se déplace suivant le volume d’eau qu’il reçoit durant la saison des pluies ou encore en fonction des apports provenant des fleuves Desaguadero et Márquez. En raison du phénomène d’évaporation le lac pourrait se transformer en un nouveau Salar. Sur le lac, l’île de Panza sur laquelle vivent les Uros permet de pratiquer la pêche dans le plus grand calme. Dans les environs, on observe des terrasses agricoles d’origine précolombienne témoignent de l’ingéniosité des communautés indiennes de l’altiplano andin central.

Cratère de Jayu Khota (ou Quta en aymara)
Au nord-est des Salinas de Garci Mendoza, le cratère de Jayu Quta, d’une profondeur de 20 m. offre un spectacle hors du commun. Une météorite serait à l’origine de la formation de ce cratère, communément appelée Maracanacito par les habitants de la région.

Sanctuaire du Señor de Quillacas
Ce Sanctuaire se trouve au sommet du mont du même nom, sur la Ruta Intersalar. Il a été déclaré Patrimoine Culturel Bolivien en 2005. Le temple du sanctuaire est un magnifique bâtiment d’architecture coloniale qui date du XVIIe siècle. Dans ses environs, on observe des témoignages archéologiques tels que des chullpares, des édifices funéraires andins. Des milliers de fidèles viennent vénérer le Milagroso Señor de Quillacas tous les 14 septembre. Quillacas possède également un petit musée régional de pièces archéologiques précolombiennes découvertes dans la région.

Curahuara de Carangas
Les abords du Parc national Sajama comptent plusieurs églises coloniales parmi les plus anciennes du pays (XVIe siècle). 80 km avant l’entrée du Parc, sur la route Patacamaya-Chili, le petit village de Curahuara de Carangas vaut amplement le détour. Son église est ornée de magnifiques fresques indiennes. Baptisée Chapelle Sixtine de l’Altiplano, elle a été déclarée Monument National. Construite en 1608, c’est l’une des plus anciennes d’Amérique du Sud. L’église compte de très belles peintures murales représentant des scènes de la bible, telles que le jugement final, la cène ou encore le Jardin d’Eden. Elle abrite également Santiago de Curahuara de Carangas, patron du village.

Parc national Sajama – Voir notre dossier spécial 
Le Parc national Sajama se situe à l’extrême nord-ouest du département, à proximité de la frontière chilienne. Créé en 1945, il est le premier parc national fondé en Bolivie afin de protéger les écosystèmes alto andins. Le massif qui compose le parc Sajama est formé d’un vaste plateau entouré de volcans, parmi lesquels se trouvent le Nevado Sajama, le sommet le plus haut de Bolivie avec 6.542 m, les Payachatas (les pics jumeaux) et le Parinacota, à 6.300 m d’altitude. Le parc abrite également la Laguna Huayñakota ainsi qu’une chaine de geysers. Il est par ailleurs parsemé de bosquets de queñua, l’arbre le plus haut au monde, ainsi que de bofedales, ces zones humides typiquement andines qui abritent une faune locale composée notamment de lamas, alpacas, pumas ou suris. L’objectif du parc est aussi de conserver d’importants sites archéologiques et historiques de grande valeur culturelle et patrimoniale. On trouve par exemple des chullpares, des édifications funéraires préhispaniques peintes, ou encore l’église de Sajama qui est selon toute vraisemblance construite à l’emplacement d’un ancien temple préhispanique.

Geysers de Juchusuma
La chaine des Geysers de Juchusuma se trouve dans le Parc national Sajama. On peut assister à l’émanation en surface d’eaux chaudes en ébullition et profiter de la présence d’eaux thermales, fruits de l’activité volcanique des sous-sols de la région. En chemin, on croise une estancia où paissent de nombreux lamas et alpacas.

Tambo Quemado
Tambo Quemado se trouve à 4.680 m d’altitude. Aussi connu sous le nom de Paso Chungara, c’est le passage frontalier le plus fréquenté entre le Chili et la Bolivie. Il se situe sur une route longue de 500 km qui relie la ville de La Paz et Arica, la capitale de la région la plus septentrionale du Chili.

Salar de Coipasa
Le Salar de Copaisa est le second Salar bolivien le plus étendu, après celui d’Uyuni. Situé à 225 km d’Oruro, sa superficie est de 2.218 km². De composition géologique similaire à celui d’Uyuni, le Salar de Copaisa se différencie par la présence d’un lac intérieur. Tous deux proviennent de la structure de l’ancienne mer intérieure Minchín, qui comprenait également le lac Titicaca. A 3.680 m d’altitude, il est entouré de monts sur lesquels prospèrent d’imposants cactus. Le Salar de Coipasa, aussi appelée El Espejo del Cielo (le miroir du ciel) fait partir de la Route Touristique Intersalar ou Ruta Intervolcanica.

Salinas de Garci Mendoza
Salinas de Garci Mendoza est la capitale de la province de Ladislao Cabrera, dans le département d’Oruro. Le village se trouve à 279 km de La Paz et constitue une porte d’entrée vers le Salar d’Uyuni. Il se dresse à 3 732 m d’altitude, au pied du volcan Tunupa et dans un décor naturel à couper le souffle. Il porte par ailleurs le titre de capitale du quinoa car la culture y est intensive dans la région. Sur la place principale de la Población, se trouve une église à l’architecture de style baroque, datant du XVIIe siècle. Sa composition architecturale traduit un mélange entre la structure initiale et les modifications apportées par les colons, tandis que le mur l’entourant est composé de belles arcades en ogives.

Chipaya
Situées à proximité du salar de Coipasa, au bord du río Lauca, les cases rondes de Chipaya sont regroupées en villages et ponctuent le paysage sur les terres historiques de la communauté Uru-Chipaya. Communément appelées putucu, elles possèdent une forme simple de cône ou de rectangle et sont faites en tepes, des briques crues de terre mélangée à de la paille. Le toit de chaume est, quant à lui, maintenu par des banches d’arbustes entrelacées avec des bandelettes de cuir.

Cerro Cabaraya
Ce volcan culmine à 5088 m. Il se dresse entre les cônes de l’Isluga et du Tata Sabaya, non loin de la frontière chilienne.

Pisiga Bolivar
Pisiga, village situé à 228 km de la ville d’Oruro, se trouve à quelques m du passage frontalier entre la Bolivie et le Chili, appelée Hito Pietro XXXI. Le village est dominé par le volcan de Tata Sabaya et ses 3.500 m. Cette zone frontalière du département d’Oruro compte diverses attractions touristiques. Parmi celles-ci on trouve les Chullpares de Pisiga-Bolivar, déclarés Patrimoine Historique et Culturel de la Bolivie depuis 2005 ou encore le village de Cosinquira, où l’on peut apprécier une nécropole et plusieurs momies.

Les chullpares de la région d’Oruro
Aussi appelés ayllus, ces édifices mortuaires construits en pierre sont caractéristiques de la région d’Oruro. Les défunts embaumés y sont placés avec leurs plus beaux vêtements et de la nourriture pour les aider dans leur passage dans l’au-delà. Pour en savoir plus, consultez notre guide sur les chullpares de Bolivie.

Hôtels : où loger à Oruro?

Hotel Villa real San Felipe : l’un des meilleurs hôtels de la ville. Son élégante structure correspond à l’architecture de l’époque coloniale de la Vice-royauté. L’hôtel offre un cadre charmant et un bon confort.
Gran Hotel Sucre : il est situé dans une belle maison coloniale, très proche du passage du défilé du carnaval.
Hotel Virgen del Socavon : à proximité du Sanctuaire du Socavón et de la place principale d’Oruro, cet hôtel moderne offre un magnifique vue sur la ville. Une salle d’exposition permet de découvrir les costumes typiques utilisés lors du Carnaval d’Oruro.

Gastronomie : que manger à Oruro?

El intendente : ce plat pour le moins copieux est composé de différents types de viandes (bœuf, porc, poulet, langue, saucisses,..). Il s’accompagne de pommes de terre.

Rostro Asado : une tête de mouton cuite au four, voilà le plat emblématique d’Oruro !

Pejerrey relleno : ce poisson que l’on trouve notamment dans le lac Poopó est particulièrement utilisé dans la cuisine orureña. Il se cuisine de plusieurs façons, par exemple fourré ou pané de farine et d’œuf.

Restaurants : où manger à Oruro?

Nayjama : ce restaurant offre des spécialités locales, principalement à base de viande de mouton.

Las Retamas : parmi les meilleurs restaurant de la ville, ce restaurant rustique offre plats internationaux et spécialités boliviennes.

Las delicias : une délicieuse churrasqueria (restaurant de viande grillée) qui dispose d’un agréable patio couvert.