Visite du département de Potosí, Bolivie : guide de voyage

Salar d’Uyuni, ville de Potosí, provinces de Lipez, Tupiza, Villazón.

Salar d'Uyuni - voir notre dossier spécial

Le Salar d’Uyuni, situé au sud-est de la Bolivie, est le plus grand désert de sel au monde avec une superficie de plus de 12.000 km². Cette immensité blanche culmine à 3.650 m d’altitude et est entourée des monts de la cordillère des Andes, offrant un paysage tout à fait fascinant. Le Salar est formé par 11 couches de sel et de glaise pour une épaisseur de 40 m. Selon les estimations il contiendrait plus de 60 milliards de tonnes de sel et 140 millions de tonnes de lithium, mais aussi de grandes quantités de potassium, magnésium et bore. Cet endroit ravira les amateurs de photographie par ses paysages quasi polaires, où se mélangent bleu du ciel et blanc du désert.

Ville de Potosí - voir notre dossier spécial

Patrimoine Culturel et Naturel de l’Humanité par l’Unesco en 1987, la ville de Potosí se trouve au pied du Cerro Rico (Sumaj Orcko), à 4.000 m d’altitude. A la suite de la découverte des mines les plus importantes d’Amérique entre 1542 et 1545, la ville de Potosí, fondée en 1546, connut une croissance éclair jusqu’à devenir l’une des villes les plus prospères au monde au XVIIe siècle. Si l’époque de splendeur de la ville est désormais derrière elle, Potosí est aujourd’hui encore un centre de production minière. De nombreux visiteurs optent pour une descente dans les mines, expérience unique déconseillée aux claustrophobes.

Provinces des Lipez - voir notre dossier spécial

Les provinces des Lipez (Nord Lipez et Sud Lipez) se situent à l’extrême sud-est de la Bolivie. Elles partagent des frontières avec le Chili et l’Argentine. Leurs décors faits de déserts, de lagunes colorées et de volcans rendent la visite de cette région inoubliable. Plusieurs communautés réparties sur le territoire des Lipez vous feront partager leur culture ancestrale. En outre, la province Sud Lipez abrite l’incontournable Réserve nationale Eduardo Avaroa.

Vallée de Cayara

A seulement quelques km de Potosí, une route suivant cette paisible vallée rocheuse aux tons ocre nous emmène jusqu’ à l’Hacienda Cayara, ancienne encomienda soumise à l’autorité de Don Juan de Pendones qui abrite aujourd’hui l’Hotel Museo Cayara. Les nombreuses salles du Musée exposent des objets du quotidien de l’époque coloniale, des œuvres d’art de grande valeur, des armures utilisées lors de la conquête du Pérou, des fusils et épées de la guerre du Pacifique et du Chaco, ou encore une collection de céramiques précolombiennes.

Lajasmayu, Betanzos

A 40 km de Potosí, près de Batanzos, le site archéologique de Lajasmayu renferme nombre de peintures rupestres et pointes de flèches de pierre qui remontent aux chasseurs nomades présents dans la région à partir de 7.000 ans avant J.-C.. On peut notamment distinguer sur la roche un chasseur armé de longs épieux, des scènes de camélidés sauvages en fuite et des larges demi cercles qui servaient peut être à attraper les animaux.

Porco & Agua de Castilla

A une cinquantaine de km de Potosí en direction d’Uyuni, Porco et Agua de Castilla sont deux villages voisins nés de l’industrie minière. A Porco (4.099 m d’altitude), l’exploitation des mines a débuté avant même celles de Potosí. Les gisements d’argent, plomb et zinc sont répartis entre le Cerro Porco, l’Apo Porco et l’Huayna Porco. A Agua de Castilla, une ancienne gare ferroviaire témoigne de l’importante activité minière de la région de l’époque.

Chaquilla

Chaquilla est le troisième village que l’on rencontre en empruntant la route de Potosí vers Uyuni. Autour du village, un nombre impressionnant de lamas déambulent dans les bofedales, ces zones humides caractéristiques des Andes, entourés de dunes de sables.

Pelca

Le village de Pelca se trouve à mi-chemin entre Uyuni et Potosí, en bordure de la voie ferrée. Cette zone de vallées montagneuses aux tons ocres traversées par d’étroits cours d’eau est idéale pour randonner. Pelca abrite également l’Etno Museo qui conserve des objets archéologiques en céramique et des textiles traditionnels de la région.

Ticatica

Petit village rural sur la route entre Uyuni et Potosí, Ticatica est entouré d’une remarquable chaîne de montagnes plissées aux strates de différentes couleurs. Les rives de sel du cours d’eau qui traverse le village nous rappelle que l’on approche du Salar d’Uyuni. Ticatica joue aussi le rôle de ville étape pour les camionneurs effectuant la liaison entre l’altiplano et les vallées boliviennes.

Pulacayo

A 20 km d’Uyuni, Pulacayo est un village quasi fantôme, pourtant fortement lié à l’histoire du pays et à l’industrie minière. On y trouve la fameuse mine Huanchaca, qui représentait au XIXe siècle un des plus grands gisements d’argent au monde. On dénombrait à Pulacayo près de 20.000 habitants au début du siècle dernier, une ville moderne équipée de cinémas, dancings  et bowlings. Elle vit Aniceto Arce devenir le premier millionnaire du pays suite à ses investissements miniers, avant d’être président du pays de 1888 à 1892. Elle a également joué un rôle politique important puisque c’est ici qu’en 1946, la Fédération des Travailleurs Miniers rédigea la Tesis de Pulcayo d’après les idées de Leon Trotski.

Musée des locomotives de Pulacayo

Le site industriel de Pulacayo a été soumis en 2003 à la Liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO tant pour sa tradition minière que pour son musée des locomotives. C’est en effet là que fut ouverte en 1890 la première voie ferrée bolivienne pour exporter le précieux métal via le port d’Antofagosta. Une atmosphère nostalgique se dégage de ce cimetière de wagons et locomotives qui témoignent d’une prospérité passée.

Cerro Chorolque

La silhouette imposante du cerro Chorolque, culminant à 5.552 m d’altitude, domine la région minière proche d’Atocha. Celui-ci contient de nombreux minéraux de valeur comme l’argent, l’étain, ou encore de la microcrystalline cassitérite. Il abrite une mine emblématique datant de la colonisation. Près de 5.000 personnes organisées en coopératives vivent dans des camps proches de Santa Barbara, Sagrario et Fierro Uno.
Le nom du Cerro Chorolque lui vient de sa ressemblance avec la forme d’un escargot : Ch’uru Qöllqë signifie l’escargot d’argent en quechua.

Atocha

Atocha est la capitale de la province Nor Chichas, connu pour la richesse de ses sols. Village minier situé entre Tupiza et Uyuni, il a longtemps hébergé les travailleurs des 14 centres miniers de l’entreprise Quechisla situés dans ses environs. Aujourd’hui, les ruines d’Atocha Vieja sont le principal attrait touristique de la ville. C’est l’endroit où les espagnols concentraient leurs richesses minérales et où l’on peut encore admirer les restes des fours de fusion avec lesquels ils travaillaient. Les environs d’Atocha regorgent de monts aux formes curieuses auxquels on a donné des noms d’animaux. Ainsi, on pourra reconnaître le grand lion africain, la lionne africaine, le crocodile, la chameau, l’ours polaire et bien d’autres.

La Poronga

En quittant la Quebrada de Palala, on passe par San Miguel à proximité d’une des attractions de la région, une formation rocheuse naturelle de forme phallique de 50 m de haut.

Tupiza

La charmante ville de Tupiza se trouve dans la vallée du fleuve du même nom, entourée de montagnes multicolores, de gorges et de canyons. Elle est associée à l’âge d’or de l’industrie minière, et a été fondée sur l’ancien territoire du peuple Chichas. Les mines de Chillcobija sont célèbres pour leur forte concentration d’argent, plomb, cuivre, zinc et antimoine. La région de Sud Chichas ainsi que l’est du Sud Lipez appartenait à l’Argentine jusqu’à la proclamation d’indépendance de la Républica de Bolivar, lors de laquelle elles sont devenues boliviennes. Jusqu’à la Guerre du Pacifique, l’Argentine continuait de réclamer ces terres. Tupiza est une alternative à la ville d’Uyuni pour entreprendre la visite des Lipez et du Salar d’Uyuni. Les pétroglyphes font aussi partie des attractions locales. Ces formations rocheuses abondent dans les montagnes environnantes, à l’image de celles que l’on trouve dans la vallée de los Machos.

La Puerta del Diablo

Située à 6 km de Tupiza, la Puerta del Diablo est un site impressionnant. Cette haute et fine paroi de pierre ocre qui s’élève au beau milieu de la vallée désertique semble avoir été taillée par la main de l’homme, mais est en réalité une formation géologique naturelle unique. Il est possible de visiter le site à pied, à VTT ou encore à cheval.

La Valle de los Machos

Cette région, qui abrite de nombreux canyons ocres et d’immenses cactus, offre des paysages spectaculaires. C’est le terrain de jeu des amateurs d’escalade et de sensations fortes. Cette impressionnante vallée qui s’élève à 3.071 m d’altitude a pour particularité de renfermer des formations rocheuses pour le moins originales. Il s’agit de tours de plusieurs mètres de haut plantées dans le sol, formées au cours de l’histoire et érodées par le vent. C’est leur aspect phallique qui a inspiré le nom de la vallée de los Machos.

Route de Butch Cassidy and The Sundance Kid

La région du río Tupiza a attirée les célèbres hors-la-loi nord-américains Butch Cassidy et The Sundance Kid. A Pulacayo, on trouve une locomotive d’époque qu’ils auraient attaquée, Huacha Huañusca est le lieu de leur dernier braquage et San Vicente celui où reposent leur corps. Ces traces de leur passage dans la région peuvent se visiter en parcourant la route de Cassidy et le Kid. L’histoire dit qu’en 1908, ils furent poursuivit par un peloton de l’armée bolivienne dans le village de San Vicente. Suite à une fusillade durant laquelle ils furent tous deux blessés, Cassidy aurait achevé son compère pour ensuite se suicider.

Quebrada Palala

La Quebrada Palala se trouve à 3 km au nord-ouest de Tupiza, à 4.200 m d’altitude. Elle est composée de grands murs verticaux en terre et en roche érodées de couleur rouge, grise, bleue et violette, donnée par des dépôts minéraux. Depuis ces formations rocheuses, le panorama sur les collines environnantes est splendide.

El Sillar

El Sillar, situé à 15 km de Tupiza, est un canyon dont la roche a été découpée par le vent et la pluie, prenant l’apparence d’une forêt pétrifiée. Une route étroite passe sur sa crête, entre deux vallées, en direction de San Vincente. Elle fait partie d’un itinéraire commercial vieux de plusieurs siècles et offre une vue à 360 degrés sur les montagnes environnantes aux couleurs rouges, vertes ou ocres.

Villazón

Ville frontière entre la Bolivie et l’Argentine, Villazón est séparée de sa voisine argentine de La Quiaca dans la province de Jujuy par le río Villazón (ou río La Quiaca, selon le pays dans lequel on se trouve). Le Puente Internacional Horacio Guzmán relie les deux villes. A 3.400 m, les premiers symptômes du mal de l’altitude peuvent se faire ressentir, c’est pourquoi il est recommandé de se déplacer tranquillement. Villazón compte plus de 30.000 habitants et reçoit quotidiennement son flot de voyageurs. La ligne ferroviaire qui relie La Paz avec le Sud bolivien et l’Argentine a fortement contribué au développement de la région.