Voyage en Bolivie en janvier

La Bolivie est la destination hors des sentiers battus par excellence en Amérique Latine. Loin des océans, ce pays a su conserver vivantes des traditions millénaires. Un parfum d’authenticité qui séduit à coup sûr le voyageur… Il est essentiel de bien choisir le mois de votre voyage pour en profiter au maximum. Les conseils de notre équipe.

La Bolivie se contente de deux saisons, grâce à sa proximité avec l’équateur. Son climat reste toutefois variable selon la région, et soumis à l’influence de l’altitude.
En janvier, c’est la période estivale, ce qui peut faire rêver le voyageur de l’hémisphère nord alors plongé en pleine saison d’hiver.  En effet, la chaleur peut être intense.

Mais c’est surtout la saison humide. Le mois de janvier n’est donc pas le moment le plus recommandé pour profiter des merveilles de ce pays si authentique, car les hautes températures se couplent avec un fort taux d’humidité.
Certains conseillent même d’éviter le plein été, soit la période de janvier à mars, à cause des  précipitations qui peuvent être torrentielles. La communication d’une région à l’autre se trouve en effet compliquée voire coupée par l’inondation des routes. Ce phénomène a d’autant plus d’impact sur les pistes de terre qui sont assez courantes en Bolivie, faute d’infrastructures routières dans tout l’arrière pays.

Le Salar d’Uyuni devient certes un merveilleux miroir d’eau qui reflète le ciel, mais il convient d’être très prudent devant le danger de s’y embourber.
En Amazonie, la chaleur prend parfois des proportions difficilement supportables pour qui n’y est pas habitué, d’autant plus que le fort taux d’humidité décuple sa perception. Les zones reculées sont parfois non praticables. Il est donc formellement interdit de s’éloigner des sentiers battus.
C’est dans les Andes que l’amplitude thermique est la plus importante en raison des altitudes parfois supérieures à 5.000  mètres. Les nuits restent fraîches, même en plein été au Lac Titicaca, La Paz, Potosi, Sucre, Le Salar d’Uyuni et le Sud Lipez.

Le 1er janvier, il est possible de fêter le Nouvel An dans toutes les régions de Bolivie, comme dans le monde entier. Les réjouissances boliviennes sont toutefois bien différentes des classiques fêtes arrosées devant un feu d’artifice. Une réelle plongée dans des traditions anciennes et souvent  oubliées ailleurs. La gastronomie est un élément clé : au menu, du cochon, et surtout pas de volaille si l’on ne veut pas porter malheur à l’année qui commence.
D’innombrables pratiques ancestrales sauront piquer votre curiosité à La Paz : les douze grains de raisin de minuit, les tas de faux billets à compter, les valises à sortir… Même la couleur des sous-vêtements est codifiée (rouge pour l’amour, vert pour l’amitié, jaune pour l’argent, blanc pour la paix ou encore rose pour la santé…) Tous les moyens sont bons pour démarrer la nouvelle année sous les meilleurs auspices. On déloge les mauvais esprits à grand renfort de feux d’artifices, pétards et fusées. Certains jettent un seau d’eau sur le trottoir, ou brûlent leurs habits. Une fête cacophonique très joviale.

Le 6 janvier, c’est à Oruro, Cochabamba ou San Pedro de Potosí qu’il vous faut aller pour profiter pleinement de l’Épiphanie. Les villes de Sucre, et Tarija maintiennent bien vivante cette tradition avec  leurs défilés de chevaux avant les buffets de beignets au miel et de pastels (empanadas frites), arrosés d’api (boisson à base de maïs fermenté à la cannelle et aux clous de girofle). Si vous avez de la chance, vous croiserez une des processions familiales héritées de l’époque coloniale : tous suivent au son des cantiques de Noël  une statuette richement parée de l’enfant Jésus.
Autre lieu qui vaut le détour pour la fête des rois : Reyes, dans la province amazonienne de Beni. Trois cavaliers sont accueillis en triomphe par la crèche vivante dans la cathédrale. Tout au long de la journée, tout le village se retrouve autour de courses de chevaux, combats de coqs, corridas de taureaux et mâts de cocagne.

Le 24 janvier, c’est à la feria de la Alasita à La Paz que la fête d’Ekeko (dieu aymara de l’abondance) bat son plein. Il n’y a pas de limite au nombre de souhaits. Il suffit de couvrir son dos et sa poitrine des symboles de ce que l’on désire.
Pendant les 15 jours qui suivent, tout le monde achète sa statuette, qui disparaît rapidement sous des petites maisons, cœurs,  voitures, billets, mais aussi réfrigérateurs ou  sacs de maïs… Le rite andin classique dit « ch´alla » consiste en des prières qui mêlent prières catholiques et précolombiennes. On donne alors à ce populaire dispensateur du confort moderne et du bonheur de quoi boire… et fumer, en allumant une cigarette dans sa bouche !

Fin janvier et début février, chacun choisit son parrain pour l’année qui vient de commencer. Si vous voulez partager l’incontournable trilogie maïs – pommes de terre – puchero (sorte de ragoût) chez les habitants, c’est à Cochabamba qu’il vous faut aller.
A Tarija, vous aurez plutôt rendez-vous au marché pour vous régaler de fruits. Cette tradition qui trouve ses racines dans le baptême catholique est devenue l’occasion de donner une marque d’amitié forte à ses proches et de renforcer le lien social. Il s’agit de s’entourer d’un bon ange gardien à l’approche du Carnaval. Les hommes ouvrent la danse deux jeudis avant, en allant chez leur compadre (parrain), suivis des femmes qui se retrouvent chez leur comadre (marraine) le jeudi d’après. L’excuse rêvée pour de bons repas chez ses amis, entre voisins ou collègues.